Les échanges avec l’équipe, la rencontre des élèves, la fréquentation de l’œuvre et la volonté de simplifier les choses amènent à de continuelles restructurations du projet initial. Ainsi,
chemin faisant, il m’apparaît de plus en plus évident qu’il faut en supprimer le pôle poésie et concentrer l’écriture sur « le récit Petit Prince ».
La volonté d’intégrer l’EPS au spectacle m’amène à travailler les choses en termes de
schéma narratif de façon à ce que le collègue puisse établir, au moment du prologue, à partir de ce schéma, un système de symboles qui seront réalisés dans une « fresque
gestuelle », une sorte de « bande annonce très visuelle » de l’ensemble de la pièce.
Voici donc, demain, la nouvelle mouture de la pièce adaptée à un déplacement des
spectateurs de salle en salle. A l’intérieur de ces lignes, je prévois mes ateliers d’écriture ...
Vous êtes
plusieurs à déplorer que l’article signalé dans les Cahiers pédagogiques (et qui paraît ce mois-ci) ne soit pas en ligne. Pour des raisons de
copyright, je ne le reproduis pas tel quel mais j’en remets un extrait...
Je
rappelle que le contenu fait le point sur ce roman que Simenon situe à La Rochelle et sur les activités qu’avec mon collègue d’EPS nous menons pour la
seconde année. En effet, l’opération est reconduite au premier et au second semestre.
« Cavalcade pour
Simenon »
En décembre a lieu notre
sortie. Froid vif, vingt-huit élèves de quatrième, quatre collègues ayant tous planché sur l’ouvrage afin d’entraîner la joyeuse équipe sur les pas des personnages de la fiction. Nous débarquons
au parc des Esplanades. Les élèves sont répartis par groupes de sept : ils doivent réaliser leur parcours à travers les rues de La Rochelle et passer aux cinq points fixes indiqués sur
cinq cartes qui leur seront remises au fur et à mesure. À chacun de ces points, un commerçant valide leur passage. Ils doivent alors présenter leur feuille de route poinçonnée au professeur qui
les suit à distance et ne peuvent continuer leur mission qu’à condition de répondre à la question sur le roman et le lieu où ils se trouvent. Voilà pour le principe.
Ce parcours physique et
culturel est aussi une course d’orientation et l’équipe qui réalise la meilleure performance est celle qui conjugue les deux qualités nécessaires : déplacement rapide et vivacité
intellectuelle. La bonne connaissance de l’ouvrage facilite évidemment la tâche. La méthode est vite rôdée : certains galopent le livre en main pour répondre à la question pendant que
d’autres « sprinters » progressent à toute allure vers le lieu indiqué sur la carte. Les Rochelais assistent médusés à cette folle cavalcade qui réunit un adulte et sept ados lancés à
toute allure dans la trame d’un roman de Simenon !
J’étais depuis quelques jours sur la pente de la fébrilité créatrice. Je n’ai pour ainsi dire pas lâché le roman d’un poil, jusqu'à cette longue séance où j’ai amené Jenny et les enfants voir Harry Potter au cinéma ! Au dernier moment, devant le ciné je me suis ravisé... Pas envie de me remettre à
l’école des sorciers !
Alors,
j’ai continué d’écrire dans la voiture sur mon petit portable afin d’aller vers la fin de l’histoire. C’était hier, et aujourd’hui, 19 juillet... je savais que j’allais terminer. Immense bonheur
et satisfaction face à une œuvre où j’ai pu mettre tout le volume de ce que j’avais à dire non seulement sur l’éducation mais aussi sur de nombreuses
idées qui m’avaient couru dans l’esprit au cours de ces deux ans.
La scène finale notamment m’a surpris et m’a plu....
J’avais mis de côté depuis deux ans quelques « rapports d’incidents » rédigés à chaud suite à des comportements d’élèves en me disant que j’allais pouvoir en faire quelque chose. J’avais rédigé
et classé ça sous le titre « Caractères » emprunté à La Bruyère car ce que je cherchais à faire à travers « le détournement » de
ces papiers destinés initialement à l’Administration dans le but de sanctionner un élève, c’était de traquer, derrière la dérive de comportement d’un particulier, une loi générale du comportement adolescent.
Etant
donné l’évolution de mon récit j’ai trouvé moyen de l’intégrer dans l’économie de l’ensemble et c’est une bonne chose car il autrait été dommage de taire ces témoiganges. Chemin faisant,
je les ai arrangés et rendus plus plaisants. J’en ai même rédigé de nouveaux fondés sur les derniers événements.
Cette dernière évolution dans le récit et le personnage
m’amène à une transformation majeure : imaginer une relation entre le prof (transformé en bousier) et l’élève attirante qui est à l’origine de la
crise et de la transformation du narrateur en organisme.
Cela a plusieurs avantages : d’abord celui de dramatiser l’histoire, ensuite de creuser la relation entre les différents personnages qui se trouvent étrangement réunis dans un drôle de
Destin.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/