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Extrait de « Terre des hommes » (1/3) : épuration du fuselage pour bolide artistique

Publié le par Eric Bertrand

               Pour faire entendre le texte de Saint-Ex, je propose ce premier extrait qui reprend une thématique chère à tous ceux autour de moi qui travaillent une forme vivante, artistique, et qui savent qu’il n’y a pas de réussite dans ce domaine sans un travail inlassable dans le sens de l’épuration. Le commentaire de mon ami Francis allait dans ce sens récemment...

 

                 Il semble que tout l’effort industriel de l’homme, tous ses calculs, toutes ses nuits de veille sur les épures, n’aboutissent comme signes visibles, qu’à la seule simplicité, comme s’il fallait l’expérience de plusieurs générations pour dégager peu à peu la courbe d’une colonne, d’une carène, ou d’un fuselage d’avion, jusqu’à leur rendre la pureté élémentaire de la courbe d’un sein ou d’une épaule. Il semble que le travail des ingénieurs, des dessinateurs, des calculateurs du bureau d’études ne soit en apparence que de polir ou d’ effacer, d’alléger ce raccord, d’équilibrer cette aile, jusqu’à ce qu’on ne la remarque plus, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une aile accrochée à un fuselage mais une forme parfaitement épurée, enfin dégagée de sa gangue, une sorte d’ensemble spontané, mystérieusement lié, et de la même qualité que celle du poème.


 

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Terre des hommes : Saint-Exupéry

Publié le par Eric Bertrand

            Le travail sur « le Petit Prince » m’amène à une réflexion sur l’œuvre de Saint-Exupéry et notamment sur l’un de ces ouvrages que j’avais à disposition à la maison : « Terre des hommes »...

            L’ouvrage de l’aviateur porte un regard apaisé et lucide sur la grandeur potentielle de l’homme à condition de dépasser ce qu’il appelle « la glaise », l’immobilisme, l’inertie, la conformité vers lesquels la paresse naturelle tend l’homme. Comme le conclut l’ouvrage « Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme »...

               Le livre est organisé autour de souvenirs personnels liés à l’aventure du pilotage dans des conditions extrêmes et à des figures héroïques rencontrées dans ce contexte d’apprentissage de la vie, des figures comme Mermoz ou Guillaumet qui a survécu à un séjour obligé dans les Andes.

                L’auteur est porté par ce souvenir qui lui sera d’un précieux secours face à l’épreuve : il se souvient en effet de sa propre aventure de survie dans le désert de Lybie dans lequel il a survécu avec son copilote pendant plus de trois jours avec pour seules victuailles une orange et quelques centilitres d’eau.

                L’expérience de la mort est doublée de l’expérience des mirages dans le désert jusqu’au moment hallucinatoire où un vrai bédouin leur sauve la vie et leur tend la coupe d’eau salvatrice. Certains passages sont d’une grande beauté d’expression et en même temps parviennent à l’excellence philosophique de la simplicité. Je ne résiste pas à en rapporter trois extraits.

 

 

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La phase de l’édition (daté du 22 juillet)

Publié le par Eric Bertrand

                A propos de la genèse de ma future publication, j’avais oublié cet article, important dans le cheminement... C’est réparé !

                Avant le tirage officiel de l’ouvrage et le parcours qui va mener à l’éditeur, c’est aujourd’hui la phase des deux premiers tirages reliés en format A4 de façon à fournir à mes proches une occasion de lecture et de critique constructive.

                J’ai depuis trois jours longuement travaillé à la relecture et correction puis à la mise en page. Comme un secret qu’on hésite à divulguer ou comme une œuvre qu’on a longtemps cachée, le moment est intense et, jusqu’au dernier moment, j’ai modifié le document sur la clé USB qui va « parler à l’oreille de l’imprimante ».

                 Il y aura une ultime relecture après les quinze jours à venir, le temps de prendre du recul et de tenir compte des critiques qui me seront apportées d’ici là...

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« Le meunier hurlant » d’Arto Paasilinna (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

           Voici la suite directe de l'article commencé hier sur ce roman qui sollicite à juste titre la curiosité de certains d'entre vous...           

           Il parvient à s’en échapper et évite ainsi le pire... Mais le retour au pays l’entraîne encore davantage dans les tourments de la marginalité. L’épicier refuse de lui vendre de la nourriture, le banquier refuse de lui donner son argent... tous considèrent qu’ils n’ont rien à accorder à un dangereux fou en liberté, obligé de se cacher dans la forêt, de survivre sur un coin d’étang... Une battue est organisée par la petite communauté haineuse et sa cachette est trouvée. Les hommes mettent le feu à ses réserves, et Huttunen perd tout ce qu’il avait si courageusement récupéré.

                Alors, la rage s’empare du forcené : il vole un fusil pour aller réclamer son argent. Quand il repart de la banque, il est facile de l’accabler, de l’accuser de vol à main armée. L’étau se resserre sur lui à partir du moment où, lors d’une visite à la ville, le préfet décide de mener la chasse contre ce « dangereux individu ». Il y mettra les moyens et celui que le narrateur surnomme « l’ermite » est poussé dans ses retranchements et amené à commettre des actes de violence (et de légitime défense...).

                 Finalement attrapé, il est amené mais parvient à s’échapper, avec la complicité de l’agent de police local qui avait aussi des comptes à régler... Tous deux réapparaissent dans l'épilogue sous les traits de deux loups gris qui commettent des actes de vengeance contre un public désigné...


 

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« Le meunier hurlant » d’Arto Paasilinna (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              La perspective d’une sortie pédagogique au théâtre avec les élèves de troisième attire mon attention sur ce roman d’un auteur d’origine lapone adapté pour le théâtre. Afin de ne pas amener gratuitement les élèves, j’anticipe la pièce par la lecture du roman et j’avoue que c’est une agréable surprise et un bon moment de lecture.

              London, Hugo, Melville, Giono... Les lecteurs de ce blog savent que j’apprécie les histoires qui racontent la confrontation de l’homme à la nature... Panturle, travailleur de la colline, Gilliatt travailleur de la mer, et le meunier hurlant « travailleur de la forêt »...

              Histoire d’un marginal qui, du fait de ses étranges habitudes (il pousse des hurlements la nuit et se plaît à imiter les bêtes, il vient d’ailleurs, il n’est pas comme tout le monde, c’est une force de la nature qui sait ce qu’il veut et ne recule devant aucune entreprise...) est considéré avec suspicion par la population du petit village où il a remis en marche un moulin désaffecté...

               Le nouveau « meunier » passe même pour fou et l’amour qu’il partage avec une jeune « conseillère horticole » ne le met pas à l’abri de l’ostracisme. La petite foule vindicative fait tant et si bien que Huttunen (c’est le meunier hurlant, surnommé aussi « Nanar ») est envoyé à l’asile de fous.


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