Cette dernière évolution dans le récit et le personnage
m’amène à une transformation majeure : imaginer une relation entre le prof (transformé en bousier) et l’élève attirante qui est à l’origine de la
crise et de la transformation du narrateur en organisme.
Cela a plusieurs avantages : d’abord celui de dramatiser l’histoire, ensuite de creuser la relation entre les différents personnages qui se trouvent étrangement réunis dans un drôle de
Destin.
Ce personnage occupe toute une partie du livre. Son témoignage est intéressant pour essayer de comprendre les
facteurs qui peuvent expliquer la métamorphose. Il y a eu métamorphose du fait du caractère surnaturel de « la Galerie interdite » mais cela n’explique pas tout.
Il y a eu aussi métamorphose parce que ces deux êtres qui se retrouvent pour une « conversation » et
« transmission du savoir » sont l’un et l’autre « détraqués ». Notamment le prof que j’ai voulu rendre inquiétant aux yeux de l’Education : la métamorphose
évite le pire : le psychopathe…
Je précise aussi que cette partie m’a tellement empoigné que je viens d’y passer environ douze heures en deux jours, profitant
notamment d’une période d’orage et de pluie et bénéficiant du calme du chalet dans lequel je me suis réfugié pour écrire.
J’arrive à un tournant dans le récit : la troisième partie, celle qui va
permettre à l’organisme une confrontation avec un autre. Quelqu’un de son espèce qui a subi la même mutation, même si elle n’est pas aussi
« accomplie » que la sienne.
Il s’agit d’un professeur, qui vit retiré dans la pièce d’à côté et qui occupe la forme d’un
bousier. Ce bousier est en train d’agoniser mais livre à son « jeune élève » un enseignement qui va l’amener à s’interroger sur sa propre
nature et à se réaliser autrement.
Comme dans toutes les
expériences d’isolement il est important d’intégrer dans le fil des expériences cet épisode de la confrontation : rappelons-nous le cas de
Robinson qui « revit » à travers la présence de Vendredi.
La scène déterminante se joue en
cours de chimie. Il me fallait identifier la prof sous des traits spécifiques : j’ai choisi la panthère. Et le nom de Bagherra... L’idée est de
mettre en scène une prof qui différe légèrement des autres dans la mesure où elle fascine l’élève. Les autres sont vus davantage sous l’angle de la
moquerie et de la caricature.
Le cours dans lequel va s’opérer le drame doit apporter quelque chose de différent. Bagherra propose une expérience et elle sait entourer cette expérience d’une atmosphère de « magie noire » : cela tient à la fois à son sens de la mise en scène mais aussi à « l’élégance » générale qui la caractérise, tant au
niveau de l’habillement que des manières et des propos.
Du point de vue de l’accompagnement, voici le
bilan des dernières propositions.
- Proposition du collègue de maths : réalisation de planètes en mathématiques pour
figurer l’univers interstellaire du Petit Prince.
- Suggestion du metteur en scène : dans la logique du Petit Prince, volonté de décaler
l’univers connu. Elle envisage un travail sur la déformation des voix, l’utilisation de hauts-parleurs, de supports vidéos, de micros, autant d’éléments sonores qui pourraient aussi intégrer
les élèves récalcitrants et les faire travailler autrement (proposition à transmettre au collègue de technologie).
- Proposition du collègue d’EPS : réalisation de fresques à partir de la symbolisation
du texte et de mesures musicales. Il lui faut un support sonore.
- Proposition du collègue de musique : il envisage de travailler sur une
base informatique et des motifs allant dans le sens d’une modernisation de l’œuvre de Saint-Exupéry.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
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