Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Atelier d’écriture et écriture des élèves (1/11)

Publié le par Eric Bertrand

            L’un de mes collègues constate avec compassion que c’est « moi qui me tape tout le boulot » dans l’atelier...

           Dans ce genre d’aventure qui mêle une équipe et l’ensemble des élèves, si on veut aboutir à quelque chose (et compte tenu du fait que le temps manque à chacun, qu’il faut « faire le programme », que les élèves ne sont pas disponibles en dehors des heures de cours...) il me paraît difficile de faire autrement.

           Le texte, le décor, le fond général doivent être fixés pour le second trimestre de façon à ce que l’intervenante théâtre puisse faire travailler les apprentis comédiens. Par conséquent, oui, « je me tape le boulot » à partir de fragments que me rendent les élèves, fragments bien imparfaits pour faire un texte il faut le reconnaitre... mais fragments qui ont le mérite d’exister et de servir de fils rouges à l’écriture. Ainsi, ils ont bien le sentiment d’être associés à l’aventure de création !

Voir les commentaires

Une chanson et un CD pour « le Petit Prince » ?

Publié le par Eric Bertrand

                 Retour sur une série d’articles qui vont concerner la progression de l’écriture autour du Petit Prince. Et je les dédie particulièrement à Ania, nouvelle lectrice intéressée par le projet et qui m’a demandé si j’acceptais de partager l’expérience avec elle qui travaille avec une classe en Pologne. C’est avec plaisir que j’accepte ce genre d’échange...

                 J’aime quand un projet rebondit et quand des collègues l’empoignent avec enthousiasme. Je l’avais signalé dans les semaines précédentes, le collègue de musique avait proposé sa collaboration à notre atelier. De naturel très discret, il avait simplement annoncé qu’il aimait ce genre de travail qui lui permettait de déboucher sur des créations plus personnelles à partir d’un travail informatique.

                 Et depuis, l’idée a fait son chemin. Je le retrouve vendredi dernier en salle des profs et il m’annonce qu’il compte créer un CD sur le Petit Prince et qu’il est en train de penser à la musique et aux arrangements d’une chanson autour de « Dessine-moi un mouton ».

                 Bien évidemment, je vais sauter sur l’occasion et relayer cette entreprise qui colle parfaitement aux idées que j’ai déjà creusées en atelier d’écriture... Il me demande aussi de façon urgente un titre pour l’ensemble du spectacle : je propose « le grand amour du Petit Prince ».

                 On comprendra mieux pourquoi si on lit les pistes du projet à paraitre dans les onze articles à suivre. 


Voir les commentaires

« Souvenir de route blanche »

Publié le par Eric Bertrand

             Le lecteur sait que j’ai pour habitude de proposer parfois à mes élèves des exercices  d’écriture « formatés » en fonction de ce que nous faisons en cours et de me livrer également à l’épreuve. A l’issue d’un travail sur un extrait de Germinal où Zola décrit la descente dans la mine de deux chevaux dont l’un ne survit pas, nostalgique du soleil de l’extérieur, des « herbes vertes » et « des routes blanches », je demande aux élèves de raconter l’un des « souvenirs de route blanche » en adoptant le point de vue du cheval.

             L’exercice permettait également de réviser l’emploi de l’imparfait. Je donne en dictée le texte suivant qui est de ma composition :

 

Ce matin-là, j’avais quitté mon enclos et je me promenais joyeusement le long du sentier qu’empruntaient d’habitude les enfants qui venaient jouer avec moi. Il faisait beau, le ciel était tout bleu et léger, des abeilles butinaient les fleurs et je me sentais aussi enivré qu’elles sous le bon soleil qui me chauffait le corps. Un petit vent ébouriffait ma crinière et me rafraichissait les naseaux, l’air tiède qui me courait sur le dos me donnait presque l’envie de danser comme la petite fille que je voyais parfois s’amuser dans la ferme d’à côté. Mais je me retenais, j’avais ma fierté de jeune cheval et je me contentais de gambader, le regard droit, le buste luisant, dans l’espoir de rencontrer une pouliche en liberté comme moi, et comme moi grisée par les sensations du printemps.


Voir les commentaires

Commentaire d’images : Circé parmi ses amants changés en animaux.

Publié le par Eric Bertrand

            Ce tableau a été réalisé par le peintre italien Dossi Dosso en 1521, époque où la mythologie servait de base à l’inspiration des artistes. Le titre du tableau l’indique bien : Circé parmi ses amants changés en animaux.

             Il représente un paysage de campagne sous un ciel bleu céleste. Au centre du tableau, à l’ombre d’un arbre, en face d’une étendue d’eau, Circé l’enchanteresse tient un grand livre et semble dispenser un enseignement aux animaux qui l’entourent, chiens, biche, cerf, oiseaux variés, tous attentifs et impliqués.

             La figure de la déesse correspond aux canons esthétiques de la représentation de la femme à l’époque. Le corps féminin est sacralisé, la chair est rose, opulente, le geste gracieux. Par ailleurs, outre la retenue de la silhouette, le regard de la chouette, oiseau de Minerve, déesse de la sagesse, confère au tableau une dignité et une pudeur toute relative car, derrière l’apparente tranquillité de la « classe buissonnière », le lecteur érudit songe aux malheureux amants, prisonniers sous le pelage ou le poil !

 

Voir les commentaires

Commentaire d’images : la chute d’Icare (Bruegel).

Publié le par Eric Bertrand

Rappel de la méthode:

- L’image présentée est identifiée.

- L’observation s’attache d’abord au décor général, couleurs, cadrage.

- Les détails et le sens de l’image sont enfin abordés : l’observateur s’efforce de proposer une interprétation et d’insérer l’image en contexte.

 

            Le tableau du peintre Bruegel est intitulé « la Chute d’Icare » et s’appuie explicitement sur le célèbre mythe qui raconte la tentative de l’homme à s’élever vers le ciel.

            A une extrémité de la toile, dans une zone d’obscurité, le « plongeon » d’Icare passe pratiquement inaperçu. En revanche, l’attention est attirée par les trois plans successifs du tableau qui baignent dans une lumière douce produite par le lever de soleil en fond. Ce sont les activités humaines qui s’imposent, le laboureur qui creuse son sillon (et dont la chemise rouge contraste avec le vert de la mer), le berger qui médite auprès de son chien et de ses moutons, le pêcheur qui lance son filet.

            Au-delà de cette zone paisible et rassurante des activités humaines, la mer ouvre un vaste horizon dont le point de fuite est marqué par le soleil. Les bateaux au port ont les voiles gonflées et semblent prêts à l’aventure comme l’indique le gonflement des voiles. Il ne faut pas oublier qu’on est en pleine période de la Renaissance. Le monde est neuf, divers, passionnant à explorer... Ainsi, le regard du peintre est en surplomb et souligne la beauté et les promesses de cet univers en pleine transformation et riche encore d’espérances... A condition que les hommes continuent de prospérer en se détournant des utopies et en fructifiant les richesses qui sont à leur portée. Chose que n’a pas su faire le malheureux marginal Icare !

 

Voir les commentaires