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Période d’écriture

Publié le par Eric Bertrand

                  Entre deux articles, un petit point sur la « genèse » de mon prochain ouvrage. Depuis plusieurs années, je constate que la meilleure période pour l’écriture et la réalisation de mes ouvrages se concentre sur les mois d’été. Cela se comprend aisément quand on considère l’activité qu’il faut déployer le reste de l’année notamment en présence des élèves.

                  Je rassure les lecteurs impatients, mon projet continue de prendre forme et je l’ai  somme toute assez bien avancé dans des « périodes dérobées ». J’ai relu, modifié, arrangé les deux premières parties et suis en train de rédiger la dernière.

                  Il reste néanmoins que j’ai besoin de concentration et d’une meilleure application au jour le jour. Depuis cette semaine, je perçois les effets du « relâchement » de fin d’année : fin du spectacle, finalisation des derniers contenus, approche des derniers conseils de classe et des dernières corrections, bref, autant d’éléments à fructifier pour avancer avant la période creuse et intensément productive de juillet-août ! Quelque lieu secret, retiré du monde, m’attend ! Alceste, me voilà !


 

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« Nantes, une des seules villes où il puisse arriver quelque chose de surprenant »… Jacques Vachet

Publié le par Eric Bertrand

                Cette série d’articles sur Nantes s’achève provisoirement en même temps que la lecture de la Forme d’une ville. Je poursuis néanmoins ma lecture de la biographie consacrée à Graslin et cela occasionnera peut-être une autre série de réflexions. Le lecteur l’a compris, Nantes est une ville qui m’intéresse. Je lui ai consacré deux nouvelles qu’on retrouve dans Nouvelles pour l’été (« le Pavillon des Fleurs ») et dans Chaussée de la madeleine de Proust (« Pierrot et Colombine »).

                Un événement (de la veine de ceux qui sont susceptibles de se dérouler dans cette ville « surprenante » célébrée par le poète surréaliste) a lieu en ce moment tout le week-end, hélas je ne peux m’y rendre mais je vous conseille une petite visite sur le site suivant…
http://www.nantes.fr/


 

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Du côté de Préfailles et du côté de La Baule.

Publié le par Eric Bertrand

                  Afin de terminer l’article sur la différence entre, pour parler comme Proust, « les deux côtés » des villégiatures nantaises, place au texte de Gracq : dans les dernières pages de la Forme d’une ville, l’auteur parle plus particulièrement de Préfailles, puis, par contraste, de La Baule :

                 « Ces falaises basses sont bordées de propriétés à l’ancienne, assez vastes, closes de murs qui s’avancent jusqu’à l’à-pic, et auxquelles on n’accède que de l’arrière. Les villas s’eclipsent, jalousement cachées derrière les charmilles et les bosquets de leur petit parc : les scènes qui se jouent ont ici pour seul théâtre un étage de loges spacieuses, juxtaposées, rigidement compartimentées et dont on sent que la préoccupation première est de dérober chacune, ombrageusement, ses allées et venues et son manège intime au regard du voisin...

               « (...) Du Pouliguen à Pornichet, pendant deux mois, tout était mouvement, agitation, fête et changement, foire aux vanités aussi, et où la population d’estivants, le long du remblai en arc de cercle de la plage de La Baule, se donnait à elle-même en spectacle comme le public d’un théâtre qui joue à bureaux fermés. Ce que je distinguais mal à Nantes, ce qui restait en suspension à l’état diffus dans le tohu-bohu égalisateur d’une grande ville, se concentrait là l’été, comme si une vitrine des élégances nantaises, triée par le goût de la villégiature, se fût ouverte pour deux mois autour du casino, entre l’avenue de la Plage et l’avenue des Lilas. »

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Nantes côtés plages

Publié le par Eric Bertrand

                 Suivons une fois encore les pas de l’ancien géographe Julien Gracq qui souligne avec justesse à quel point la côte atlantique offre à la ville de Nantes une sorte de prolongement et de baie ouverte aux marinas.

                  Alors que d’autres villes produisent, à proximité de leur centre, des extensions consacrées au loisir et à la détente, maisons riantes et coquettes, lieux de résidence d’été ou de campagne, on trouve entre Nantes et Saint-Nazaire une « zone morte ». Comme Bordeaux s’étend, à plusieurs dizaines de kilomètres hors des limites de la ville, sur Arcachon et le Pyla, Nantes s’étend à plus de cinquante kilomètres, sur Pornic et La Baule.

                   Mais le contraste est saisissant entre les deux « régions », côté sud Loire et côté nord Loire. Quand on se promène sur le sentier côtier entre St Brévin et Pornic, on devine à peine l’intimité des familles d’origine aristocratique qui se calfeutrent derrière les grands murs de leurs manoirs aux allures gothiques. On imaginerait facilement des silhouettes issues tout droit d’un conte de Villiers de l’Isle Adam ou d’un roman de Barbey d’Aurevilly.

                    Au contraire, dès que l’estuaire est franchi et qu’on passe sur les plages de Pornichet, La Baule, Le Pouliguen, on entre dans l’espace de l’extraversion. La population parade, sort, se montre sur les plages immenses, au volant des grosses voitures de sport, sur le remblai, dans les casinos et aux portes des discothèques.

                    J’y reviens demain en citant Gracq...

 

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Cour Cambronne et fenêtres baudelairiennes à Nantes

Publié le par Eric Bertrand

              Avant la fermeture du Cour Cambronne, que j’évoquais lundi, si le flâneur veut oublier la rumeur de la ville, les klaxons de la Place Graslin, il franchit les hautes grilles du Cour Cambronne et il pénètre dans cet étrange endroit du centre ville, sorte de Jardin des Plantes inattendu. Avançons sur le sable, entre les tilleuls, quelques jours avant le passage à l’heure d’été, quand il fait encore suffisament nuit. Quelques fenêtres commencent à s’allumer comme dans le poème de Baudelaire :

 

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais.

Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous: "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?"

Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis? »


 

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