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Nantes par le fleuve ou la mer

Publié le par Eric Bertrand

                 Porté par la lecture de deux ouvrages relatifs à Nantes (celui de Gracq : « la Forme d’une ville » et une biographie du fameux architecte Graslin), je propose une série d’articles sur des aspects de cette ville qui m’a, depuis mon arrivée dans le quartier Zola en 89 puis Graslin en 90, et après l’avoir quittée, toujours attiré.

                Julien Gracq avec cette élégance du style qui le caractérise et en même temps la précision du géographe qu’il a été, souligne l’importance de la bipolarité qui règne dans l’air de Nantes et qui façonne la ville. D’un côté, la Loire de la vieille province, l’odeur de gardon du fleuve qui a traversé les vallées, charrié les mottes de berge, le goujon, la tanche, la carpe, enveloppé les silhouettes des châteaux Renaissance, la Loire jusqu’au Pont de Cheviré, la Loire dupliquée par l’Erdre, son gracieux affluent d’où partent les vedettes panoramiques et les rameurs du club d’aviron...

                De l’autre côté, la Loire de l’estuaire, celle qui, à partir des anciens chantiers Dubigeon, ouvre sur l’Atlantique et l’horizon du grand  large. Le piéton à Nantes gravit la rue Crébillon, tourne autour de la Place Royale, quitte le cour Cambronne, puis s’arrête tout en bas, sur le quai de la Fosse, par exemple devant le Maillé Brezé...

                Alors il se sent un peu comme le narrateur au début de « Moby Dick », près à prendre la mer et à s’engouffrer dans le grand courant qui le tire vers Saint-Nazaire et les monstres des grands fonds ! Surtout s’il sort à peine de la visite des machines de l’Ile... J’y reviens demain.

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Représentation au collège : occupation des salles

Publié le par Eric Bertrand

              A une semaine de la représentation, soyons clair sur le schéma d’occupation des salles ! Après les premières répétitions « dans la place », le texte prend du corps !

La salle de maths est le lieu de la géométrie. Des figures obstruent la salle, figurent le puits qui est au centre de la scène, obligent le spectateur à s’incliner…

La salle de SVT est un lieu étrange, lieu de « créatures ». On utilise lampes de poche, squelettes d’animaux, oiseaux empaillés, serpents. Les comédiens sont debout sur les hautes tables. Avant la scène, le squelette est au bureau et semble dispenser un enseignement dans une lueur blafarde.

La salle d’histoire géo est le lieu de l’embarquement. Les comédiens sont disposés sur deux bureaux comme sur un bateau. L’un d’entre eux au mât, l’autre au foc et l’autre au gouvernail. Dans la salle, les comédiens utilisent  des accessoires nombreux réalisés par les élèves qui ont suivi le Vendée Globe. Enregistrement de la voix d’un skipper qui se mêle à celle des comédiens.

Au milieu de la salle d’arts plastiques trône une grosse poule qui annonce la « parade » des autres créatures étranges qui vont être nommées. Le sol est instable et contribue à l’inquiétude des spectateurs qui passent par ce lieu du voyage.

Le gymnase est revisité par des voyageurs démonstratifs et souples, qui disent (ou sont censés dire frénétiquement) leur texte en réalisant des figures gymniques qui accompagnent le rythme des mots et des phrases.

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L’Education et le grand corps malade...

Publié le par Eric Bertrand

            Mon attention est particulièrement retenue en ce moment par tout ce qui touche l’éducation et ceci pour diverses raisons... D’abord parce que je « baigne dedans » et que je suis confronté au quotidien aux problèmes liés aux comportements, dysfonctionnements divers, que j’entends les collègues autour de moi se lamenter et rapporter des anecdotes invraisemblables, que j’écoute les différentes affaires rapportées par les médias...

            Ensuite parce c’est le sujet de mon prochain livre et la matière ne manque décidément pas !

            J’emprunte à mon ami Francis (ecriposoph) la référence qui suit pour inviter le lecteur à se poser les bonnes questions...

http://www.grandcorpsmalade.com/accueil.htm


 

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Proust : le bal des têtes (11)

Publié le par Eric Bertrand

               Après cette petite pause et avant de reprendre une série d’articles variés sur Nantes, l’école, les livres... Je reviens un peu sur Proust.

             « Je me teignais les cheveux, les sourcils, pour être plus brun, pour faire viril... J’suis bidon ! » le lecteur se souvient peut-être de cette formule d'une chanson de Souchon... Qu'on l'applique à Proust !


             « Si certaines femmes avouaient leur vieillesse en se fardant, elle apparaissait au contraire par l'absence du fard chez certains hommes sur le visage desquels je ne l'avais jamais expressément remarqué, et qui tout de même me semblaient bien changés depuis que, découragés de chercher à plaire, ils en avaient cessé l'usage.

             Parmi eux était Legrandin. La suppression du rose, que je n'avais jamais soupçonné artificiel, de ses lèvres et de ses joues donnait à sa figure l'apparence grisâtre et aussi la précision plus sculpturale de la pierre. Il avait perdu non seulement le courage de se peindre, mais de sourire, de faire briller son regard, de tenir des discours ingénieux. On s'étonnait de le voir si pâle, abattu, ne prononçant que de rares paroles qui avaient l'insignifiance de celles que disent les morts qu'on évoque.

              On se demandait quelle cause l'empêchait d'être vif, éloquent, charmant, comme on se le demande devant le "double" insignifiant d'un homme brillant de son vivant et auquel un spirite pose pourtant des questions qui prêteraient aux développements charmeurs. Et on se disait que cette cause qui avait substitué au Legrandin coloré et rapide un pâle et triste fantôme de Legrandin, c'était la vieillesse. »

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Pause

Publié le par Eric Bertrand

Déplacement sur Nantes ces deux jours... Rendez-vous lundi...

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