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Sus aux profs ! (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

               Combien de temps entendrons-nous ce discours sans doute exacerbé dans le contexte de la crise actuelle ? Y a-t-il vraiment besoin de jeter encore de l’huile sur le feu ou de laisser courir de telles braises ?

                Le sort des enseignants et du personnel éducatif devient-il à ce point enviable que la foule éprouve le besoin de jeter l’anathème ? Il faut le croire quand on lit de telles aberrations ! C’est sans doute que le cliché et le stéréotype s’imposent, davantage à la pensée indigente, comme le seul moyen de mordre.

               Car enfin, les profs méritent-ils un tel traitement ? Eux, valeureux adversaires de la Bêtise et de la Scatologie, bretteurs infatigables de la Pensée formatée, spadassins de la Paresse et autres formes multiples et endémiques du Vice ont-ils aussi besoin d’affronter constamment la Rue ?

               Que ceux-là qui les houspillent ou les provoquent (comme des chefs duellistes ou maitres-chiens armés de manches anti-morsures) viennent donc – ne serait-ce qu’une semaine -  rouler sur le tatami de l’Education.

               A partir de 17h00, puisque cette heure fait couler l’encre, je leur propose un oreiller de copies hérissées du couteau de l’Anerie et trempé dans le cauchemar du rocher de Sisiphe...

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Sus aux profs ! (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

             N’est-ce pas là un discours simpliste ? Nourri de rancœur et d’envie... N’a-t-il pas quelque chose à voir avec une vague nostalgie de farniente que tout homme garderait au fond de soi depuis qu’on l’a chassé du Paradis Terrestre ?

             A cela se mêlerait aussi la vague utopie de rester éternellement un enfant et de se laisser porter par l’Ecole. Et le prof serait celui-là, celui qui se planque sous les stalles comme le bon sacristain qui se berce de l’espoir du couvert en échange de ses prières et de ses benedicite !

             Il y a  aussi, dans ce discours de la rue, quelque chose qui relève de la « cancrerie ». Quand ils ont grandi, les détracteurs de l’Ecole se réunissent en bande iconoclastes et se mettent enfin à casser « les idoles ». Evidemment, ils n’ont plus sous la main les générations des maîtres qui les ont formés, alors ils s’en prennent aux descendants, suivant cette logique implacable du loup : « si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! »...

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Sus aux profs ! (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

             Parenthèse dans ce blog littéraire et orienté « création » pour montrer du doigt un extrait de l'éditorial du numéro de mars de « Côté Mômes »... Ce magazine était distribué à la caisse de boutiques pour enfants et grands enfants, à l’âme facilement malléable.

 

              « (...) L'éducation nationale, dans ses grandes largeurs, n'a pas de troupes à la hauteur de la bataille à mener. Elle compte des godillots à foison, mais quand ils défilent, c'est pour clamer haut et fort les excuses qu'ils se trouvent de ne pas pouvoir faire mieux.

              Concluons par un problème d'arithmétique. Sur 10 enseignants, quand vous aurez retranché ceux qui font ce métier pour être chez eux à 17H, ceux qui ont fini par ne plus pouvoir sentir les gosses, ceux qui ne les ont jamais aimés, ceux qui travaillent avec les mêmes fiches de préparation depuis quinze ans, ceux qui se sont arrêtés là parce qu'ils n'ont pas pu, ou pas su, épanouir sur le terrain de la recherche leur passion des maths, de la physique ou de l'histoire, ceux qui passent le tiers de leur temps à faire de leur classe un labo de citoyenneté pour futurs syndicalistes, combien en reste-t-il pour faire de leur classe un creuset d'enthousiasme et d'appétit de connaître ?

               Pendant que vous cherchez, les instituteurs font la grève du soutien scolaire en salle des maîtres et la réforme des lycées est remise aux calendes grecques."

 

             Je laisse le lecteur réfléchir à ces mots et j’y reviens demain et après-demain, pour apporter mon commentaire.

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Proust : le bal des têtes (10)

Publié le par Eric Bertrand

            Comme disait l’amusante publicité : « c’est le scotch qui a vieilli ! »... Continuons ce catalogue d’images extraites du Temps retrouvé.

 

  « Car beaucoup de ces gens, on les identifiait immédiatement, mais comme d'assez mauvais portraits d'eux-mêmes réunis dans l'exposition où un artiste inexact et malveillant durcit les traits de l'un, enlève la fraîcheur du teint ou la légèreté de la taille à celle-ci, assombrit le regard (...)

               Comme souvent on trouve moins bonne et on refuse une des photographies entre lesquelles un ami vous a prié de choisir, à chaque personne et devant l'image qu'elle me montrait d'elle-même j'aurais voulu dire : "Non, pas celle-ci, vous êtes moins bien, ce n'est pas vous." Je n'aurais pas osé ajouter : "Au lieu de votre beau nez droit on vous a fait le nez crochu de votre père que je ne vous ai jamais connu."

              Et en effet c'était un nez nouveau et familial. Bref l'artiste, le Temps, avait "rendu" tous ces modèles de telle façon qu'ils étaient reconnaissables. Mais ils n'étaient pas ressemblants, non parce qu'il les avait flattés mais parce qu'il les avait vieillis. Cet artiste-là du reste travaille fort lentement. Ainsi cette réplique du visage d'Odette, dont, le jour où j'avais pour la première fois vu Bergotte, j'avais aperçu l'esquisse à peine ébauchée dans le visage de Gilberte, le temps l'avait enfin poussée jusqu'à la plus parfaite ressemblance, pareil à ces peintres qui gardent longtemps une oeuvre et la complètent année par année (...) »

              

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Johnny on the road again...

Publié le par Eric Bertrand

           J’aime les chanteurs populaires, Julien Clerc, Souchon, Johnny Halliday. Je m’exprimais il y a quelques jours à propos des « plus belles chansons de Julien Clerc ». Si on faisait la même chose avec Johnny ?

           Je rappelle que « le Tennessee club » a été fortement motivé par la belle chanson de Michel Berger « Quelque chose de Tennessee » que je placerais sans hésiter en première position...

           Evidemment, il y a chez lui un côté kitch, motos et bottes rutilantes, chapeau de cow-boy et franges à la veste, goût systématique du sensationnel, mais en même temps cette voix et ce trémolo qui convient si bien à l’imaginaire de la route et à ces horizons qu’on retrouve facilement dans la majorité de ses clips, « Cadillac », « Elle m’oublie », « J’ai oublié de vivre », « Johnny Rider » et « Il neige sur Nashville », autant de titres parmi tant d’autres qui me ramènent à « la Route, la Poussière »...

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