Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

« La grammaire est une chanson douce » Erik Orsenna. (5/5)

Publié le par Eric Bertrand

              Dans cette île initiatique où sont arrivés les deux enfants, les mots sont libres et soufflent comme un grand vent à l’oreille de Jeanne. Ceci n’est pas une image, les mots sont à ce point libérés et fougueux qu’ils la fatiguent : il faudrait remettre de l’ordre dans ce chaos débridé et c’est à ce moment qu’intervient la grammaire...

              Les guides amènent alors les enfants dans la ville des mots où ces derniers se sont affranchis des bouches (ces enclos souvent malsains et avariés...) et ont retrouvé la plénitude et le libre arbitre du grand air. Ils se sont naturellement regroupés par catégories, clans, tribus, et la plus grosse des tribus est celle des noms communs qui circulent avec leurs articles et qui passent leur temps à chercher des habits dans les magasins d’adjectifs... Charmant défilé de haute couture que nous offre là le talent d’Eric Orsenna.


 

Voir les commentaires

« La grammaire est une chanson douce » Erik Orsenna. (4/5)

Publié le par Eric Bertrand

 

           J’évoquais hier la figure du gouverneur Nécrole dont on trouverait aisément aujourd’hui un équivalent politique... Voici l’un de ses slogans : On perd le sens du travail quand on a trop de mots.

           Comme dans le roman de Bradbury, il impose sa politique par le feu : des hélicoptères survolent l’île et enflamment tout ce qui ressemble à des buissons de mots. Des mots ardents, des mots en pelote qui font de la braise et qu’il faut réduire en cendres.

            Heureusement, les opposants au régime sont plus nombreux que dans « Fahrenheit 451 » et Jeanne, suite à sa bonne initiation, en fait partie : par exemple, chaque fois qu’elle découvre dans le dictionnaire un mot nouveau, le soir avant de s’endormir, voici sa réaction : Alors je vous jure ma lampe quitte la table où d’ordinaire elle repose et s’en va éclairer quelque région du monde oubliée.

            C’est une langue belle qu’elle découvre et, chemin faisant, elle prend aussi conscience de la nécessité de l’organisation des mots dans la phrase : c’est ce qui justifie le titre de l’ouvrage d’ailleurs. Eric Orsenna nous fait comprendre quel rôle pacificateur la grammaire joue dans une phrase. Dans cet air iodé de l’île, le lecteur redécouvre autrement les cours de grammaire. Suivons demain, pour conclure, un épisode imagé et une relecture de cours de langue...

Voir les commentaires

« La grammaire est une chanson douce » Erik Orsenna. (3/5)

Publié le par Eric Bertrand

             Comme la silhouette de Proust rencontrée hier semble vouloir l’indiquer, l’opération de mémoire est salutaire dans cette île et les deux îliens qui servent de guide à Jeanne et Thomas gardent en mémoire la tragédie d’une autre île désertée de l’archipel : les mots s’y sont vidés de leur contenu et le sable a tout envahi. Comme le constate l’un d’eux (et à travers lui l’auteur) chaque année, 25 langues meurent et avec elles, des mots, et la réalité qu’ils désignaient, la couleur qu’ils déposaient sur les choses...

             Plus dangereuse encore, la politique menée par le gouverneur, un certain Nécrole, qui brûle les mots et les livres afin de simplifier la langue, la rendre utilitaire. Cet aspect du livre est particulièrement pertinent quand on pense à tout ce qui est en train de se produire autour de nous dans les domaines de la société et de l’éducation.

              L’auteur du « Loft History 2084 » retrouve ici son cheval de bataille et toutes les mises en garde que l’ouvrage comportait contre les appauvrissements du langage. Je reviens demain sur cette dimension.   

Voir les commentaires

« La grammaire est une chanson douce » Erik Orsenna. (2/5)

Publié le par Eric Bertrand

             Sur la nouvelle île, après que la tempête ait balayé ses souvenirs d’écolière, Jeanne se réveille aux côtés de son frère et voit revenir en foule les mots : ceux du scrabble que rejettent les mouettes, ceux du dictionnaire qui remontent du fond des eaux avec leur définition... Elle ne se souvient de rien comme Hamlet qui a tout effacé de sa mémoire pour favoriser un « renouveau ». Mais l’île dans laquelle elle se trouve est une île propice au langage et à sa « reverdie ».

             Des mots, il y en a dans les boutiques qu’ils visitent en compagnie du Noir Henri et de son neveu, il y en a chez la très vieille dame dont le passe-temps favori est de ressusciter les plus anciens d’entre eux, mots en passe d’être oubliés et qu’elle fait redécouvrir aux enfants dans les pages du gros dictionnaire.

             L’île que nous fait découvrir Orsenna est une île utopique qui invite à redécouvrir la richesse d’un monde où les mots disent l’essentiel et où les personnes les plus influentes sont des originaux, des êtres tenaces, qui vivent dans leur bulle, un peu comme les personnages du « Petit Prince ». D’ailleurs, Jeanne échange quelques mots avec Saint Exupéry et puis avec Marcel Proust ! Ces deux maîtres ont un rôle essentiel à jouer car les choses ne vont pas de soi dans ce monde qui connaît aussi la violence. On y revient demain...

Voir les commentaires

Le site « Da Carolina »

Publié le par Eric Bertrand

           Vous êtes nombreux à avoir vu sur scène le personnage de Carolina dans « le Ponton ». C’était un rôle créé sur mesure pour Jenny qui, dés son premier séjour en Sicile a été sensible à l’art de la céramique dans le village de Santo Stefano di Camastra mis en scène dans la pièce.

            Ce détour par « le Ponton » explicite le titre du tout nouveau site que Jenny vient de créer autour de son travail de sculpture, dessin et réalisations diverses.

            Je vous invite à une promenade dans ce site où l’émotion, la sensibilité et le talent cotoient une inspiration exotique.

http://www.da-carolina.fr/

 

 

 

Voir les commentaires