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Retour vers Tennessee Williams

Publié le par Eric Bertrand

             L’occasion d’un retour vers Tennessee m’est donnée par cette émission programmée hier sur France culture. Les lecteurs de ce blog qui connaissent aussi un peu ce que j’ai écrit savent que j’ai toujours été attiré par cette tendance un peu « trouble » et « subversive » de la littérature américaine. Whitman, Kérouac, London et Tennessee... Parce qu’en même temps qu’ils plongent le lecteur dans les méandres de la conscience humaine, ces écrivains donnent à voir, en surplomb, les paysages « coloradiens » ou « mississipiens » d’une certaine Amérique.

             Paradoxalement, j’ai découvert ces auteurs peu à peu, après mon voyage en stop aux States et après l’écriture de « la Route, la Poussière et le sable ». Et j’ai accompli cette découverte sur les planches aux côtés de mes élèves de lycée à qui j’ai offert une sorte de réécriture et de recréation d’univers.

              En ce qui concerne Tennessee, j’ai eu la chance de travailler ma pièce « le Tennessee club » en connaissant à l’avance ma distribution. Ou du moins, les grands rôles. Mes comédiens étaient en terminale, finissaient le cycle et souhaitaient incarner des personnages plus dramatiques et plus fouillés psychologiquement.

              J’ai donc eu l’idée de les plonger dans l’univers de Tennessee qui, en même temps qu’il me permettait de reparcourir littérairement mon voyage en stop, me donnait l’occasion de mettre en scène des personnages inspirés de ceux de Tennessee. Tom Desire, la crapule alcoolique qui profite de la fortune de son épouse Thelma qu’il a condamnée à végéter à ses côtés dans un établissement minable du côté du désert de Mojave, « le Tennessee club », parce que sa belle-sœur était une lectrice inconditionnelle de Tennessee...

              Tom rappelle le héros de « la Chatte sur un toit brûlant ». Il y a en lui une violence, une ambiguïté qui se traduit aussi dans son penchant homosexuel. Thelma, la jeune femme idéaliste, à l’image de Maggie, la fameuse « chatte », s’accroche désespérément à son mari et tente obstinément de sauver un couple à la dérive.

               Tout cela se passe dans cet établissement de boissons et de divertissement, au bord de la route dans un endroit où on entend, comme une lamentation, la bande originale de « Bagdad Café ». Et tous les personnages qui passent dans le huis clos de ce « Tennessee club » sont des épaves, des déçus de la vie qui rêvent à l’impossible et qui ont tous, comme dit la chanson, « quelque chose de Tennessee »... Je remettrai en ligne demain l’un des moments forts de cette pièce.

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L’influence de Kafka

Publié le par Eric Bertrand

          Kafka excelle à souligner le grotesque dans les situations quotidiennes. Il montre aussi à quel point le monde manque souvent de sens et les individus qui s'y trouvent englués deviennent de misérables pantins privés de toute intelligence ou de toute humanité.

          C'est sur ce principe que j'ai construit ma réflexion. Mon personnage principal subit une métamorphose et se transforme non pas en scarabée comme c'est le cas dans « la Métamorphose » mais en insecte encore plus immonde.

          En cela, mon livre peut rappeler Kafka. Les circonstances ne sont pas pour autant les mêmes et la métamorphose n'opère pas de la même façon.

          D'autre part, ce passage par le monde animal me permet surtout de poser un regard décalé sur l'univers éducatif et de révéler, sous le trait caricatural, certains dysfonctionnements, ses manques et ses faiblesses, ses laideurs, parfois ses beautés.




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Travail du manuscrit

Publié le par Eric Bertrand

           Périodiquement, c’est aussi l’objet de ce blog, je donne des nouvelles de l’évolution de mon prochain ouvrage. Au fur et à mesure qu’il progresse, j’oscille entre le désir d’en approfondir « la genèse » et la volonté d’en garder secret le contenu. Je n’en dirai donc toujours pas davantage.

           Ces vacances m’ont permis d’avancer, de profiter de l’utilisation du net book ou de simples feuilles A4 sur lesquelles j’édite un « morceau » que je retravaille. Attente chez un médecin, dans un café, sur une terrasse, dans une grande surface avant de « prêter main forte » pour le « panier de la ménagère »... Les occasions ne manquent pas et le manuscrit s’allonge encore.

           L’ouvrage surprendra mes lecteurs, habitués à une certaine « douceur ». (Je me rappelle le point de vue de mon ami René Frégni, juge des « Nouvelles pour l’été » et m’affirmant que le lecteur préfère en général « le noir » au « rose »).

           C’est un univers impitoyable que je décris et le héros en est particulièrement cruel et caustique. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’un insecte et que le modèle de Kafka n’est pas très loin. Relisez « la Métamorphose » ou « Le Terrier » si vous souhaitez repérer un quelconque « héritage » ! Et patientez jusqu’à ... la prochaine rentrée littéraire si tout va bien !
           Chemin faisant, pour ceux que ces titres ne renseignent pas davantage, j’en dirai plus demain.

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D’autres nouvelles d’anciens sur Face book

Publié le par Eric Bertrand

J’ai évoqué ce bon moyen de retrouvailles qu’est face book dans un article précédent et je publie aujourd’hui deux nouveaux témoignages relatifs aux années consacrées au théâtre à Loudéac, donc directement en liaison avec le thème de ce blog...   Le prof de français qui m'a fait aimer Gainsbourg... Comment allez-vous?"

 

J'ai été ravie de vous retrouver sur facebook, et par manque de temps n'ai pas pu prendre les petites minutes nécessaires pour vous écrire. Mes valises se sont pas mal promenées depuis le lycée, pas encore assez malheureusement...Et sans exagération, c'est amusant de réaliser que ce cours de français de 1ère m'a suivi aussi...De Sciences po dans les cours de littérature en première année (je me souviens vous avoir psychologiquement dédicacé une présentation sur "sur la route"et avoir un peu souri quand la prof s'est étonnée que j'ai l'air si passionnée par Kerouac), d'anglais l'an dernier sur les poètes de la Beat Generation, où j'ai approfondi Burrough, Ginsberg Kerouac et les autres..Jusqu'à San Francisco et ses petits cafés aux noms évocateurs de vos pièces et de Kerouac.. et l'atmosphère de cette ville surtout, qui m'a plus que marquée, et où j'aimerais tant vivre (...)



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Robinsonnades

Publié le par Eric Bertrand

                 

Avec le retour des vacances
revient le temps des escapades et du « out of joint » comme dit l’ami Hamlet. Est-ce un effet des circonstances ? De mes lectures (Hugo, Conrad, Stevenson, Melville) ? Du cadre maritime ? Des copies sur Robinson que, de bon matin, j’ai commencé à corriger (pas toutes très bien écrites et encore est-ce une litote !) ? Des prémices du printemps sur l’océan qui gronde encore de la dernière tempête ?...

                Mais hier matin en accomplissant ma petite course à pied sur le sentier côtier habituel, j’éprouvais un sentiment d’île et de robinsonnade.

                Pourquoi précisément robinsonnade ce matin ? Peut-être aussi parce que le ciel était particulièrement bleu, calme, comme lavé par une tempête, la côte découpée, particulièrement à vif, affleurant de l’affutage, l’eau encore brisée, les dernières mouettes et les cris pointus, refluants, aiguisés des goélands dans les algues, les carcasses et les brisants de coquillages.

                 On avance, on avance, les cheveux à la brise, le torse et la face en figure de proue, meilleure pénétration dans l’air, « la spada » de maître Indurain, tu n’as jamais oublié ! Et puis enfin, dans le défilé de roches, une petite sente qui s’avance sur une langue de sable, puis la prairie déjà verte, émaillée de premières paquerettes, l’écho, de chaque côté, des alouettes, et sur la colline, les façades blanches des maisons, avec leurs volets verts, souvenirs anciens des peintures empruntées par les pêcheurs de Ré aux coques des navires.

                 Et le soleil adoucit l’atmosphère et les premières gouttes de sueur perlent sur le front.

 


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