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Tube de rouge à lèvres au collège

Publié le par Eric Bertrand

            On l’a compris, ma conception de la pédagogie du français passe aussi par l’exercice du jeu de l’écriture. Il faut montrer aux élèves qu’on peut s’amuser avec l’écriture… Eux n’y croient pas volontiers ! Alors, il faut « montrer l’exemple » !

           Quand j’étais élève, au cours de gym, j’aimais que le prof nous montre comment il excellait dans un exercice qu’il nous présentait comme facile, et d’ailleurs, ce n’était que rarement concluant… Bref, je considère que l’un des intérets de notre métier de pédagogue est de se lancer des défis.

            L’exercice demandé partait d’un texte de Balzac extrait de César Birotteau dans lequel il était question de publicité à propos d’une « pâte carminative » lancée sur le marché. Le cours avait notamment pour but d’identifier les procédés de persuasion utilisés par le publisciste. Je leur ai donc demandé suite à ce repérage d’appliquer ces mêmes procédés pour « lancer » un produit cosmétique de leur invention…

 

Le rouge à lèvres « Brûlure du Baiser »

Exercice d’écriture imité du texte de Balzac : écriture d’un prospectus

 

       C’est L’EVENEMENT DE LA DECENNIE. Le plus délicat, le plus esthétique, le plus exquis de tous les rouges à lèvres, l’inestimable « BRULURE DU BAISER » est enfin sur le marché !

       Dans le secret de son atelier, environné de ses Botticelli, Renoir, Rubens et autres Fragonard, l’infatigable Alfred Ricil, spécialiste du cosmétique a fondu tout son art, sa passion, son expérience des femmes et sa quête de l’éternelle Beauté dans l’alchimie de ce produit miraculeux.

       Les plus fameux mannequins qui l’ont essayé en ont encore le cœur tout chaviré. Jamais aucun rouge à lèvres ne les avait pâmées à ce point ! L’une d’elles avoue même en rougissant : « comparé à « Brûlure du baiser », les anciens rouges à lèvres ne sont que des ratures, des bavures sur croutes, des rayures sur miroir ! »

       Car mesdames, au cas où vous l’ignoriez encore, votre visage est une œuvre d’art qui attend son peintre ! « Brûlure du Baiser » transforme la croute abîmée en inestimable tableau, le miroir brisé en pur cristal de Bohème et votre chambre en palais des glaces.

       Finies les lèvres décolorées, les lèvres gercées, les lèvres muettes ! « Brûlure du Baiser » vous apporte en même temps que le charme la grâce de l’éloquence. Et c’est tout simplement un plaisir divin de vous regarder sourire et de vous entendre parler.

       Une mince pellicule délicatement posée et voilà que vos lèvres rougissent, s’ourlent et palpitent. Elles deviennent les roses rouges de votre jardin de beauté et les amants succombent sitôt qu’ils vous approchent.

       Dès le réveil, orner ses lèvres de « Brûlure du Baiser », c’est faire entrer le soleil levant dans sa bouche : tout le corps s’embrase, et aussitôt la terre et les amants craquent.

        Ecoutez votre cœur, il ne parle plus que de vos lèvres. Ecoutez vos lèvres, elles ne vous parlent déjà plus que de baisers.

 

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Malheureuse conjugaison ! (2)

Publié le par Eric Bertrand

Devoir de conjugaison en 6° (Temps simples)

Recopiez le texte suivant en mettant les verbes aux temps et personnes demandés dans la parenthèse. Attention à ne pas faire d’erreur dans l’orthographe du verbe, ce qui aurait pour effet d’invalider la réponse ! La conjugaison est en effet indissociable d’une bonne orthographe !

 

L’enfant (regarder, imparfait) la mer sur l’horizon de laquelle (planer, imparfait) les mouettes. Des voiliers (se balancer, imparfait) sur les flots et les vagues (apporter, imparfait) de l’écume et du sable. Soudain, sur un coin de la plage,  il (distinguer, passé simple) un objet bizarre dissimulé sous les algues. Il (s’approcher, passé simple) et (voir, passé simple) une espèce de bocal transparent en forme d’œuf. Quand il (prendre) l’objet dans sa main, il (entendre, passé simple) une voix qui (sembler, imparfait) provenir de la gorge d’un goéland qui (tourner, imparfait) au-dessus de sa tête depuis quelques minutes.

« Tu (être, présent) un enfant et tu n’as encore pas le droit d’ouvrir cet œuf. Tu (jouer, présent), tu (crier, présent), tu (courir, présent), cela me (convenir, présent) assez bien ! Je te (donner, futur) un de mes œufs si tu (obéir, présent). Tu (nettoyer, futur) le sable de la plage et tu (trouver, futur) mon œuf. Il te (porter, futur) chance.

 

Ce qui donne :

 

L’enfant regardait la mer sur l’horizon de laquelle planaient les mouettes. Des voiliers se balançaient sur les flots et les vagues apportaient de l’écume et du sable. Soudain, sur un coin de la plage,  il distingua un objet bizarre dissimulé sous les algues. Il s’approcha et vit une espèce de bocal transparent en forme d’œuf. Quand il prit l’objet dans sa main, il entendit une voix qui semblait  provenir de la gorge d’un goéland qui tournait au-dessus de sa tête depuis quelques minutes.

« Tu es un enfant et tu n’as encore pas le droit d’ouvrir cet œuf. Tu joues, tu cries, tu cours, cela me convient assez bien ! Je te donnerai un de mes œufs si tu obéis. Tu nettoieras le sable de la plage et tu trouveras mon œuf. Il te portera chance.


 

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Malheureuse conjugaison ! (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

On n’y pense pas forcément quand on s’adresse à ces classes de petits élèves, mais ils ne connaissent pas les temps de l’indicatif, ou, du moins pour la plupart, ne les maîtrisent pas… Passe encore pour le présent et l’imparfait, mais le reste ?

           J’ai donc entrepris un programme de révision des temps simples et mon objectif est surtout de leur montrer qu’ils ne peuvent pas écrire sans maîtriser ces temps…

           L’occasion pour moi de leur donner ce petit exercice qui va consister en même temps à revisiter l’univers du conte qu’ils ont acquis et qui va me donner prétexte à une nouvelle création personnelle…

 


Préparation au devoir de conjugaison en 6° (Temps simples)

 

Recopiez le texte suivant en mettant les verbes aux temps et personnes demandés dans la parenthèse. Attention à ne pas faire d’erreur dans l’orthographe du verbe, ce qui aurait pour effet d’invalider la réponse ! La conjugaison est en effet indissociable d’une bonne orthographe !

 

Un petit garçon nommé Duncan (habiter, imparfait) avec ses parents dans un cottage au cœur de la lande écossaise. Tous les matins, dans le grand réservoir, (venir, imparfait) boire les biches et le grand cerf dont les cornes allongées (fasciner, imparfait) notre héros. Un soir, alors qu’il (cheminer, imparfait) avec son père, Duncan (apercevoir, passé simple) le grand cerf au-dessus d’une petite colline qui (donner imparfait) sur un loch. Il (s’avancer, passé simple) et aussitôt le cerf (disparaître, passé simple). Il (trouver, passé simple) à l’endroit des empreintes un morceau de corne façonnée comme une flute et, quand il (se pencher, passé simple) pour la ramasser, il (entendre, passé simple) comme un chant qui (provenir, imparfait) de l’épaisseur de la corne :

« Tu (grandir, présent), tu (marcher, présent) mieux. Tes oreilles (écouter, futur) désormais la voix de la Lande. Tu (savoir, futur) bientôt une partie du secret que je te (révéler, futur) et tu me (prier, futur) pour que je t’en dise davantage. Rejoins le milieu du lac. Tu (trouver, futur) une algue qui te (faire, futur) forte impression.

 

 

Correction de la préparation au devoir de conjugaison en 6° (Temps simples)

 

Un petit garçon nommé Duncan habitait avec ses parents dans un cottage au cœur de la lande écossaise. Tous les matins, dans le grand réservoir, venaient boire les biches et le grand cerf dont les cornes allongées fascinaient notre héros. Un soir, alors qu’il cheminait avec son père, Duncan aperçut le grand cerf au-dessus d’une petite colline qui donnait sur un loch. Il s’avança et aussitôt le cerf disparut. Il trouva à l’endroit des empreintes un morceau de corne façonnée comme une flute et, quand il se pencha pour la ramasser, il entendit  comme un chant qui provenait de l’épaisseur de la corne :

« Tu grandis, tu marches mieux. Tes oreilles écouteront désormais la voix de la Lande. Tu sauras bientôt une partie du secret que je te révélerai et tu me prieras pour que je t’en dise davantage. Rejoins le milieu du lac. Tu trouveras une algue qui te fera forte impression.

 

Demain, variation sur le même thème et cette fois, ça donne lieu au devoir !

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« N’y a-t-il pas grand danger à contrefaire le mort ? »

Publié le par Eric Bertrand

             

              Ce titre n’est pas une accroche ! Ni une sourde ironie à l’encontre d’un tiers à qui l’on reprocherait son silence ! Il s’agit simplement d’une citation de la pièce de Molière : le Malade imaginaire. Qui ne l’a pas, au moins une fois dans sa scolarité, abordée d’une façon ou d’une autre ?

               On se souvient au moins de cet Argan hypocondriaque soumis à la tyrannie des médecins et abandonnant son corps à la médecine pour avoir le sentiment d’exister ! Mais à la vérité, et c’est tout ce qui fait le charme de cette comédie, Argan est parfaitement bien portant et n’attend de ses visiteurs qu’une seule chose, c’est qu’ils lui parlent de ses poumons, de son estomac, de son intestin, bref, de son nombril.

                Jusqu’au moment où, par ruse, la servante lui demande de « contrefaire le mort » afin de confondre une hypocrite qui abuse de sa crédulité. A ce moment, Argan refuse vigoureusement l’expédient et se lamente avant de jouer : « n’y a-t-il grand danger à contrefaire le mort ? »

                Ces mots acquièrent une saveur particulière et quasi douloureuse ou mélancolique, c’est selon, si on sait que, lorsque Molière joue le rôle d’Argan, il est vraiment malade et qu’il n’est pas, à la différence de son personnage, hypocondriaque ! Si bien que, à ce moment précis, ce qui est jeu pour la scène et jubilation pour l’acteur (Argan acteur, jouant par dérision sa propre hypocrisie) devient sinistre anticipation du Destin tragique de Molière qui s’effondre lors de la quatrième représentation du Malade imaginaire !

               Quelle pièce ! Quel enjeu que ce texte écrit par un auteur qui se savait condamné et qui a choisi, comme ultime pirouette, celle de l’hypocondriaque ! « N’y a-t-il pas grand danger à contrefaire le mort ? »

 

 

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« Contribution » à un projet d’éditeur

Publié le par Eric Bertrand

                L’épisode issu du « Bal des têtes » dans le Temps retrouvé est assez long et me servira de fil conducteur dans les jours qui viennent. Les « besoins de l’actualité » ou de la variété m’amèneront à rompre ce fil ! Par exemple la nouvelle reçue hier qui me pose un nouveau défi à court terme...

                Les médias l’indiquent beaucoup, la tendance est à la rénovation dans l’enseignement. Dans ce contexte, les missions pour « faire bouger le collège et le lycée » se réalisent et, dans ce sillage, des éditeurs emboitent le pas.

                J’ai donc été contacté par une maison d’édition au sujet d’une collaboration à un ouvrage portant sur l’Histoire de l’art et sur la manière de l’enseigner au sein des établissements, à des adolescents pas forcément très ouverts... Ceux qui connaissent ce blog entrevoient dans quel « créneau » je vais me glisser.

              "Comment passer de l'univers d'un auteur de langue étrangère à l'écriture pour la scène et pour le public adolescent ? "


              Je me servirai donc des expériences effectuées dans le cadre de l’atelier à partir de Kérouac, Orwell, Shakespeare, Tennessee, Pirandello et, à un autre niveau Gainsbourg et La Fontaine, le problème majeur étant toujours de rendre accessible et de "scénariser" des textes de nature particulière...

            L’ouvrage est prévu pour septembre, je dois donc « activer » ma contribution, mais point d’affolement : l’article ne devra comporter environ que 8000 signes, soit trois ou quatre pages... Une nouvelle forme du lit de Procuste ? Pas forcément ! La concision est un excellent exercice !



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