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La Ferme des animaux (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

            Première mesure : l’abolition du système démocratique... l’échange collectif qui se tenait le dimanche à propos des affaires courantes est remplacé par la réunion d’un groupe de cochons qui légifèreront « pour le bien de tous », le principal objectif commun étant bien entendu de mettre tous les animaux à l’abri des assauts de Jones et des hommes. Il va de soi que les cochons oeuvreront dans ce sens et cela suffit à satisfaire les animaux.

            Quand on a le pouvoir, on veut en savourer le luxe. C’est ce que semble indiquer la suite des événements. Napoléon prend toujours plus de libertés par rapport à la législation. Il se vautre dans le lit des anciens maîtres, négocie avec des humains, décrète que les cochons se lèveront plus tard que les autres. Et puis il veut régner en maitre absolu et calomnie Boule de Neige qu’il qualifie de traitre afin de repérer qui sont ceux qui ont soutenu son rival. Ainsi, en diabolisant l’adversaire, il s’assure les pleins pouvoirs et élimine les derniers opposants.

             La fin de règne et la fin de livre consacrent le règne absolu des cochons qui se vautrent dans les privilèges et qui abolissent définitivement les derniers principes édictés à l’origine, maniant toujours le mensonge et la mauvaise foi face à des animaux complètement abêtis, dont pas un seul n’ait échappé au lavage de cerveau orchestré par le pouvoir en place.

              De toute manière, la Mémoire et le Panache qu’incarnait le bon cheval « Malabar » se sont définitivement évanouis lorsque la bête a été envoyé chez l’équarisseur par Napoléon qui avait spécialement, comme il le prétendait, contacté son « vétérinaire personnel ».

 

 

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La Ferme des animaux (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

           Transportés par le discours inspiré de Sage l’Ancien, un cochon cultivé et idéaliste, (avatar bien en chair d’un quelconque Lénine), les animaux de la ferme des Jones se révoltent contre le propriétaire et prennent le pouvoir. Place à la société égalitaire et au bonheur pour tous ! Vive les grands idéaux et l’étendard des droits des animaux brandi à la face des oppresseurs !

           Encore faut-il cependant « organiser la société » et, pour cela, les cochons publient une constitution qui comporte des règles simples et évidentes. Qui va administrer ce beau gouvernement ? Du fait qu’ils se présentent comme les éminences grises de la ferme, « obligés de réfléchir davantage » que les autres bêtes, les dits cochons font aussi admettre à tous les animaux qu’ils ont besoin d’une ration de nourriture spéciale. De fait, on les gâte afin que le « Cerveau » fonctionne et que l’Administration tourne rond.

           Mais point trop n’en faut ! Des deux cochons leaders, c’est Boule de neige qui réfléchit le plus, et cette propension à la lecture et à l’encyclopédisme dérange Napoléon au point qu’il dresse des chiens loups pour agresser son rival. C’est par la force répressive qu’il décide de se débarrasser de lui.

           Le terrain est libre désormais pour exercer son pouvoir unique.

           A suivre.


 

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La Ferme des animaux (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

         Je faisais récemment allusion à cet ouvrage dans un mail adressé à un ami... Et je lui disais que nos propos me donnaient envie de relire cet ouvrage. C’est chose faite et je propose une série de trois articles à venir.

         Contrairement à ce que décrètent certains élèves qui se réfèrent à de vagues souvenirs de « la ferme se rebelle » et qui ne s’en tiennent qu’aux premières pages, le roman d’Orwell n’est pas une fable pour enfants.

         Le lecteur a entre les mains un ouvrage vibrant d’inquiétude qui s’efforce, par le biais de la farce grossière, de démonter les rouages de tous les régimes totalitaires. Et pas seulement celui auquel on pense d’abord : le stalinisme.

         Notre époque me ramène inlassablement à la littérature critique. Je le répète, j’aime ces ouvrages où les auteurs montrent du doigt le danger de manipulation des pouvoirs politiques. Ces ouvrages qui révèlent l’indignité de ces politiques qui centralisent les décisions et qui écrasent tous ceux qui pensent autrement... Et quand Orwell choisit comme héros des cochons (Boule de Neige et Napoléon), je ne peux m’empêcher de penser à certains lisiers...

          Bref, de quoi est-il question dans ce roman ? On y revient demain...



 

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Le temps des projets de théâtre

Publié le par Eric Bertrand

          Dans l’Education Nationale, il faut être réactif. Tous les projets doivent être « montés » bien longtemps à l’avance afin d’être « viables ». J’ai reçu ces jours-ci dans mon casier un certain nombre de dossiers à remplir afin de proposer quelque chose pour l’an prochain. Voici le « signal » que j’ai donc envoyé au reste de l’équipe...

 

          « Notre spectacle « à PAC » n’a pas encore vu le jour et déjà il faut constituer le dossier pour l’an prochain... Certains des collègues de l’équipe ont affirmé leur volonté de continuer dans le même sens... Je vous propose donc un embryon de projet qu’il faudrait étoffer en m’indiquant de quelle façon vous seriez prêt à travailler dans ce cadre. Merci de votre collaboration !

 

           L’idée de ce projet de classe à PAC est de construire collectivement un travail de création qui débouchera sur un spectacle théâtral fondé sur la référence implicite ou explicite à un choix de poètes et de poèmes de diverses époques.

           Le texte composé dans le cadre d’un atelier d’écriture mené en cours de français sera axé sur le thème de la découverte d’une île baptisée « île de la Poésie ». Au croisement du « Petit Prince » de Saint-Exupéry et de « la Grammaire est une chanson douce » d’Erik Orsenna, le projet consiste à explorer à la fois l’univers du conte et celui de la poésie.

            Il raconte l’histoire d’un naufrage. Les enfants naufragés partent à la découverte de poètes et de textes qui disent le monde façon poétique. La Fontaine, Hugo, Baudelaire, Rimbaud par exemple, ont des choses intéressantes et simples à révéler à nos jeunes voyageurs (soit du fait de leur vécu, soit du fait de leur œuvre, et il sera intéressant de noter parfois la corrélation entre les deux !)             

 

            Directement lié à la réalisation du spectacle, l’activité passe d’abord par l’élaboration d’un scénario et d’un texte en atelier d’écriture. Cet aspect du travail implique au moins deux compétences liées au français : la cohérence de l’expression écrite et l’analyse conjointe de la poésie et du conte, objets d’étude de la classe de sixième.

          La pratique du théâtre et l’intervention de la comédienne et metteur en scène permettra aux élèves d’acquérir davantage de maîtrise de l’oralité, de la gestuelle et du contact avec l’autre...


 

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La fourmi emmitouflée et la cigale rock’n roll

Publié le par Eric Bertrand

          Travail de la première scène hier avec le metteur en scène. C’est celle de « la Cigale et la Fourmi » revisitée...

          Le texte se prête aux effets décapants et aux fantaisies. La fourmi est installée dans son foyer et elle tricote une immense écharpe dans laquelle s’entremèlent des fils de toutes les couleurs, résultats de ses économies.

           Survient alors la cigale. Lunettes de soleil, guitare, allure rock, elle fredonne un air de Johnny Halliday : j’ai suggéré dans les didascalies « Toute la musique que j’aime »... Mais l’acteur ne connaît pas et il se montre particulièrement empoté.

            Pour « embobiner » la fourmi, la cigale joue de stratégies du langage et, là encore, le texte amène à ces tours de passe-passe dont les chanteurs de rap sont friands. Sans hésiter, le metteur en scène va dans ce sens. Il propose à un groupe de garçons de se cacher au début de la scène et de surgir au moment voulu pour entonner un chœur de rappeurs. Mouvements de têtes, de mains, de mots.

            Les sixièmes sont encore bien timorés mais cette perspective les excite et cultive leur indiscipline. Quel enjeu délicat et quelle tâche pénible de les ramener sans cesse au sérieux que nécessite la mise en scène !

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