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La poétesse québécoise Claudine Bertrand devant les lycéens

Publié le par Eric Bertrand

Elle vient de Québec, et les élèves goguenards affirment qu’elle possède « un accent à la Céline DION »... Elle s’appelle Claudine BERTRAND, ou plutôt « IDOLE ERRANTE », son anagramme et sa définition de la poésie... or, c’est justement de cette « idole errante » qu’elle est invitée à parler en ce vendredi 23 mars au lycée VIELJEUX... Parler de cette idole errante à des lycéens qui ne comptent pas forcément la poésie au nombre de leurs idoles.

Et pourtant, le jeu en vaut la chandelle et Claudine en est convaincue. Elle s’exprime généreusement, avec la pudeur et le feu de ce qu’elle nomme « les yeux intérieurs ». Une étincelle dans le regard et dans la voix, et voici la braise allumée... Rimbaud, Eluard, les surréalistes (appelés « automatistes » à Québec dans les années 60), « la terre bleue comme une orange » et puis cette silhouette en cape noire, sa prof de français, qui lui a raconté un jour, quand elle était au lycée, qu’elle venait de rencontrer RIMBAUD et qu’elle allait raconter à la classe tous les détails de sa vie. « Une saison en enfer » et tout ce qui fait rougir les joues...

Les lycéens autour d’elle ouvrent des yeux ronds, se demandent si c’est vrai ça, si on peut encore de nos jours trouver des profs en cape noire qui ont, eux aussi, rencontré ARTHUR RIMBAUD. Claudine affirme de toute façon que désormais, elle ne se promène jamais sans son RIMBAUD portatif dans la valise. Et puis, à propos de « la terre bleue comme une orange », elle s’est fait sa propre théorie parce qu’elle est convaincue que la poésie a toujours des choses nouvelles à nous révéler au fil du temps.

Terre orange, parce que la terre a la rondeur de l’orange... ça c’est ce que remarque un élève... mais bleue... Pourquoi bleue ? Parce qu’une orange qui moisit, ça devient gris bleu et qu’en ces temps de pollution, tout n’est pas rose, ni même orange... La poésie, c’est comme la marmelade, « ça bouillonne » et la poétesse invite les lycéens à « plonger dedans » ! C’est le lieu « où les mots se chamaillent », courent dans tous les sens et jamais en sens unique. C’est un « laboratoire » dans lequel le poéte travaille pour « mettre des mots sur les maux » et renouveller le langage, tirer sur la corde, serrer la plume jusqu’à trouver « le lieu et la formule », ou le haïku.

Plus besoin de vers, de rimes, de structure fixe. Ça, c’est l’espace du passé. Le poète a fait tomber « les lourds manteaux de la forme » et avance en débardeur et en bermuda, le sourire au coin des lèvres. L’attention du public flanche un peu, il faut les tenir les élèves qui ont chaud et qui voient par les grandes baies vitrées ouvertes le printemps qui approche et pas forcément l’Azur ! Mais Claudine, « qui donne des confitures au bon poète », ne désarme pas : « L’enfant mange avec sa bouche de saltimbanque », « le rêve a la peau dure »... La voilà qui s’avance vers les rangs des « oiseaux clabaudeurs aux yeux ronds » et qui leur sert quelques-uns de ses vers qui donnent chair à la poésie... « Une chair en extase à la main tendue »... Elle leur explique que la poésie, ça parle de la passion et de l’aventure, de l’ailleurs et de l’origine. Dans son cœur, l’Afrique, le Vietnam, la France et ce souvenir d’un séjour dans le Vercors, où un homme venait tous les soirs fleurir une tombe inconnue... C’est ça, la poésie ! La poésie ouvre des horizons, elle revisite le monde et l’humanité, elle redescend dans l’enfance, elle fait resaigner des blessures enfouies... Elle éclate de rire quand elle évoque son premier poème et la solitude d’un « pauvre petit hamster déprimé » après la mort ridicule de ses deux compagnons qui avaient quitté la cage...

Claudine s’émeut à cette anecdote qu’elle confie à une élève qui l’interroge sur les origines de son talent. Elle lui explique que la poésie, « ça ouvre des portes », comme celle du clapier des imprudents hamsters. « Je est un autre » disait l’ami Arthur... Cet « autre », c’est le hamster, c’est aussi celle que je suis quand j’écris mes poèmes, quand je suis maman avec ma fille, quand je suis amante avec « mon chum »... C’est toujours « le fun » en tout cas !

« Alors, vous avez compris maintenant, les lycéens ! Quand les vieux hamsters auront laissé la place, allez-y à votre tour ! Rongez le gruyère du langage ! Grignotez le monde avec vos mots à vous ! Des mots nouveaux, des mots fous, aussi fous que les nôtres ou que tous ceux des poètes qui nous ont précédés ! Et pour cela, déplacez le regard, allez au-delà des apparences, faites tourner votre globe oculaire sur les infinis du globe terrestre ! Allez-y, jeunes hamsters aux yeux remplis d’intelligence... Maintenant, moi, j’ai dit ce que j’avais à vous dire. Il faut que j’avale mon breuvage »

Et ils sont repartis paisiblement, dans ces galeries où résonnent toujours les sonneries des cours d’école, ces galeries qui ouvrent aussi sur la double galerie du temps et de l’espace.

La poétesse québécoise Claudine Bertrand devant les lycéens

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MOLIERE à la Coursive : « le Misanthrope » de Jean-François SIVADIER ou les territoires d’Alceste...

Publié le par Eric Bertrand

Un volcan qui sommeille... C’est ainsi qu’on peut imaginer Alceste avant la pièce, avant l’ouverture de rideau. Et puis, dès les premiers mots, l’éruption ! Dans « le Misanthrope », il n’y a pas d’exposition, pas d’intrigue, mais un coup de gueule : Moi je veux me fâcher et ne veux point entendre... En cela, la sauvage mise en scène de Jean-François SIVADIER fait résonner toute la force jaillissante de la pièce.

Des chaises renversées. Un plateau nu, couvert de confettis couleur de lave refroidie. Prélude à l’explosion... C’est d’abord à Philinte qu’Alceste en veut, Philinte qui, en lisière du texte, rappelle poliment aux spectateurs (en alexandrins) les règles de bienséance qui consistent à bien vouloir éteindre les portables. Puis il salue, non moins aimablement, un inconnu dans le public ! La mèche est allumée, le spectacle peut commencer. Musique des Clash, Alceste se lance dans une chorégraphie forcenée, kilt tournoyant autour du mollet, aiguisé comme une lame. Il s’emballe et se cabre et passe au crible grimaces, et contorsions (notez l’ironique diérèse) Je vous vois accabler un homme de caresses / Et témoigner pour lui les dernières tendresses (...) Et quand je vous demande après quel est cet homme / A peine pouvez-vous dire comme il se nomme !

C’est à la politesse forcée, à la précaution factice qu’il s’en prend. A quoi sert donc de ménager son semblable quand on sait que sous le masque et les perruques, sous les rubans et les dentelles, il n’est qu’un loup, fourbe et carnassier ? « Should I stay or should I go » ! Cet Alceste-là (éblouissant Nicolas BOUCHAUD) condamne en bloc la nature humaine, (oui, j’ai conçu pour elle une effroyable haine) et fulmine et crache le feu... Pour marquer son territoire, cet enragé provoque, avance vers la salle, jette sur le spectateur des braises de confettis : Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville / Ne m’offrent rien qu’objets à m’échauffer la bile. Et le spectateur se dit dès l’acte 1, qu’il ne fera plus long feu sur cette scène ravagée.

Il n’a plus rien à faire là et donne l’impression d’étouffer. Et pourtant il reste ! Il reste et attire toute l’attention, écume, tape le sol à coups de sabots, martel en tête. Energie, souffle, rugissement, salive, transpiration... Il a quelque chose du reptilien qui veut marquer son territoire. Face au dragon, Philinte s’enfonce, courbe l’échine, roule des yeux, fait des mines. Alceste bouillonne, gronde, plante les pieds et le bas de sa veste comme une carapace dans le sol meuble. Il sait que l’amour le tient écartelé entre deux mondes et qu’il est un monstre dans un magasin de vanités. Car il suffit que la maitresse de son cœur paraisse sur scène pour que le vernis et la poudre de la mondanité entrent en bouffée.

Finie la musique des Clash. La musique classique apaise la bête, adoucit les mœurs et remet le « clash » à un peu plus tard. Une servante aux grandes couettes balaie l’espace et fait voler les confettis. Miracle du baroque, il neige sur le plateau des flocons blancs, des paillettes et des globes comme des bulles de savon. Les airs de Vivaldi ou de Mozart parviendront-ils à laisser voltiger les mots dans le salon de la courtisane ? Le duo amoureux très chorégraphié de Philinte et d’Eliante, va-t-il imposer sa grâce à la comédie ? Les chaises renversées aux pattes détournées sont devenues des lustres éclatants. Elles tâchent d’asseoir une cour éphémère qui vient brutalement se repaître de mots et de grimaces chez la meneuse du bal.

Chez Célimène, c’est un peu la cour de la « Reine Soleil » qui fait tourner son éventail : marquis poudrés, maquillés, longue tignasse d’Oronte et carrosse éclairé de la prude Arsinoé dont les chevaux s’ébrouent à quelques pas... (Le « maître de cérémonie » n’est pas loin), Oronte a ses entrées à la cour, Arsinoé connaît des gens influents, tout pourrait fonctionner à merveille à condition d’y mettre un peu de mines et de ronds de jambes.

En ces temps de trouble, Molière le sait bien, lui qui doit constamment songer à soigner son image auprès du Roi... Son tempérament d’artiste l’incline à refuser toute compromission, il est Alceste. Mais il ne peut éliminer le Philinte qui est en lui. Alors il va au bout de lui-même. Et cette mise en scène montre l’amplitude du défi. La bataille fait rage, et elle est intemporelle. Alceste enrage, Alceste s’indigne contre tous les bouffons champions de la manipulation. Il brandit un journal : quel est l’imposteur ? Silvio BERLUSCONI ! D’autres noms viennent à l’esprit du spectateur et ce jeu de scène imaginé par SIVADIER illustre combien le texte de MOLIERE résonne encore étrangement en ce début de 21° siècle ! Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode / Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode / Et je ne hais rien tant que les contorsions / De tous ces faiseurs de protestations / Ces affables donneurs d’embrassades frivoles / Ces obligeants diseurs d’inutiles paroles...

Au fil des actes, Alceste, qui attend toujours de se retrouver seul avec Célimène, provoque ses adversaires et fait sauter la glace et les dorures. La scène redevient vite un terrain miné, un ring où s’affrontent des hommes et des femmes enveloppés dans des costumes éphémères et dérisoires, mimant l’humanité. A l’acte 2, assis sur le banc de Célimène, comme des vautours empanachés, les affables marquis ne parviennent à roucouler que dans l’autosuffisance et la médisance. En présence de sa meute, Célimène sait comment les affamer... Elle a la gouaille rieuse de la hyène et, au détour d’un alexandrin, saute dans le fossé et lance un discours désarticulé qui a pour vocation d’imiter les grognements râleurs de son amant. Seuls l’un en face de l’autre au début de l’acte 3, Acaste et Clitandre ont tombé la perruque et le costume. Ils s’affichent en boxers et bas montant « jusques en haut des cuisses ! ») pour finalement s’affronter dans une sorte de lutte gréco-romaine, qui figure autrement le « crêpage de chignon » entre Arsinoé et Célimène. Si elles ne se battent pas, les deux femmes sortent les griffes, font feuler l’alexandrin.

Poussé dans ces retranchements, Philinte confie à son tour : Et mon esprit enfin n’est pas plus offensé / De voir un homme fourbe, injuste, intéressé / Que de voir des vautours affamés de carnage / Des singes malfaisants et des loups pleins de rage. Grincements, hurlements, grognements, glapissements, rugissements, râles... Alceste est un fauve blessé qui espère encore emporter sa femelle loin du cirque des humains (sur cette scène composite, les comédiens disposent même d’un tambour et de cymbales pour scander, frapper, marteler...) Mais, malgré ses moments de laisser-aller, la main de Célimène reste bien trop délicate... Elle préfère le gant de dentelle de la courtoisie au cuir du vieux sanglier qui veut l’entraîner en son désert. Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge ! Puisque entre humains ainsi vous vivez en vrais loups / Traitres vous ne m’aurez de ma vie avec vous.

La pièce s’achève. Les confettis ont à nouveau envahi l’espace et recouvert le sol. Alceste retrouve le balai de l’acte 2. Il a vidé sa bile. Le dos rond, il trace une piste sur la scène, il ne dit plus rien, mais l’échine tremble encore. Le vieux sanglier se met à courir, à courir et à souffler, de plus en plus vite dans l’obscurité qui tombe, loin de la lave incandescente d’une passion qui a commencé de s’éteindre.

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De Baudelaire à Gainsbourg

Publié le par Eric Bertrand

La référence à Baudelaire travaille l’univers de Serge Gainsbourg et notamment les premiers textes (les plus achevés littérairement...) Immédiatement viennent à l’esprit, pour qui connaît un peu l’univers baudelairien, les admirables « Couleur café » ou « Initials BB », dont les musiques et les rythmes soulignent et accentuent le retentissement.

Un jour, au concours de l’Eurovision, on se souvient peut-être aussi de la sensualité d’une certaine Joëlle Ursul, nouvelle mulâtresse, interprète de « White and black blues » écrit par un Gainsbourg Pygmalion. Il y a aussi, dans les premiers albums, une chanson intitulée « Baudelaire » qui reprend le fameux « serpent qui danse ». Tout Baudelaire est dans cette danse des sens, dans cette espèce de disque de la Beauté platine dont le support vinyl était la plus exacte des correspondances.

On trouve, du reste, le mot fameux mot baudelairien de « correspondances » dans l’une des premières chansons de Gainsbourg : « le Poinçonneur des Lilas ». Le texte explore, à sa façon, l’intimité d’un employé de métro assommé par la tâche « des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous ». Le seul espace de liberté qui lui reste, c’est, « sous son ciel de faïence », de « voir briller les correspondances ». Cette première charge baudelairienne amorce aussi, dans l’œuvre de Gainsbourg, toute la thématique du voyage et du « scenic railway »...

Dans le contexte déprimant de la réalité quotidienne, le spleen menace de toutes parts. L’Idéal, (le Ciel sous la faïence !), est ailleurs. Au-delà de l’artifice, au-delà de l’Ennui, accessible uniquement par la grâce conjuguée du paradis artificiel et de la sensualité... Il faut réécouter, rien que pour le plaisir, le texte moins connu intitulé « l’alcool ». Le chanteur s’exprime à la place d’un malheureux aux prises avec les tourments de ses illusions. « Mes illusions donnent sur la cour / Des horizons, j’en ai pas lourd / Quand j’ai bossé toute la journée / Il ne me reste plus pour bosser / que les fleurs horribles de ma chambre... ». Notons bien ces « fleurs », pétales sans doute arrachées aux « Fleurs du Mal ». Le texte construit un double itinéraire : celui de la réalité et celui du rêve. « Dans les troquets du faubourg j’ai des ardoises de rêveries (...) et dans les vapeurs de l’alcool, je vois mes châteaux espagnols » L’immonde dans lequel « survit » son personnage cède soudain la place au merveilleux : « J’oublie ma chambre au fond d’la cour / Le train de banlieue au petit jour » : l’alcoolique « au regard morne, aux mains dégueulasses », change soudain de vie, s’évade, se métamorphose.

Dans toute la chanson, le contraste entre les deux vies, les deux silhouettes et les deux horizons reproduit à sa façon les lignes d’un poème en prose du Spleen de Paris intitulé « la Chambre double ». « Une chambre qui ressemble à une rêverie... Sur le lit est couchée l’Idole, la souveraine des rêves » L’unique objectif du poète, allongé dans sa chambre, est également celui d’échapper au sordide et de retrouver le vertige qui le met au contact direct de l’Idéal. « Horreur ! Je me souviens ! Oui, ce taudis, ce séjour de l’éternel ennui (...) Dans ce monde étroit, mais plein de dégoût, un seul objet connu me sourit : la fiole de laudanum ». Le « fumeur d’opium » qu’est aussi Baudelaire ne se grise aux visions de « la souveraine des rêves, la sylphide », qu’à condition qu’il parvienne à vaincre le Temps et le « hideux vieillard » qui est en lui.

Dans ce sens, le personnage de « l’alcool » écrit, à sa façon, « le poème du haschich ». Il est, chez Gainsbourg, cousin de celui qui, dans la chanson « Initials BB », « se morfond dans quelque pub anglais du cœur de Londres ». Par la vertu de « l’eau de Selz », il voit tout à coup émerger au-dessus de son verre, une créature splendide dont les grelots, « les clochettes d’argent de ses poignets » sont liés aux fantasmes baudelairiens des bijoux, de la peau mate et de la senteur. « La très chère était nue et connaissant mon cœur / Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores / Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur / Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures ». La créature du fond du verre a pris les traits de BB en ces années 60 où la star tentatrice du cinéma français donne envie aux créateurs de reparcourir tous les mythes...

Le « parfum exotique » de « l’essence de Guerlain dans les cheveux » enivre le poète et l’amène jusqu’à la légendaire Alméria : « agitant ses grelots / Elle avança / Et prononça ce mot / Almeria ». Chevelure, parfum, bijoux, mouvement, tous les ingrédients de l’extase baudelairienne sont favorisés par les vapeurs de l’eau de Selz. La retentissante entrée en matière de la porteuse de « médailles d’imperator » favorise le départ vers un port de nature à la fois exotique et érotique : limite extrême où le vice et le calcul guident le regard halluciné du buveur vers l’embouchure du haut des cuisses : « jusques en haut des cuisses elle est bottée, et c’est comme un calice à sa beauté »... La comparaison audacieuse, sacrilège, a le mérite de combiner à la fois les sensations olfactives, gustatives, visuelles, et auditives. C’est dans le calice tendu par cette beauté païenne qu’éclôt une véritable « fleur du mal », souveraine et dominatrice, et mettant à genoux ces deux adorateurs de la Beauté éternelle, réunis par la magie de l’Art. « Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur / Ce monde rayonnant de métal et de pierre / Me ravit en extase et j’aime avec fureur / Les choses où le son se mêle à la lumière »

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Gainsbourg et la musique classique

Publié le par Eric Bertrand

La musique classique occupe une place importante dans l'oeuvre de Serge, et de la même façon que les écrivains ont imprégné ses textes, les airs classiques inondent de nombreuses mélodie. Et c'est un bonheur de circuler des uns aux autres. C'est ce que le conservatoire de La Rochelle propose mercredi prochain. J'aurai l'occasion de tenir un stand pour présenter "ma Rue de Verneuil". Le classique y tient également sa place, témoin cet extrait de l'épilogue :
"Elle eut envie de mettre un CD. Brahms, symphonie n°3 en fa majeur... « Baby alone in Babylone ». Elle se leva. Ses jambes en coton... Ambiance veloutée, mélancolique. Se dirigea vers la fenêtre. Un beau clair de lune s’était levé, un clair de lune argenté comme dans les films d’amour ou les contes des mille et une nuits. L’ambulance passa finalement en hurlant sur le boulevard tout proche. « C’est le Sunset Boulevard qui serpente dans le noir »... Un groupe de jeunes filles de son immeuble stationnait en bas. Le timbre de leurs voix grêles montait dans l’air léger. Elles s’amusaient beaucoup, insouciantes, frivoles, un peu éméchées sans doute. Judith pouvait distinguer leurs visages."
Gainsbourg et la musique classique

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Première ce soir !

Publié le par Eric Bertrand

Acte 1 de la pièce ce soir sur la scène de la Maison des Etudiants, dans le cadre du festival MIMESIS...

Première ce soir !

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