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Quelques mots au sujet de la rentrée au lycée

Publié le par Eric Bertrand

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              La rentrée est derrière et, bien que ce ne soit pas l’obbjet de ce blog, je tiens à donner quelques « nouvelles » à ceux qui se demandent comment s’est opéré ce changement de cap vers le lycée. En cela « l’Organisme » fait date et je suis content de l’avoir écrit tant qu’il était encore temps !

              Au bout de quatre ans de collège, j’avais oublié le plaisir du silence dans les couloirs, le plaisir de cette atmosphère paisible où les groupes circulent en discutant parfois des cours et parfois des livres. Je n’angélise pas le tableau ! Je redécouvre ce que j’ai toujours aimé. Ces interventions mesurées dans les salles, ces cours qu’il faut faire prendre en notes, ces élèves parfois interloqués par les surprises de la Littérature...

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« Les Ritals » (8/8) : Les habits du dimanche

Publié le par Eric Bertrand

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               Une institution chez Cavanna !

               C’est la fin de semaine. Tu as remisé la caisse à fourbi. Le vélo du travail est accroché au clou. La retraite est proche. Tu t’es offert un beau vélo de course et tu le sors le dimanche pour partir dans de longues expéditions solitaires ou en club dont tu reviens vers midi et demi, tonitruant et la tête chargée de mini exploits. Tu es, l’espace de cinq minutes, la frénésie de l’effort aidant, une espèce d’Homére italien, multipliant les foudres et les épithètes.

                 Puis tu ranges le vélo, tu te passes le gant sur la figure. Tu mets la chemise blanche, le pantalon à plis bien repassé. Celui qui n’a pas les grandes poches... Des boutons de manchettes dorés. Il est temps de passer à table. Tu es redevenu calme, mesuré, élégant. L’après-midi, tu sortiras en ville, tu marcheras doucement dans les rues avec l’air posé d’un grand monsieur. Parfois tu te reposeras sur les murettes pour en apprécier les arêtes et la qualité du ciment.

                 Et tu seras grand de savourer la légèreté du temps qui passe, la saveur des fruits et des fleurs, la délicieuse mélancolie de la vie dont tu sais qu’elle n’a qu’un temps.

 

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« Les Ritals » (7/8) : « Porca madona et ecco »

Publié le par Eric Bertrand

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              Il y a chez toi une « mécanique interne » du langage italien. Tu nous parles avec cet accent que retranscrit si bien le livre de Cavanna. Et puis il y a des mots, des expressions qui reviennent dans le texte et que j’entends encore du fond de ma mémoire. « Porca madona ! »... Tu fulmines parce que tu viens de renverser un verre sur la nappe, parce que tu n’arrives pas à remonter la chaine sur le dérailleur, parce que tu as fait tomber un bibelot...

               L’horloge se dérègle, l’horloge s’affole. Tu n’es pas agressif mais tu lances cette ritournelle des jurons qui va dans tous les sens, « porco dio », « dio bestia », « porca madona » ! C’est presque une comptine ! Nous ne comprenons pas, mais ça nous fait bien rire mon cousin et moi.

               Ça finit par s’apaiser et ça t’a fait du bien. Les choses rentrent dans l’ordre. C’est le tic tac interne de l’horloge qui tourne rond, « ecco ! ». Tout va bien, le monde est ordonné, tu relèves la tête, tu nous vois rire, tu ris avec nous.

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« Les Ritals » (6/8) : Les ongles bien polis

Publié le par Eric Bertrand

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              Cavanna signale les ongles bien coupés de son père...

              Les yeux tout bleus, parfois presque violets, la toilette élégante, des airs de Liz Taylor qu’elle cultive, ta femme a toujours eu du succès et passe pour une star de cinéma auprès des copains du chantier.

             Tu en es fier. Tu la vois toujours « se  faire les ongles » et se maquiller dans la glace. Est-ce un effet de mimétisme, mais toi qui as aussi le sens de l’esthétique, tu passes la lime sous tes ongles. Tes doigts sont blanchis par le contact de la pierre et le travail de la truelle. Tu ne supportes pas d’avoir les mains sales. Elles sont grosses, presque carrées.

             Tu passes de longues minutes à les laver à l’intérieur d’une grosse bassine en plastique. Le savon de Marseille filtre sous la peau, nettoie les impuretés. Tes mains sont rouges, presque frippées quand tu les sors de l’eau chaude. Tu tournes la serviette bien autour, vigoureuse, on dirait une peau de lapin écorché, tu te frottes le haut des oreilles, fais rebiquer les petits cheveux.

              La serviette est humide, tu la déposes sur le bord de la fenêtre, ton observatoire. Tu vas t’accouder dessus. Tu fermes les poings. Derrière tes épaules, chauffe la soupe du soir, et quand je suis en vacances, c’est du cacao que ma grand-mère met à chauffer pour le rendre plus onctueux. Tu écoutes les bruits de la maison et les bruits de la rue, tu es bien.

 

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« Les Ritals » (5/8) : La pêche bien épluchée et sculptée

Publié le par Eric Bertrand

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                 Comme le père Cavanna, tu as toujours les poches pleines et les objets que tu retires sont la plupart du temps briqués, polis... Tu aimes les choses façonnées, c’est le métier qui veut ça et peut-être un tempérament plutôt maniaque.

                Comme la mer récurre les coquillages, les bois, les cailloux qu’elle dépose sur les plages, toi, avec ton doigt en récif, tu astiques et lacères ce que tu trouves. Tu aimes les fruits à noyaux, les abricots, les cerises, les pêches surtout. Tu apprécies les lignes veinées et sculptées du noyau.

                Tu grignotes les coins, tu tires les derniers fils de la pulpe. Je te soupçonne d’aller jusqu’à les passer sous l’eau douce. Sur la grande plage de ta main, tu les grattes avec ton ongle, tu les polis pour leur faire rejoindre les petits objets d’art en collection dans tes poches, ces grottes domestiques.

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