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« La Beauté du Monde » de Michel Le Bris

Publié le par Eric Bertrand

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                  Le destin particulier de la future Osa Johnson emportée dans une série d’aventures dans le monde à la suite de son mari qui a pris Jack London pour modèle. Le destin de cette femme est rapporté par un « ghostwriter », une certaine Wennie, originaire de la même ville que la prestigieuse Osa dont elle découvre les différentes facettes.

                  A leur retour de la jungle de Bornéo, New York est méconnaissable. La guerre a eu lieu et ils ignorent tout de ce nouveau monde au point de se demander s’ils vont trouver des amateurs de leurs films de cannibales. Une  frénésie s’est emparée de New York avec ses « flappers » à l’image de Zelda qui commence à faire parler d’elle, ses cabarets où se ruent tous les fantasmes du sexe et de la transgression, exemple du Ziegfeld Follies, préférant New-York à Paris et une jeune actrice délurée à la célèbre Mistinguett... New York surnommée « la Grande Voie blanche » sous l’effet des sun-lights permanents.

                   Ainsi commence le bel ouvrage de Michel Le Bris (que j’ai souvent cotoyé au Festival « Etonnants voyageurs » de Saint-Malo), ouvrage qui peut aussi se lire comme une encyclopédie du monde américain au début du XX° siècle. Ouvrage dans lequel je picore...

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Jean-Claude Carrière à La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

                  Alors que chacun prépare secrêtement ce temps offert des vacances, (et que cette « saison du blog » touche à sa fin) je voudrais vous faire partager un peu du plaisir intellectuel ressenti hier au cours de la visite de l’expo que la médiathèque de La Rochelle consacre en ce moment à l’écrivain Jean-Claude Carrière à l’occasion de sa venue dans le cadre du Festival de cinéma.

                 Jean-Claude Carrière, c’est d’abord, pour beaucoup de profs de lettres, l’auteur de la fameuse Controverse de Valladolid si bien incarnée par de grands comédiens comme jean-Pierre Marielle et Jean-Louis Trintignant. C’est aussi un homme de cinéma qui s’est associé à de grands réalisateurs pour tourner des films comme « Cyrano de Bergerac »... Mais c’est avant tout un homme passionnant à écouter parler car sa culture est immense et soutenue pas une réflexion mature et curieuse de tout. Un document tournait en boucle et restituait l’émission que lui avait consacrée Jacques Chancel.

                 J’ai pu en saisir quelques bribes, notamment lorsque Jean-Claude Carrière évoquait ce beau récit d’origine persane qui raconte comment un philosophe arrivé à la fin de « son parcours de vie » espère, son heure dernière arrivée, rencontrer son dieu. Il se trouve alors confronté à un grand miroir, et ce miroir lui donne à voir un oiseau. « Cet oiseau de vie », lui dit une voix, c’est lui-même... Ce qu’il est parvenu à réaliser au cours de sa vie d’homme. Jean-Claude Carrière explique que peuvent aussi apparaître dans ce miroir plusieurs oiseaux de vie, car il ne faut jamais considérer qu’un être vivant soit dissociable de la communauté qui l’accompagne. Tout être humain est en effet le résultat de particules spécifiques qui ne cessent d’entrer en intéraction avec un milieu, un temps et une communauté donnés, (ce qui fait que jamais un être ne pourra être cloné et reproduit à l’identique dans son propre devenir). En citant Shakespeare et en répondant à une astucieuse question de Jacques Chancel, il affirme que « la vraie vie » : « c’est la sensation, le chaud, le mouvement »...

                Tout est là, essayez « chaudement » votre « chemin de vie », entrez en mouvement, déployez vos organes sensoriels et... trouvez votre oiseau  (vos »oiseaux de vie ») et passez de bonnes vacances ! (Eventuellement, lisez Jean-Claude Carrière !)

 

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« Rouge Brésil » de Jean-Christophe Rufin : le point de départ

Publié le par Eric Bertrand

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               Nous sommes au milieu de l’année 1555. Comment pénétrer plus profondément la terre du Brésil et fonder une « nouvelle France » ? C’est la question posée par le chevalier de Villegagnon au début de cet ouvrage de Jean-Christophe Rufin. Il faudrait des interprètes auprès des sauvages comme celui dont Montaigne parle dans ses Essais : ce « cannibale » a été ramené d’Amérique, a servi d’attraction et, depuis qu’il s’est « installé » dans le « Nouveau Monde », il refuse de repartir là-bas dans son pays, quelle que soit la mission proposée.

               Alors il faudrait envoyer des enfants. Personne n’a, comme les enfants, le génie des langues. Ils serviront remarquablement bien la propagation de la mission occidentale. Les deux héros du roman sont donc des enfants orphelins que le lecteur va suivre, deux enfants de 11 et 13 ans intimement unis, Just et Colombe...

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Un film promotion pour la ville de Nantes

Publié le par Eric Bertrand

 

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                  Tout ce qui touche Nantes ou La Rochelle m’intéresse particulièrement en ce moment où je suis dans la phase définitive de mon livre et où je peux prétendre, sans fausse modestie, en connaître un rayon sur ces deux villes et en avoir parcouru « quelques kilomètres »...

                  Voici par exemple un petit film produit par la ville de Nantes et qui présente, malgré son caractère un peu surprenant et délibérément burlesque, l’intérêt de focaliser sur certains points forts de la « culture » et de « l’espace » nantais actuels.

 

http://www.levoyageanantes.fr/

 

 

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"Fort comme la mort" : Maupassant

Publié le par Eric Bertrand

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Comme le titre l’indique la mort n’est-elle pas l’héroïne éponyme de ce roman encore une fois très sombre de Maupassant ? Le peintre Olivier Bertin est pourtant une force de la nature, doué à la fois d’un tempérament artiste, d’une puissance de sensation et d’un pouvoir de séduction irrésistible. Mais il arrive à une période critique...

                 Le début de sa relation avec l’un de ses modèles, la comtesse de Guilleroy, est relatée avec précision. A l’origine, la jeune femme est belle, vertueuse, passionnée et finit par lui accorder ses faveurs à un âge où il sent qu’il n’a déjà plus la force de changer de maîtresse aussi rapidement. Et puis Mme de Guilleroy n’est pas une lorette, son âme est délicate et il ressent pour elle une infinie tendresse. Cette Any a une petite fille âgée de 5-6 ans qui l’accompagne quelquefois...

                  Les années passant, Olivier Bertin se sent de plus en plus attiré par cette fille de la comtesse : Annette… Douze ans plus tard, la jeune fille le trouble même profondément dans la mesure où sa ressemblance lui rappelle à tous les niveaux la mère. Même voix, même taille, même démarche. « Bertin sentit en lui s’éveiller des souvenirs, ces souvenirs disparus, noyés dans l’oubli et qui soudain reviennent, on ne sait pourquoi. Ils surgissaient rapides, de toutes sortes, si nombreux en même temps qu’il éprouvait la sensation d’une main remuant la vase de sa mémoire. » 

                   La métaphore « la vase de la mémoire » renvoie bien à cette idée de petite mort que soulèvent toutes les occasions de réminiscences que sollicitent dans le souvenir de l’ancien séducteur les diverses sensations (p84).

                   La phase de rivalité gentille entre la mère et la fille ne dure pas bien longtemps car un événement vient précipiter les choses : la mort de la mère de Mme de Guilleroy. Chagrin, épreuve, fatigue, elle n’est plus la même en quelques semaines alors qu’Annette a gagné en maturité et dignité. Le peintre reconnaît en elle le portrait qu’il a réalisé 15 ans plus tôt... C’est alors un peu l’histoire du portrait de Dorian Gray qui se joue cruellement entre la mère et la fille et, impitoyablement à ce moment du livre, la descente infernale vers le destin impitoyable auquel Maupassant mène immanquablement ses personnages.  

 

 

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