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Rendez-vous à l’Hôtel Fleuriau, La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

Fleuriau [1600x1200]

 

                Dans le cadre de mon travail sur la Rochelle, nous avons eu la chance lundi soir d’assister à une petite animation autour de « Aimé-Benjamin Fleuriau » et de sa famille organisée par l’équipe du syndicat d’initiative de La Rochelle.

                 Le principe est le suivant : Mr Fleuriau « reçoit » en son hôtel particulier une trentaine de ses amis qui, sur présentation d’un « sauf-conduit » (obtenu à l’office de tourisme) ont la chance de pénétrer dans les salles majestueuses de l’une des plus belles demeures construites au XVIII° siècle à La Rochelle. D’y être reçu avec courtoisie et d’écouter le discours généreux de ce Mr Fleuriau (il a sa rue à La Rochelle, et son hôtel porte à présent le nom de « musée du Nouveau-Monde ») qui a tendance à raconter sa vie, et c’est bien cela que l’on veut entendre !

                 Mr Fleuriau est un homme cultivé qui connaît l’art d’entretenir ses hôtes et toute sa maison est « tenue » pour cela. Son domestique, sa femme, ses filles... C’est un mondain, qui reçoit de façon impromptue Mr le Maire, qui disserte avec lui et son épouse au sujet des philosophes et des problèmes moraux que pose la pratique de la traite d’esclaves... Car Fleuriau, fils d’un raffineur rochelais ruiné, s’est lancé dans sa jeunesse le défi de refaire la fortune du père. La seule chance de réaliser son pari a été de prendre la mer et de partir à l’aventure pour l’ile de Saint-Domingue où un oncle à lui travaillait dans un domaine d’exploitation de canne à sucre. C’est là qu’il a pris la succession et qu’il a exploité le commerce du « bois d’ébène »... Système très rémunérateur dont il a su « abuser » puisqu’au bout d’une vingtaine d’années il est revenu à La Rochelle et s’est acheté ce bel hôtel particulier, s’est marié, a fondé une famille (bien qu’il ait eu déjà à Saint-Domingue onze enfants avec une « indigène » dont sa jeune épouse de plus de vingt ans sa cadette ne cesse de se moquer). Le temps de la prospérité est revenu dans la maison Fleuriau.

                  Lorsque ses visiteurs arrivent sur le seuil, Aimé-Benjamin cesse de jouer du clavecin, accueille, fait offrir du chocolat, montre ses peintures, tapisseries, parquets, horloges, présente ses deux filles occupées à lire, son épouse occupée de philosophie et aimant (un peu trop à son goût) la discussion, fait conduire dans quelques-unes des nombreuses pièces, puis conclut la promenade par une petite pièce musicale jouée dans le jardin (troublée malgré tout par le passage de carosses un peu volumineux). On entre en plein jour par la rue Fleuriau. Après le moment de harpe, devant l’hôtel légèrement éclairé, on passe dans la rue Gargoulleau, et c’et un ravissement qui se prolonge dans la rue blanchie par le soleil couchant.

 

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« Vipère au poing » d’Hervé Bazin

Publié le par Eric Bertrand

             Ce livre constitue une belle autobiographie qui explique par quels détours l’auteur s’est construit contre sa mère et a su dépasser sa haine pour cette « Folle Cochonne » contre laquelle il n’a de cesse de vouloir se dresser du temps de son adolescence.

             Tout commence à la mort de la grand-mère qui élevait les trois « petits anges » en toute sérénité et leur inculquait des valeurs de paix et de charité. Mais au moment du retour des parents d’Indochine, tout va changer. « Grand-mère mourut. Ma mère parut. Et ce récit devient drame ». La mère impose aussitôt à l’ensemble de la communauté des Réseau un règlement drastique qui n’admet aucun répit. (Voir p45-46) Heureusement pour les frères, il y a autour d’eux des individus plus tendres ou compréhensifs : le père, dominé par sa femme, la gouvernante, le curé qui leur sert aussi de précepteur.Et nous voici réunis, tous les cinq, réunis afin de jouer le premier épisode de ce film à prétentions tragiques, qui pourrait s’intituler : « Atrides en gilet de flanelle »

              Alors, progressivement, Folcoche élargit son règne en écartant ces « opposants ». La vie en famille est le théâtre de la confrontation permanente : sans relâche, la mère aiguise son autorité et, sans désemparer, les enfants tentent de la contrer. « Jouer avec le feu, manier délicatement la vipère, n’était-ce point depuis longtemps ma joie favorite ? Folcoche m’était devenue indispensable comme la rente du mutilé qui vit de sa blessure. » C’est l’escalade dans la gravité des incidents, jusqu’au moment où le narrateur est obligé de fuguer pour éviter la maison de redressement. Recueilli par ses grands-parents paternels, il commence à comprendre pourquoi sa mère a agi ainsi. C’est le début de sa « reconstruction » et de cet hommage indirect qu’il est en mesure de lui rendre à la fin de l’ouvrage quand il reconnaît le « legs » (p235) : « Cette vipère, je la brandis, je la secoue, je m’avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public, faisant le vide autour de moi.Merci, ma mère ! Je suis celui qui marche, une vipère au poing ».

 

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Avant-propos du site sur La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

La Rochelle Toussaint (8) [1600x1200]

                Voici comme indiqué hier l’avant-propos du projet de site web sur La Rochelle... Evénement à suivre dans les jours à venir !

 

Les rues d’une ville (« plis sinueux des vieilles capitales » écrit Baudelaire, bruissent d’une fascinante rumeur. Dans un écrit peu connu : « Facino cane », Balzac préconisait pour le chercheur d’idées, l’amateur de portraits, le dénicheur d’intrigues et d’histoires, une errance prolongée dans les rues des villes.

                 C’est, de fait, à ce type d’« errance prolongée » dans les rues de La Rochelle que je convie le visiteur (et le lecteur) de ce site... Afin de l’aider à découvrir autrement cette ville chargée d’histoire, je lui propose d’aiguiser son esprit et sa sensibilité à travers une promenade au fil des noms de rues. Chacune d’elles ouvre une porte vers le passé et entre en résonance avec un texte littéraire qu’il est bon de ressusciter : certains mots, certains textes évoquent aussi des souvenirs, ne serait-ce que scolaires... Les voix de grands auteurs comme Hugo, Maupassant, Flaubert, Villon, Verlaine, Simenon, Baudelaire, Rimbaud, Proust, Voltaire, Montesquieu, bien d’autres encore, accompagneront ainsi cette déambulation à travers le temps et les images intimes. 

                Par ailleurs, cette enquête révèle les pistes documentaires dont toute œuvre littéraire se nourrit avant la réalisation finale. Puisse le visiteur prendre plaisir à la découverte et manifester en retour sa curiosité pour la fiction intitulée « De Nantes à La Rochelle sur un nuage » dont la publication est prévue prochainement.

 

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Le premier volet de l’œuvre sur La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

 

Hub et Babou (9) [1600x1200]

                   Profitant de cette période d’entre-deux que favorise le temps des examens, des surveillances et de la disparition des cours, j’ai accompli ces derniers jours un énorme travail dont je suis satisfait. C’est ce que j’appelle mes « périodes embuscade ». Il y a sur mes brouillons un « charriot » bien rempli et je tombe dessus pour m’en emparer et en tirer parti…

                   Où en sommes-nous ? L’idée est simple : l’ouvrage va se diviser en deux blocs, un premier bloc plutôt « documentaire » qui permettra au visiteur à La Rochelle de mieux s’orienter dans la ville et d’en savourer la richesse (grâce à un guide littéraire et historique) et un second « bloc » fondé sur la fiction.

                    Le gros travail de recherche documentaire effectué ces dernières semaines notamment à la bibliothèque m’a permis de considérablement enrichir la matière de la première partie. Une fiction ne peut (sans risquer la lourdeur) s’embarrasser d’une telle matière. Par contre, tous ces éléments sont précieux pour l’information du touriste. C’est pourquoi, en y réfléchissant avec Jenny, nous avons eu l’idée de réaliser un site internet sur La Rochelle.

                    Une fois les difficultés techniques liées à la réalisation, d’un site muni d’un plan et de photos, je peux annoncer dès aujourd’hui au lecteur la publication de mon travail via un nouveau support : internet. Je publie demain l’avant-propos de ce site afin de mieux présenter l’idée au lecteur.

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Pot et mot de départ

Publié le par Eric Bertrand

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                  C’était hier le fameux « pot de départ » de fin d’année. Deux collègues partent en retraite et je mute au lycée. Grand moment d’émotion et d’amitié pour tourner la page... Cadeaux, confidences, bilans et puis échange de discours. J’avais préparé un petit mot, le voici...

 

                  Mon vieux fonds de lecteur de Racine ou peut-être un soupçon de complexe vaguement oedipien (je lorgne de côté de mes collègues de lettres classiques) est sans doute à la base du sentiment de trahison qui m’accompagne en ce moment... Oui, c’est comme si, au bout de quatre ans de campagne, de siège instable, je désertais enfin la place (et là je lorgne de côté de mes collègues d’histoire)

                  Néanmoins (là, c’est l’incorrigible lecteur de Hugo qui parle), j’ai la certitude d’avoir vécu entre ces murs des expériences fortes, des expériences rudes, des expériences de glorieuse ténèbres (le mot hugolien est lâché) qui m’ont enrichi. D’avoir également côtoyé un cercle d’initiés au muscle ferme, au regard lucide et visionnaire.

                   Là où je vais, rappelons-le, c’est à deux pas, je ne pourrai continuer le travail des consciences de nos « chères têtes blondes » un peu moins écervelées sans voir passer sur le front inquiet des ex-troisièmes de Beauregard un peu de cette « pâte éclairée », de cette matière brute que vous avez tâché de travailler, de découvrir ou d’inventer, cher collègue chercheur d’or sans jamais renoncer, parfois dans la poussière et parfois dans la boue, les pieds dans le ruisseau et la tête dans les étoiles

 

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