Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Dosette de lecture n°161 : William Golding : « Sa Majesté des mouches », des mouches qui donnent le bourdon à l’Éden…

Publié le par Eric Bertrand

        Quel beau rêve qu’une île déserte offerte à une troupe d’adolescents naufragés qui se retrouvent là, sans adultes et prêts à refaire le monde ! C’est le scénario qu’imagine William Golding au début de son roman « Sa Majesté des Mouches » à lire comme une fable.

Les enfants sont donc seuls à bord ! Mais « le vert paradis des amours enfantines » rêvé par Baudelaire semble bien loin. En effet, comment cette micro-société de jeunes Robinson à la tête brûlée va-t-elle pouvoir cultiver son jardin d’Éden ? Et surtout, va-t-elle parvenir à échapper à ces mauvaises graines que les adultes lui ont légué en héritage ?

 

Dosette de lecture n°161 : William Golding : « Sa Majesté des mouches », des mouches qui donnent le bourdon à l’Éden…

Voir les commentaires

Dosette de lecture n°160 : Luis Sepulveda : « Le Vieux qui lisait des romans d’amour. » Les venins de la civilisation.

Publié le par Eric Bertrand

Comment peut-on être à la fois un lecteur de romans d’amour et un grand connaisseur de la jungle amazonienne ? L’auteur de ce roman a passé de nombreuses années en compagnie des Indiens chuars qui vivent dans la forêt en marge de la civilisation et qui en connaissent tous les secrets pour survivre et s’y épanouir, loin des nuisances de l’homme blanc.

Au début de l’histoire, un chasseur blanc est ramené mort au village, le corps mutilé par de nombreuses blessures et « puant la pisse de chat ». Le maire, qui tient un discours de colonialiste accuse immédiatement « les sauvages » de la forêt ; mais « le vieux », Antonio José Bolivar, interprète tout de suite le sens du drame et réoriente les recherches du côté du jaguar que les chasseurs ont forcément provoqué en tuant ses petits.

L’expédition qui est alors menée en compagnie du vieux, donne au lecteur l’accès à une aventure initiatique, à la fois philosophique et écologique dans les profondeurs de la jungle où jouent avec les ténèbres les ouistitis, les serpents crotales, les bêtes fauves, les moustiques envenimés et les silures perroquets dont la force est aveugle et brutale.

Seule une connaissance approfondie du milieu et un respect authentique de la faune et de l’environnement peuvent protéger un homme qui n’a cessé de s’augmenter depuis sa jeunesse et qui possède « l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse » parce qu’il sait lire.

 

Dosette de lecture n°160 : Luis Sepulveda : « Le Vieux qui lisait des romans d’amour. » Les venins de la civilisation.

Voir les commentaires

Quand Platon voit briller le Capitole...

Publié le par Eric Bertrand

Sous un ciel sans climat, le Soleil (si cher à Platon) brillerait-il plus fort sur le green ou sur la parade ? Enverrait-il mieux ses rayons bienfaisants sur une Palestine réinventée en Riviera ? Fondrait-il davantage les glaces du Groënland ? Fouillerait-il plus profondément les terres rares d’Ukraine ? Réchaufferait-il encore un 51° État d’Amérique et finirait-il même par illuminer le fond des océans ? Au bout du compte, toute la dorure et le faste du Capitole offriraient-ils au "filousophe" déchaîné la lumière qui montre la voie et guide le citoyen d’Athènes vers ces terres qu’il a promises à la paix et à la prospérité ?

Plus de deux millénaires après Socrate et Platon, un soleil plus ardent incendie l’horizon et envoie ses reflets sur les parois de la légendaire caverne ; mais le vrai philosophe se méfie des nouveaux outils de projection et cherche toujours à réveiller ceux qui sont enchainés au fond de la caverne. Il les avertit contre les ombres qu’ils prennent à tort pour « la Vérité ». Il les met en garde contre les gesticulations et les manipulations de l’opinion. Il leur demande de rejeter ces livres faux qu’une main ignorante, ennemie de la Connaissance et de la Science a purgé de son vocabulaire et de sa substance.

Emporté par la frénésie du pouvoir, les anciens oligarques ont jadis réussi à faire enfermer le maître de la maïeutique parce qu’ils lui reprochaient de corrompre la jeunesse et de tenir des discours en faveur de la démocratie et de l’éveil. Éclairés par les nouvelles technologies, leurs descendants n’ont aucun scrupule à traiter de cette façon ceux qui, au nom de la Raison, de la Liberté et de la Lumière, osent couper leurs liens et se hisser hors de la caverne.

 

Quand Platon voit briller le Capitole...

Voir les commentaires

Dosette de lecture n°159 : Tommaso di Lampedusa : « Le Professeur et la sirène » : les canons de la beauté.

Publié le par Eric Bertrand

Quel secret d’amour un vieux professeur spécialiste de la Grèce antique cache-t-il au jeune narrateur derrière son apparence sévère et hostile ? Les deux hommes sont, tous les deux, originaires de Sicile et le narrateur, qui s’intéresse à la langue grecque, finit par sympathiser avec le vénérable helléniste.

D’abord, ils s’émeuvent ensemble des charmes troublants de leur pays : « Ainsi nous parlâmes de la Sicile éternelle, celle des choses de la nature ; du parfum du romarin sur les Nébrodes, du goût du miel de Melilli, de l’ondoiement des moissons en une journée de vent en mai telles qu’on les voit depuis Enna, des solitudes autour de Syracuse, des rafales de parfum déversées sur Palerme… » 

Mais, peu à peu, la conversation plonge dans les profonds souvenirs du professeur et dérive sur la question de l’amour et notamment sur l’insupportable contraste entre l’éphémère et l’éternelle beauté ; or, sur cette question précise, il a vécu une expérience plutôt déterminante …

 

Dosette de lecture n°159 : Tommaso di Lampedusa : « Le Professeur et la sirène » : les canons de la beauté.

Voir les commentaires

Dosette de lecture n°158 : Philip Roth : Le Complot contre l’Amérique : un autre basculement de l’Amérique.

Publié le par Eric Bertrand

Par quels moyens au moment de la Seconde Guerre mondiale, Lindbergh aurait-il pris l’avantage sur FD Roosevelt dans la conquête de la présidence des Etats-Unis ? C’est le point de départ de cette uchronie aux accents si actuels qu’en 2004 le romancier Philip Roth choisit pour examiner l’état de son pays.

Pourquoi Lindbergh rafle-t-il la mise face à ce président si digne d’éloges qu’est FDR ? Il parle un américain du Middle Ouest, tient un discours America first, se dresse contre l’extension de la guerre et prône l’isolationnisme contre « le bolchévisme, le radicalisme et l’anarchisme » ; de plus, il est auréolé de ses exploits d’aviateur et il est soutenu par l’autorité d’un rabbin prestigieux, ce qui fait qu’une partie des Juifs adhèrent à sa politique et notamment la tante du narrateur qui, subjuguée par les discours manipulateurs de son mentor, participe à la visite de Ribbentrop à la Maison Blanche. Cette trahison aggrave le schisme familial qui existait déjà entre les deux branches de la famille.

Le climat ne cesse de se dégrader entre ceux qui soutiennent Lindbergh et ceux qui critiquent sa politique. Dans la ville de Détroit ont lieu les premiers pogroms contre celui qui « par ses propos séditieux et perfides tout juste bons à soulever la racaille s’ingénie à enrager les patriotes américains ». Au fil de l’intrigue, les choses vont trop loin : le couple Lindbergh est définitivement sous la coupe des nazis qui retiennent leur fils prisonnier et qui leur demandent, en échange de garanties pour sa santé, d’assurer la propagande en Amérique et selon un scénario méticuleusement programmé à Berlin. Ainsi, ils exigent « une politique étrangère américaine qui serve au mieux les objectifs de l’Allemagne dans la guerre ainsi que son dessein impérial. » … D’ailleurs, ils affichent une tranquille audace et un fichu mépris pour ceux que, jadis, ils ont dépossédé de leurs terres : « Ceux qui défendaient leur terre et leur mode de vie, ce n’étaient pas des Indiens mais des chrétiens américains au-dessus de tout soupçon, aiguillonné par le président des Etats-Unis par intérim. »   

 

Dosette de lecture n°158 :  Philip Roth : Le Complot contre l’Amérique : un autre basculement de l’Amérique.

Voir les commentaires