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Dosette de lecture n°155 : Henri Bosco : « Le Mas Théotime », une terre et un mas démâté.

Publié le par Eric Bertrand

Comment, après Giono et Pagnol, donner idée de la force sensorielle et magnétique de la Provence ? Au début de ce roman, Pascal Dérivat, le narrateur, hérite d’un mas et de métairies et, à travers ce territoire qu’il affectionne, d’une terre âpre et jalouse, belle et violente dont la mémoire et l’intimité sont tourmentées. Il en devient le farouche gardien, fasciné par la présence quasi charnelle de son nouveau domaine.

Mais d’autres ombres que la sienne continuent de hanter les lieux en même temps que les lourds sangliers qui dévastent les récoltes et disparaissent avec la nuit. Et le retour à Théotime de Geneviève, une cousine éloignée pour laquelle Pascal avait ressenti, dans le passé, un sentiment trouble, ne fait que précipiter dans la tourmente ce mas d’apparence si paisible, mais entouré d’une terre trouble, travaillée par des forces obscures et capricieuses jamais complètement domestiquées.

 

Dosette de lecture n°155 : Henri Bosco : « Le Mas Théotime », une terre et un mas démâté.

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Signatures de "Lire ou pâlir à sa vue" à l'Espace culturel de Lagord et derniers avis de lecteurs.

Publié le par Eric Bertrand

Avec la belle saison revient le temps des signatures que j'inaugure avec un passage ce samedi 3 mai à l'Espace culturel de Lagord.

J'aurai à nouveau le plaisir d'échanger avec les lecteurs au sujet de mon dernier roman mais également au sujet des trois autres parus également chez @editions Hello. "Lire ou pâlir à sa vue" connaît un beau succès auprès de celles et ceux qui l'ont déjà lu, témoins ces avis reçus sur Babelio ou sur Amazon en fin avril...

Ludivine : 19 avril 2025. Magnifique 
J’ai eu un vrai coup de cœur pour Lire ou pâlir à sa vue, un roman à la fois audacieux, tendre et profondément original. Éric Bertrand nous plonge dans un futur proche – la rentrée littéraire de 2050 – mais avec une finesse et une humanité qui donnent à cette dystopie des airs presque poétiques. L’idée est géniale : un roman doué de conscience, créé par l’intelligence artificielle, qui observe le monde des lecteurs, des libraires, et qui finit par tomber amoureux... de la lecture elle-même. C’est à la fois troublant et incroyablement touchant. À travers cette voix singulière, Éric Bertrand interroge notre rapport au livre, au progrès technologique, mais aussi à l’amour et à la liberté de penser, dans une société gouvernée par un certain Ronald Trusk qui fait froid dans le dos. Ce que j’ai adoré, c’est l’écriture : fine, intelligente, pleine d’humour et de profondeur. On sent l’amour des mots à chaque page. Le livre joue avec les codes, les genres, les réflexions philosophiques sans jamais perdre en émotion ni en clarté. Un roman brillant, étonnant, et profondément humain. Je le recommande à tous ceux qui aiment les livres qui sortent de l’ordinaire, qui font sourire, réfléchir, et surtout aimer encore plus la lecture. 


Aurore : 20 avril 2025. Le bon livre au bon moment !
J'ai eu l'impression que ce livre avait été écrit pour moi, ou plutôt c'est LE livre que j'aurais aimé écrire, tellement il expose bien tout ce que je ressens vis à vis de la lecture et des non-lecteurs. Une idée vraiment originale: le narrateur est un livre!
Mais pas n'importe quel livre, un livre doté d'une intelligence artificielle dont la mission est diabolique!J'ai adoré!


Aurélie : 20 avril 2025. Un livre original 
un roman très original, atypique. Le narrateur est un livre ! Ce livre spécial observe et analyse les changements dans notre société, notamment la place de la lecture dans un monde de plus en plus technologique. À travers ses 'yeux' et ses réflexions, on découvre des personnages humains qui sont confrontés à leurs propres dilemmes liés à la lecture, aux relations et au rôle de la littérature dans leurs vies. Il met en lumière l'importance des mots et leur pouvoir de connecter, de transformer et d'émouvoir. On explore les relations entre humains et livres. L'intrigue est un mélange, je dirais, de science-fiction, de philosophie et de réflexion sur l'avenir de la littérature. La plume est fluide. Une écriture pleine d'humour. L'atmosphère du livre navigue entre fascination et expérience. On est dans un monde où passé, présent et futur se mêlent, en nous montrant les effets de la technologie sur notre culture littéraire. Cette lecture a vraiment été une aventure originale. Je ne peux que vous le recommander. 


Jasmine : 30.04. Un roman unique, à la fois touchant et réfléchi
Lire ou pâlir à sa vue est un livre vraiment différent, que je n’ai jamais vu ailleurs. Le narrateur, c’est un livre qui prend vie et qui observe le monde autour de lui. C’est un concept original, qui nous fait réfléchir sur l’évolution de la lecture dans notre société actuelle, dominée par la technologie. On voit à travers les yeux du livre comment les gens interagissent avec les livres, ce qui est à la fois touchant et plein de sens. Ce que j’ai vraiment aimé, c’est que l’auteur ne fait pas dans la nostalgie. Au lieu de ça, il nous pousse à réfléchir sur l’avenir des livres et leur place dans un monde de plus en plus numérique. C’est intéressant de voir un livre se poser ces questions et, en même temps, d’ouvrir les nôtres. L’écriture est fluide, pleine de petites touches d’humour et de légèreté. C’est pas un livre lourd, mais il nous fait quand même réfléchir. Les descriptions, surtout de la nature, sont super belles, presque sensorielles. On sent vraiment tout, et c’est agréable de se plonger dans cet univers. En bref, Lire ou pâlir à sa vue c’est plus qu’un roman, c’est une déclaration d’amour aux livres. C’est un livre qui fait sourire, mais qui fait aussi réfléchir et ressentir. Si tu cherches quelque chose d’original, qui t’emmène à réfléchir sur la lecture, la technologie et tout ça, je le recommande à fond.

 

IA; lecture

IA; lecture

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Dosette de lecture n°154 : Tommaso di Lampedusa : « Le Guépard », les mailles incandescentes d’un majestueux texte sicilien

Publié le par Eric Bertrand

            Sous le ciel pourtant toujours étoilé quelle mauvaise surprise l’agitation des hommes réserve-t-elle à la marche de l’Histoire ? Du haut de son observatoire, à côté de sa grande bibliothèque, le prince Fabrizio Salina médite sur sa vie et sur l’évolution de sa famille et de la société autour de lui. Il est l’un de ces grands repères qui basculent au moment de la montée de Garibaldi et d’une subite accélération des événements au cœur desquels se trouve son neveu Tancrède. En 1860, la révolution gronde en Italie, les aristocrates perdent leurs privilèges et pourtant « tout change pour que rien ne change » selon l’expression qui martèle le texte.
Le récit rejoint à plusieurs reprises le point de vue découragé du prince qui observe le monde autour de lui et qui le confronte à ses anciens repères et à ses valeurs qui n’ont plus grand-chose à voir avec celles du présent : l’argent contre la propriété, la malice et la machination contre l’élégance, l’ambition contre la conscience du rang, la beauté éclatante de la roturière Angélica contre l’affadissement et l’usure des princesses siciliennes.
             Dès le début, le lecteur perçoit à travers le style une immense mélancolie et se résigne peu à peu, comme le prince, à l’idée d’une fin inexorable. Du reste, pourquoi chercher à s’y opposer ? À la fin du roman, tandis qu’il regarde de la fenêtre de son hôtel de Palerme, « la mer étale », Salina sent la vie qui lui échappe. Elle est « vapeur au-dessus d'un étang », « nappe » formée, grossie, roulée au fil des années, « modeste résidu » face à l'immensité qui le dépasse. « C'était un lundi de la fin juillet, à midi, et la mer de Palerme, compacte, huileuse, inerte, s'étendait devant lui, invraisemblablement immobile... »
             Dans sa mémoire et aussi dans celle de l’auteur, tous ces fragments de l’aventure humaine, ces étincelles, ces explosions, ces cendres, finissent par se mêler au feu de l'Etna, au bleu de la mer, aux pluies torrentielles de l'hiver ; ils se fondent aux brûlures des « six mois d’été siciliens », aux fleurs et aux fruits chauffés sous l’ardeur du soleil ; ils fusionnent avec les langues et les voix des nombreux envahisseurs, grecs, arabes, normands, phéniciens ; ils croisent les odeurs fortes ou âcres et les parfums légers, et ils tissent ainsi les mailles incandescentes d’un majestueux texte sicilien.


 

Sicile

Sicile

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Le Pape François et l’effet papillon

Publié le par Eric Bertrand

           Le papillon est, parmi les insectes, l’un des plus légers et gracieux. Subtile-ment métaphorique aussi... Quand il passe, silencieux et fébrile, il ajoute une touche de couleur à la palette du printemps, se pose à peine sur le canevas et sur les fleurs et se fond dans le tableau ; et puis, à chacune de ses stations, les ailes mouchetées, bleues, jaunes ou blanches emportent le pollen. Une délicate empreinte terrestre suit le fil de son envol et suspend ses arrêts : au creux d’une prairie, le papillon glisse une petite tache de lumière ; au-bas d’une barre d’immeubles, il signe un carré de verdure ; au-dessus d’un chemin de Compos-telle ou dans l’herbe d’un vieux calvaire, il marque le trait d’un beau week-end pascal.
            À la façon du lépidoptère, agitant les ailes de sa soutane blanche, le Pape François a lui aussi quitté la terre. Il avait déjà depuis longtemps quitté la chrysalide de sa papamobile, mais il est, du haut de son balcon ou de son étamine, une dernière fois venu bénir la foule ; et les bourdonnants fidèles se sont pris à rêver à cet effet papillon qui pourrait un jour parvenir à polliniser les hommes ou du moins à les rendre meilleurs...

Pape François ; papillon

Pape François ; papillon

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Dosette de lecture n°153 : Louis Guilloux, « Le Sang noir ». La joyeuse fanfare des sorciers...

Publié le par Eric Bertrand

          Comment, en temps de guerre, éviter l’hystérie et la fanfare de « la musique qui marche au pas » lorsque les dirigeants des pays belligérants augmentent les fracas de la grosse caisse ? Même le sacré est avalé par cet appétit de bruit et de fureur qui prend souvent l’excuse de Dieu pour écraser l’adversaire. Voltaire, en son temps, écrivait qu’après la bataille, « chaque camp faisait chanter des Te deum » et, plus proche de nous, David Diop, dans son terrible récit : « Frère d’âme » écrit : « C’est ça, la guerre, quand Dieu est en retard sur la musique des hommes ». 
          Dans le beau roman de Louis Guilloux, on est en 17 et le surnommé Cripure, personnage principal, n’est pas sur le front et continue d’enseigner et de méditer dans sa petite ville de province. Pour résister à la folie ambiante et à la mécanique de l’absurde qui s’emballe autour de lui, il manie à sa façon l’arme de l’ironie, même si elle se dissimule derrière les plis de son manteau ridicule, de son ventre bien bombé, de « ses longs pieds de gugusse » et surtout de sa pensée à contre-courant qui suscite la rage et les quolibets des patriotes.
          Aux yeux de l’auteur, tous les moyens sont bons pour échapper à la pantomime qu’orchestrent toujours les despotes, engoncés sous leur manteau cramoisi, surtout lorsqu’ils agitent la baguette de sorcier de la désinformation et de l’éducation alternative.


 

Dosette de lecture n°153 : Louis Guilloux, « Le Sang noir ». La joyeuse fanfare des sorciers...

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