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Charlie Gaul et Rimbaud : une échappée dans l’imaginaire du Tour de France

Publié le par Eric Bertrand

          Cycliquement, je reviens à Rimbaud…

Amateur de courses cyclistes et d’efforts à vélo, je suis tombé récemment sur ce rapprochement entre Rimbaud et l’ancien champion de la montagne Charlie Gaul… C’est le sémiologue Roland Barthes qui effectue cette échappée de son imaginaire dans ses fameuses « Mythologies ».

Charlie Gaul était un coureur du Tour de France qui s’était illustré par sa capacité à vaincre les cols et à s’imposer face aux autres coureurs sitôt que la route s’élevait. En relisant ce texte que je vous invite à parcourir, je me dis que, d’une certaine façon, oui, Gaul, c’est à la fois « le voleur de feu » et le « million d’oiseaux d’or », « le génie » sur une bicyclette, « le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ! » mais aussi celui qui est « rendu au sol » et qui donne à solder « l’élan insensé et infini aux splendeurs invisibles, aux délices insensibles, et ses secrets affolants pour chaque vice et sa gaîté effrayante pour la foule ».

NB : un autre rapprochement qui implique Rimbaud est fait dans cette même œuvre entre le Nautilus et le bateau ivre ; elle aussi mérite le détour…

 

Charlie Gaul et Rimbaud :  une échappée dans l’imaginaire du Tour de France

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Intelligence artificielle : halte au monstre ! Frankenstein le romantique...

Publié le par Eric Bertrand

Lorsque le 1er janvier 1818, Mary Shelley écrit son « Frankenstein », elle crée l’un des premiers monstres artificiels de la littérature, sorte de créature infernale, produite de tissus récupérés sur des cadavres et galvanisés par l’art d’un « savant fou », mi-romantique, mi-scientifique, le docteur Victor Frankenstein. Avec « Frankenstein », nait cette œuvre essentielle qu’elle désigne aussi par le sous-titre de « Prométhée moderne », mythe qui a le mérite de mettre définitivement l’homme face à ses fantasmes d’apprenti sorcier.

Le coup de génie de ce roman, c’est de laisser à ce monstre une part d’humanité et de sensibilité. La créature ignoble refuse de rester un simple automate, un robot monstrueux capable de se comporter comme un spécimen d’humain augmenté ou, du moins, cabossé. La laideur et la violence qu’il a du mal à contrôler ne l’empêchent pas de ressentir des aspirations nobles. Par le biais de cette énergie nouvelle et de ce ressort autonome, il échappe ainsi à son créateur et part à la conquête de lui-même.

Lorsque j’ai écrit « Lire ou pâlir à sa vue » (éditions Hello), parmi d’autres grandes références de romans, j’ai beaucoup pensé à celui-ci. Puisque dans ce livre il est question d’intelligence artificielle et que le héros narrateur est un « livre intelligent » sorti du ventre des big data et d’autres influx qui l’ont nourri et arrangé de mille coutures, n’est-il pas lui aussi, à première vue et sous des dehors trompeurs, un monstre dangereux pour l’humanité ? À moins qu’il ne saisisse lui aussi sa part de liberté en découvrant par lui-même ce que ses concepteurs (et notamment le fameux Ronald Trusk) n’ont pas pensé à lui faire ingurgiter ? En même temps qu’une réflexion sur la lecture, cette imprévisibilité des machines, si élaborées soient-elles, est au centre de ce dernier roman. 

 

Intelligence artificielle : halte au monstre ! Frankenstein le romantique...

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Dosette de lecture n°157 : Giuliano da Empoli : “L’Heure des prédateurs », les valeurs nobles au tapis.

Publié le par Eric Bertrand

         Quelle est la nature profonde de la politique ? Le titre de cet ouvrage ne présume rien de très louable chez les affamés du pouvoir. Consiste-t-elle à s’arranger comme elle peut avec les règles ou trouve-t-elle au contraire son propre équilibre dans le parti-pris de la violence et de l’agitation forcenée ? Pour répondre à cette question d’une brûlante actualité qui examine dans la même nasse les Trump, Javier Milei, Bolsonaro, Brexiters, Nayib Bukele, Mohammed Ben Salman (MBS), l’auteur reconnaît les anciens modèles de la cour des Borgia (« les borgiens ») dont Machiavel avait déjà décrit les turpitudes et les nuisances.

Et le lecteur constate aussitôt que cette débauche de rage et cette outrance d’initiatives personnelles ne sont hélas pas nouvelles. Shakespeare l’avait bien compris dans l’une de ses pièces politiques où il écrit : « La première chose à faire, c’est de tuer tous les avocats ». Forts de ce principe, « les prédateurs » s’arrogent tous les droits et exercent sur leurs sujets l’attraction de la licorne ou de quelque créature aux pouvoirs surnaturels, un peu à la manière de ces conquistadores au poil luisant qui ont débarqué sur les côtes d’Amérique au XVI° siècle. À propos de tels animaux politiques, Tolstoï parle de « béliers engraissés pour l’abattoir ».

Sans être tous dotés d’un profil de rhinocéros sanguin, la plupart d’entre eux sont des « poissons abyssaux », habitués à sentir peser sur leurs épaules « la pression de milliers de tonnes d’eau de mer ». À leurs yeux, tous les moyens sont bons et les valeurs démocratiques ne pèsent plus grand-chose… surtout qu’elles roulent à présent sur le tapis de jeu de la sphère numérique ; soumises à d’autres forces d’attraction, elles ont même tendance à perdre complètement la boule. À moins qu’elles ne demandent leur chemin à Waze… Et, comme on sait, « contrairement à Dieu, Waze n’a qu’une seule mission, faire gagner du temps à ses utilisateurs. »

 

Dosette de lecture n°157 : Giuliano da Empoli : “L’Heure des prédateurs », les valeurs nobles au tapis.

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L'Amérique en autostop avant Trump...

Publié le par Eric Bertrand

Un tropisme américain dans plusieurs de mes livres et de mes articles... Demain, mardi 27 mai à 10h30, cinéma le Dragon La Rochelle, dans le cadre des conférences de l'UTL de La Rochelle, l'Amérique en auto-stop avant Trump...
 
 
L'Amérique en autostop avant Trump...

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Le nouveau Julien Clerc : Une vie… et même une vie de rien, ce n’est pas rien !

Publié le par Eric Bertrand

Même si on ne fait pas partie des fans, même si on n’aime pas celui que les mauvaises langues en un temps appelaient « la chèvre », on a forcément été touché par ses mélodies, ses chansons si variées, écrites par de talentueux paroliers. Julien Clerc fait partie de nos vies et « Si le temps passe, laisse-le partir où il veut ». Alors que vient tout juste de sortir son dernier album, retrouvons quelques-unes de ses paroles car « c’est le printemps », et il y a encore « des oiseaux dans les arbres » …

« Tous les faubourgs de Carthage » vont résonner du son de sa voix. Sur tous les zincs mouillés, dans « ces pays où le ciel livre des tonnes d’envies et de regrets », nous sommes nombreux à « caravaner » jusqu’au pied de la colline, sur le sentier escarpé et sur la piste des savanes, sur le sable brûlant, la neige des glaciers », à patiner après le grand lac gelé de l’hiver pour capter les échos du dernier Juju, « une vie », notre « nouveau big bang. »

« Une vie » … Quel beau titre !

Lui qui a toujours voulu être « utile à vivre et à rêver » … Sinon, à quoi sert une chanson ? De l’Ukraine à la Russie, il a fait un pont de sa vie et si bien chanté dans cette langue ancienne (qu’on voudrait hélas massacrer) avec des mots qui dansent ou qui voyagent incognito, des mots d’ailleurs qui devraient enfin mettre les empires à l’abri des combats.

Julien a si bien accompagné nos vies et peint tant de tableaux comme peignait Pablo… Ça a commencé comme un rêve d’enfant, depuis la Californie et les dentelles fraîches de nos grands mouchoirs, à cette époque où nous étions juste comme des enfants, crinières de teenagers, enfants au walkman, ciel de cellophane. La vie se promenait sous la soie, la toile ou le velours. On avait tous vingt ans, c’était le bon temps.

Et puis, poussés au dos par un grand vent, jusque bien au-delà de l’an 2000, on s’est moqué de ces gamines qui faisaient des trous dans leurs blue-jeans, pendant que les années rapiéçaient les cœurs qu’elles nous laissaient en lambeaux. Parfois gais, parfois tristes, les choses du temps ont fait nos tempéraments. Les années glissent et glisseront, elles s’en vont comme les bateaux…

Et si le temps passe à pas de géant, Julien n’a jamais été un vieux crooner, un bison assis, un éléphant déjà vieux, une charpie de chapka ; il a laissé l’eau lisser son front car il sait que quand bateau pressé, capitaine pas bon. Du haut de son phare des Vagabondes ou là-bas vers Ouessant, il continue de nous emmener avec lui dans son cirage et dans son sillage, heureux comme un marin qui nage, comme un homme qui a nagé, nagé et qui tend vers nous, une échelle de rêve.

Si on chantait…

Julien Clerc

Julien Clerc

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