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Nouvel album de Julien Clerc : "Une vie" et ce n'est pas rien !

Publié le par Eric Bertrand

           « Si le temps passe, laisse-le partir où il veut ». Aujourd’hui, c’est le printemps, l’amour est encore en chantier et il y a des oiseaux dans les arbres … 
            Tous les faubourgs de Carthage vont résonner du son de sa voix. Sur tous les zincs mouillés, dans ces pays où le ciel livre des tonnes d’envies et de regrets, au fond des marécages, parmi les menhirs et les landes, les fougères et les bruyères, nous sommes nombreux à caravaner jusqu’au pied de la colline, sur le sentier escarpé et sur la piste des savanes, sur le sable brûlant, la neige des glaciers, à patiner après le grand lac gelé de l’hiver, à traverser les plaines, à aller boire aux fontaines, à nous presser sur la véranda ou sur le parvis pour capter les échos du dernier Juju, « une vie », notre nouveau big bang.
« Une vie » … Quel beau titre ! 
             Lui qui a toujours voulu être utile à vivre et à rêver… Sinon, à quoi sert une chanson ? De l’Ukraine à la Russie, il a fait un pont de sa vie et si bien chanté dans cette langue ancienne (qu’on voudrait hélas massacrer) et avec tous ces mots qui dansent ou qui voyagent incognito, ces mots d’ailleurs qui devraient enfin mettre les empires à l’abri des combats. 
            Julien a si bien accompagné nos vies et peint tant de tableaux comme peignait Pablo… Ça a commencé comme un rêve d’enfant, depuis la Californie et les dentelles fraîches de nos grands mouchoirs, à cette époque où nous étions juste comme des enfants, crinières de teenagers, enfants au walkman, ciel de cellophane. La vie se promenait sous la soie, la toile ou le velours. On avait tous vingt ans, c’était le bon temps. Et puis, poussés au dos par un grand vent, jusque bien au-delà de l’an 2000, on s’est moqué de ces gamines qui faisaient des trous dans leurs blue-jeans, pendant que les années rapiéçaient les cœurs qu’elles nous laissaient en lambeaux. Parfois gais, parfois tristes, ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempéraments. Les années glissent et glisseront, elles s’en vont comme les bateaux… 
Et si le temps passe à pas de géant, Julien n’a jamais été un vieux crooner, un bison assis, un éléphant déjà vieux, une charpie de chapka ; il a laissé l’eau lisser son front car il sait que quand bateau pressé, capitaine pas bon. Du haut de son phare des Vagabondes ou là-bas vers Ouessant, il continue de nous emmener avec lui dans son cirage et dans son sillage, heureux comme un marin qui nage, comme un homme qui a nagé, nagé et qui tend vers nous, une échelle de rêve.

           Si on chantait…


 

Julien Clerc ; variétés françaises

Julien Clerc ; variétés françaises

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Dosette de lecture n°151 : Eddy L. Harris : « Confession américaine ». La fureur du rhinocéros doré.

Publié le par Eric Bertrand

           Quelle est notre part de responsabilité « dans la transformation de la « ville brillante sur la colline » (ville jadis fallacieusement promise par Ronald Reagan) en merdier plaqué or et puant sur un tas de conneries ? »
           Dans son essai sur l’Amérique d’aujourd’hui, l’écrivain Eddy Harris qui vit depuis de nombreuses années en Charente et que j’ai eu un jour le plaisir de rencontrer alors qu’il présentait aux élèves son récit sur la descente du Mississipi en canoé (« Mississipi Solo ») s’interroge sur l’état de son pays malheureusement tombé dans les pattes de celui qu’il qualifie de « veau d’or » ou « d’ange exterminateur ».
            La chute est brutale mais elle n’est pas nouvelle et l’auteur remonte jusqu’aux années de son enfance pour expliquer comment dans ce pays, comme les autres Américains, il a lui aussi été « mené en bateau ». Balloté dans tous les sens, trompé par les mensonges d’une « nation sous l’autorité de Dieu indivisible avec la liberté et la justice pour tous », tout petit, il se sentait pourtant prêt à « viser les étoiles » comme on le lui enseignait à l’école. Il a longtemps cru en la prophétie de Martin Luther King et en l’élection d’Obama qui semblait pouvoir abolir le persistant écart entre noir et Américain, riche et pauvre, catholique et protestant... 
             Mais au bout du compte, le « Messie », malgré sa venue, n’a fait qu’ouvrir la voie à « l’ange exterminateur » et, fatalement, « après avoir été avec Obama sur la montagne Martin Luther King », il a fallu redescendre « pour retrouver l’idole ». Trump est l’incarnation d’un nouveau type de rhinocéros tel que Ionesco n’en aurait pas rêvé et qui, arrogant et cramoisi, vitupère quelque part à Wall Street, sous la forme de « la statue d’un énorme taureau doré ». 

Dosette de lecture n°151 : Eddy L. Harris : « Confession américaine ». La fureur du rhinocéros doré.

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Série : « Mes livres en moins de 180 secondes », 7/7 « Lire ou pâlir à sa vue » (édition Hello)

Publié le par Eric Bertrand

Comprendre ce que ressent un lecteur grâce à un livre narrateur qui s’éveille au contact de ses différents lecteurs et qui découvre le pouvoir de la Littérature... 

Laissez infuser les livres en vous et demandez-vous ce que la lecture vous inocule. 

 

Série : « Mes livres en moins de 180 secondes », 7/7 « Lire ou pâlir à sa vue » (édition Hello)

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Nuages et bonnet d’âne sur le soleil couchant

Publié le par Eric Bertrand

            Coucher de soleil sur la plage… La mer n’est plus la même et le soleil a changé de couleur ; le sable blanc ou gris est devenu rose, un fin nuage se ba-lance et l’eau gondole et scintille. 
            Chacun de nous chérit ce moment d’expérience humaine de la beauté et voudrait pouvoir la décrire et la communiquer aux autres. Pour cela il ne nous faudrait pas seulement un smartphone mais encore d’autres vocables, d’autres langues et d’autres cultures. L’humanité se partage et elle a besoin, pour s’éprouver, du langage et de ces mots divers qui restent toujours à mesurer ou à inventer. 
             Hélas, pour voiler l’horizon, un incendie s’est déclaré et, du côté du grand ouest, on a rallumé des bûchers et recommencé la chasse aux sorcières ; on en-voie des fusées comme des coups de crayon ou des feux d’artifices ; on ne vise plus les étoiles mais la planète rouge et on met le climat, la plage et le soleil sous le tapis ; la science est suspecte, les chercheurs sont bannis, on interdit les livres ou on les réécrit et on met un bonnet d’âne aux nuages, aux nuances et au vieux dictionnaire. 
 

Nuages et bonnet d’âne sur le soleil couchant

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Série : « Mes livres en moins de 180 secondes », 6/7 « Over the Rimbaud » (édition Hello)

Publié le par Eric Bertrand

Découverte du poète aventurier à travers le journal intime d’une jeune fille de Charleville qu’Arthur a séduite à 18 ans et qui lui reste fidèle jusqu’à la fin. 

Chaussez, vous aussi, des « semelles de vent » et accompagnez le poète fugueur dans ses folles aventures !

 

Rimbaud ; poésie ; roman ; aventures ; amour

Rimbaud ; poésie ; roman ; aventures ; amour

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