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« Novembre », œuvre de jeunesse de Flaubert

Publié le par Eric Bertrand

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                    Récit de jeunesse... Le narrateur évoque d’abord cette « puberté du cœur » qui précède celle du corps et qui correspond à un mouvement exalté vers l’infini et les vagues pensées de l’Idéal, en d’autres termes ce qui a généré les grandes œuvres du Romantisme, « les Souffrances du jeune Werther », Chateaubriand, Lamartine, « la Confession d’un enfant du siècle » et « Madame Bovary », encore elle !

                    Car, même si l’ouvrage est cité comme le premier acte de la littérature réaliste, il met au premier plan une héroïne pénétrée des rêveries romantiques et en cela avatar du jeune Flaubert tel qu’il se définit à travers le narrateur de « Novembre ». J’ai vécu dans une aire élevée, où mon cœur se gonflait d’air pur, où je poussais des cris de triomphe pour me désennuyer de ma solitude. A travers la la double confession de la prostituée Marie et du narrateur, ce sont les accents exaltés et délirants de la jeune femme qui a lu trop de littérature... De nombreux passages pourraient être cités et figurer dans Mme Bovary, l’ironie en moins, car à cette époque, Flaubert adhère totalement au romantisme. Par exemple ce passage :


Ecoute, comme notre vie serait belle si c’était ainsi, si nous pouvions demeurer dans un pays où le soleil fait pousser des fleurs jaunes et mûrit les oranges, sur un rivage comme il y en a, à ce qu’il paraît, où les hommes portent des turbans, où les femmes ont des robes de gaze ; nous demeurerions couchés sous quelque grand arbre à larges feuilles, nous écouterions le bruit des golfes, nous marcherions ensemble au bord des flots pour ramasser des coquilles, je ferais des paniers avec des roseaux, tu irais les vendre ; c’est moi qui t’habillerais, je friserais tes cheveux dans mes doigts, je te mettrais un collier autour du cou, oh ! comme je t’aimerais ! comme je t’aime ! laisse-moi donc m’assouvir de toi !


Et celui-là extrait de Mme Bovary :


Ne fallait-il pas à l’amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière ? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu’on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d’un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.


 « La p’tite Bill elle est malade... »

 

 

 

 

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Fables et politique (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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              A la suite de l’article d’hier, je propose ce matin ce prolongement de la plaisanterie qui pastiche « les Animaux malades de la peste »...

 

Un mal qui décime les cigales,
Mal que le Ciel en sa fringale
Inventa pour semer la zizanie et enrichir les fourmis,

Mal qui donne dans les doigts cent fourmis et dans l’esprit cent soucis
« Le fric » (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable de casser en un jour les cachetons,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne payaient pas tous, mais tous étaient frappés (...)
Le Lion tint conseil (...)

 

 

 

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Fables et politique (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

 

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                 L’une des forces de La Fontaine a été de mettre en scène de façon détournée les hommes de son temps et notamment les hommes de pouvoir. Logiquement, on retrouve chez les amuseurs de notre époque une veine caricaturale qui emprunte précisément le masque des animaux. Ainsi je suis tombé sur le net (il ne circule pas que des absurdités sur la toile) cette « fable » signée Anne Roumanoff que je prolongerai demain...

 

Un renard prénomme Nicolas,

Sur une basse cour régnait.

Mais il était conteste:

"Il ne fait pas rentrer assez de blé,

Nous n’avons plus de grain à picorer,

Se lamentaient les affames".

"- Je fais de mon mieux répondait Nicolas,

Sans moi ce serait pire croyez moi.

Il y a une énorme crise mondiale,

Ne l’oubliez pas c est infernal"

Beaucoup d animaux voraces

Rêvaient de prendre sa place.

A gauche la vache Martine,

Et la pintade Ségolène

Crurent un temps pouvoir devenir reines.

Mais ce fut le pigeon François,

Qui leur fit la nique,

Aide malgré lui par le cochon Dominique

Qui manqua d’aller à l’abattoir,

Pour avoir culbute une grande poule noire.

Mais le pire ennemie du roi Nicolas et du pigeon François,

Etait la fille d un loup borgne qui avait échoué à devenir roi.

Cette louve à la voie rauque et à la chevelure blonde

Se faisait passer pour une brebis aux yeux du monde.

Elle répétait comme une litanie:

"Il faut plus de poulets

Pour renvoyer chez eux les animaux étrangers

Sans eux nous serions tellement plus heureux"

Certains moutons l'écoutaient beats:

"Beeee, elle dit tout haut ce que nous pensons tout bas'

Le pigeon François, le roi Nicolas,

l'ours Mélanchon et la taupe Eva

Faisaient de leur mieux pour éradiquer la terrible maladie,

Répandue par la louve déguisée en brebis

Qui avait pour nom haine et démagogie.

Hélas! à 6 mois des élections,

Personne de ne sait encore pour de bon,

Qui de la farce sera le dindon...

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Le livre à l’école : ménager la chèvre et le chou

Publié le par Eric Bertrand

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                Le prof au collège est tiraillé entre deux tentations : celle de la littérature jeunesse et celle de la littérature classique. Les programmes officiels tendent vers cette dernière et je m’en suis ravi lorque je les ai découverts il a quatre ans. Mais après usage, force est de dire que la tendance est plutôt chou que chèvre et que la majorité des élèves attirent vers le fond ceux qui voudraient tendre vers « plus haute graisse » (comme le dit joliment Rabelais)

                 Au lycée, la tendance est inverse. Pas de quartier, la Littérature tient la barre, bon an mal an, et je reviens sans plus aucun scrupule vers les maîtres (que je n’ai jamais abandonnés, mais que je supportais de moins en moins de voir traînés sur l’autel de la Bêtise et de la Vulgarité)

                 Le dilemme, ce n’est plus « comment simplifier », « lyophiliser » « faire avaler » ? Mais qui choisir entre Hugo, Balzac, Flaubert ou Maupassant ?  Bref, même si les élèves de lycée sont de plus en plus de « grands collégiens », ils sont cependant plus « chèvres » que « chous », et il y a même, dans ces chèvres-là, des chèvres de Mr Seguin, à l’esprit libre, capables de s’aventurer dans les zones de pensée franche.

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Aborder “alcool” et “drogue” en culture générale (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Juillet 2010 (108) [1600x1200]

                     Alcools et drogues sont des produits dont le fonctionnement postule à la fois le plaisir et la dépendance du consommateur. L’ensemble des documents proposés dans ce dossier éclaire cette double réalité des « paradis artificiels » comme les désigne le poète Charles Baudelaire. Cinq des six documents évoquent l’alcool, un seul traite de la drogue sous ses formes diverses. Trois d’entre eux sont des chansons du même compositeur (connu pour ses abus en tout genre), deux sont des dessins représentant sous une forme différente une bouteille de vin (vin beaujolais et vin Guinget). Enfin, le dernier est un extrait de roman écrit par un auteur naturaliste, Zola, dont la spécificité consiste dans l’enquête sur la réalité de ce qu’il décrit. Cette synthèse examinera d’abord les drogues et l’alcool selon l’angle de la mise en garde puis selon celui de la tentation.

 

                      L’ensemble de ces documents conduit à une réflexion sur les effets négatifs et les dangers que comporte l’usage de ces différents produits. On peut aisément établir un rapprochement entre les deux titres « Intoxicated man » et « l’Assommoir » qui renvoient à l’idée de dégradation de l’individu, cédant en quelque sorte sous les coups d’assommoir ou complètement intoxiqué.

             D’ailleurs, les deux textes évoquent l’un et l’autre les symptômes alarmants qui atteignent le malade victime de graves hallucinations. Dans « Aux enfants de la chance », l’auteur souligne l’effet fatal des drogues consommées par une certaine « Edith » ou « Samantha » et fournies par de diaboliques intercesseurs, « les dealers ». Sans aller jusqu’à l’idée de la mort, le dessin de Serre souligne bien la détresse dans laquelle se trouve le consommateur d’alcool, de plus en plus isolé dans son univers tel un Robinson Crusoé recroquevillé sur son île.

            A l’inverse, deux autres documents renvoient davantage à l’état d’euphorie qui peut susciter dans l’esprit du consommateur non des visions de rats ou d’araignées mais de joyeuses hallucinations comme les figures lascives de femmes splendides, princesse d’Almeria aux allures de BB dans « Initials BB » ou courtisane aux formes généreuses dans l’illustration pour le vin Guinget.

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