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Livre et changement d’éditeur

Publié le par Eric Bertrand

Highlands1 (202) [1600x1200]

                Un regard du côté de mon futur éditeur dont le site continue de se construire et qui attire l’attention du lecteur sur le domaine des nouvelles technologies à travers deux articles fort intéressant à consulter !

                Je sais que certains de mes lecteurs ont du mal à se résigner à cette idée du livre, mais que ceux là se rassurent, il y aura possibilité d’une version papier.

 

http://alteredition.net/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=30&Itemid=53

 

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Nolwenn Leroy et le « Balcon en forêt »

Publié le par Eric Bertrand

Il y a des romans qui incrustent dans la mémoire des médaillons de silhouettes indissociables de leur origine, un subtil dosage entre l’humus du style et la référence à un territoire. Lorque je suis arrivé en Bretagne, je lisais « le Balcon en forêt » de Julien Gracq. Nous avions loué un petit cottage sur la côte nord et nous faisions de grandes balades sur le rivage, dans la bruyère et l’écume. La forêt n’était jamais loin, les forêts sont mythiques en Bretagne et elles prolongent dans l’imaginaire les mille histoires de l’antique forêt de Brocéliande.

                 La petite Mona apparait un jour sous un chêne, sous sa capeline, jouant à cloche-pied avec les gouttes, s’amusant de sa nature farfadette. Et l’aspirant Grange, l’un des rares personnages de l’histoire (une romance à deux), la raccompagne sous la pluie et se met à l’attendre chaque jour dans les sentiers mouillés. Chevelure épaisse, yeux malicieux, bijoux et tenues fantasques, c’est un peu de la Mona du « Balcon en Forêt » que je retrouve dans le clip de Nolwenn Leroy.

 

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Bon prof, quel punch !

Publié le par Eric Bertrand

             

              J’avais déjà établi ce concept dans « l’Organisme » et j’y reviens aujourd’hui pour souligner que l’image du boxeur va au-delà des métaphores du gant de boxe et du peignoir... Le match commence tôt, très tôt. Et parfois se déroule en 6, voire 7 rounds. A ces matchs-là, il n’y a jamais de shows ni de paillettes pour réjouir et appâter le public.

              Sans effets de muscles, sans coach, le visage et le torse sobres, le prof tient le choc et accueille au fil des heures les jeunes loups. Il connaît les règles du ring. Constamment défier des classes de 37 punchers en éveil (pas toujours à l’offensive du reste, parfois engourdis, voire KO), tâcher de les intéresser, varier « les coups », les parer, les anticiper, reprendre son souffle, ne pas laisser paraître la fatigue. Le ventre qui tord, l’œil au beurre noir, la vilaine crampe, c’est pour le vestiaire.

               Bien parcourir le ring, rester dans les cordes, guetter les coups bas, tenir un rythme, ne pas montrer de signes de faiblesse, jouer des jambes, de la voix, de la main, de l’esprit, envoyer des chiquenaudes toujours bien maîtrisées (surtout ne jamais toucher l’adversaire !), se passer l’éponge sur le front, boire à l’intercours dans sa petite bouteille d’eau d’évian...

               Autant de mouvements qui ne s’improvisent pas en salle mais qui se cultivent au jour le jour par une hygiène de vie, préparation physique, préparation mentale, souplesse des rotules et souplesse de pensée.

 

 

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Article du mois : « Les Ritals » et dialogue avec toi, Richetto...

Publié le par Eric Bertrand

Highlands1 (201) [1600x1200]

                  Le grand-père de Cavanna était maçon et tu étais maçon. Tous les Italiens de cette génération étaient maçons !  Travailleur de force, tu charriais sur ton vélo tous les matins « la caisse à fourbi ». J’en ai hérité de cette caisse à fourbi. Lourde caisse en planches épaisses et remplie de matériel : le kit du maçon italien...

                  Tu aurais mis des pierres du chantier à l’intérieur qu’elle n’aurait pas été plus lourde. Mais quand tu me montrais la pierre que tu aimais tant travailler, ton doigt était léger, , gracieux, propre, comme lissé par la poussière aiguë que tu faisais lever autour de toi, à grands coups de burin.

                  Tout petit, je comparais ce burin à mon crayon de papier et je me disais qu’il faudrait en accumuler beaucoup des années à la pointe de mon crayon pour qu’il devienne aussi vigoureux, aussi souple, aussi incisif... Un crayon à la fine mine, capable pourtant de marquer son empreinte dans la pierre et dans les esprits comme dans une chair blanche.

 

                    Il finissait toujours par apparaître sur la scène, le mouchoir ! Exactement comme celui du père Cavanna ! Un vrai rideau de scène ! Je te regardais toujours quand tu marchais et t’arrêtais brusquement, ou quand tu revenais de l’une de tes courses épiques à vélo.

                    Du fond de l’une des profondes poches de tes pantalons en velours, tu sortais un immense mouchoir que tu déployais, comme un magicien qui veut faire s’envoler une colombe. Tu trompettais dans le tissu à carreaux, trois ou quatre grands coups scandés par de grands espaces de reniflement.

                    Puis tu ouvrais à nouveau les yeux, t’essuyais le petit coin de larme jaillie dans l’effort et repliais avec précaution le mouchoir, un côté, puis un autre. Je me croyais en face d’un régiment, et j’avais l’impression que tu me montrais comment on fait son lit pour ne pas se faire punir par l’adjudant qui va venir juger de la coupe orthodoxe du drap.

 

                  Les poches des pantalons du père de Cavanna sont profondes, les tiennes aussi, pépère. Ce sont la plupart du temps, celles du gros pantalon en velours cotelé jaune caca d’oie. Est-ce le contenant qui justifie le contenu ou le contenu qui justifie le contenant ? Le fait est que tu as la manie de tout ramasser ce que tu trouves.

                 Alors, il te faut de l’espace dans tes poches. Quand tu t’avances vers moi, je vois le creux qui s’ouvre dans le pantalon et qui masque les petits trésors que tu vas remonter. Surtout le dimanche, quand tu rentres de ta promenade au jardin botanique ou sur les bords de Moselle. Des élastiques, des morceaux de métal, des fruits, des pièces usées, des figurines en plastique, en tissu ou en fer...

                  Tes poches de pantalon ce sont comme deux sacs à mains de grand-mère, sauf que « tes sacs à main à toi » sont bien plus intéressants à fouiller et que j’ai le droit de regarder dedans. Et puis, il n’y a jamais la même chose à l’intérieur.

 

                Comme le père Cavanna, tu as toujours les poches pleines et les objets que tu retires sont la plupart du temps briqués, polis... Tu aimes les choses façonnées, c’est le métier qui veut ça et peut-être un tempérament plutôt maniaque.

                Comme la mer récurre les coquillages, les bois, les cailloux qu’elle dépose sur les plages, toi, avec ton doigt en récif, tu astiques et lacères ce que tu trouves. Tu aimes les fruits à noyaux, les abricots, les cerises, les pêches surtout. Tu apprécies les lignes veinées et sculptées du noyau.

                Tu grignotes les coins, tu tires les derniers fils de la pulpe. Je te soupçonne d’aller jusqu’à les passer sous l’eau douce. Sur la grande plage de ta main, tu les grattes avec ton ongle, tu les polis pour leur faire rejoindre les petits objets d’art en collection dans tes poches, ces grottes domestiques.

 

              Cavanna signale les ongles bien coupés de son père...

              Les yeux tout bleus, parfois presque violets, la toilette élégante, des airs de Liz Taylor qu’elle cultive, ta femme a toujours eu du succès et passe pour une star de cinéma auprès des copains du chantier.

             Tu en es fier. Tu la vois toujours « se  faire les ongles » et se maquiller dans la glace. Est-ce un effet de mimétisme, mais toi qui as aussi le sens de l’esthétique, tu passes la lime sous tes ongles. Tes doigts sont blanchis par le contact de la pierre et le travail de la truelle. Tu ne supportes pas d’avoir les mains sales. Elles sont grosses, presque carrées.

             Tu passes de longues minutes à les laver à l’intérieur d’une grosse bassine en plastique. Le savon de Marseille filtre sous la peau, nettoie les impuretés. Tes mains sont rouges, presque frippées quand tu les sors de l’eau chaude. Tu tournes la serviette bien autour, vigoureuse, on dirait une peau de lapin écorché, tu te frottes le haut des oreilles, fais rebiquer les petits cheveux.

              La serviette est humide, tu la déposes sur le bord de la fenêtre, ton observatoire. Tu vas t’accouder dessus. Tu fermes les poings. Derrière tes épaules, chauffe la soupe du soir, et quand je suis en vacances, c’est du cacao que ma grand-mère met à chauffer pour le rendre plus onctueux. Tu écoutes les bruits de la maison et les bruits de la rue, tu es bien.

 

               Il y a chez toi une « mécanique interne » du langage italien. Tu nous parles avec cet accent que retranscrit si bien le livre de Cavanna. Et puis il y a des mots, des expressions qui reviennent dans le texte et que j’entends encore du fond de ma mémoire. « Porca madona ! »... Tu fulmines parce que tu viens de renverser un verre sur la nappe, parce que tu n’arrives pas à remonter la chaine sur le dérailleur, parce que tu as fait tomber un bibelot...

               L’horloge se dérègle, l’horloge s’affole. Tu n’es pas agressif mais tu lances cette ritournelle des jurons qui va dans tous les sens, « porco dio », « dio bestia », « porca madona » ! C’est presque une comptine ! Nous ne comprenons pas, mais ça nous fait bien rire mon cousin et moi.

               Ça finit par s’apaiser et ça t’a fait du bien. Les choses rentrent dans l’ordre. C’est le tic tac interne de l’horloge qui tourne rond, « ecco ! ». Tout va bien, le monde est ordonné, tu relèves la tête, tu nous vois rire, tu ris avec nous.

 

               Une institution chez Cavanna !

               C’est la fin de semaine. Tu as remisé la caisse à fourbi. Le vélo du travail est accroché au clou. La retraite est proche. Tu t’es offert un beau vélo de course et tu le sors le dimanche pour partir dans de longues expéditions solitaires ou en club dont tu reviens vers midi et demi, tonitruant et la tête chargée de mini exploits. Tu es, l’espace de cinq minutes, la frénésie de l’effort aidant, une espèce d’Homére italien, multipliant les foudres et les épithètes.

                 Puis tu ranges le vélo, tu te passes le gant sur la figure. Tu mets la chemise blanche, le pantalon à plis bien repassé. Celui qui n’a pas les grandes poches... Des boutons de manchettes dorés. Il est temps de passer à table. Tu es redevenu calme, mesuré, élégant. L’après-midi, tu sortiras en ville, tu marcheras doucement dans les rues avec l’air posé d’un grand monsieur. Parfois tu te reposeras sur les murettes pour en apprécier les arêtes et la qualité du ciment.

                 Et tu seras grand de savourer la légèreté du temps qui passe, la saveur des fruits et des fleurs, la délicieuse mélancolie de la vie dont tu sais qu’elle n’a qu’un temps.

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Le contenu à jouer : les pays et le œuvres revisités sur les planches

Publié le par Eric Bertrand

Highlands1 (195) [1600x1200]

Tennessee Williams : drame, (un Tramway nommé Désir, la Chatte sur un toit brûlant, Soudain l’été dernier...) drames qui mettent en scène l’égarement de personnages souvent malheureux ou simplement déçus pas la vie : comme dit la chanson : « on a tous quelque chose en nous de Tennessee ». Œuvre en regard : Le Tennessee club : au cœur du désert de Mojave, à Bagdad Café, un établissement sur le bord de la route et des personnages qui se croisent et qui tentent l’aventure le temps d’un week-end.

Serge Gainsbourg : comédie, drame : à partir des chansons de Gainsbourg et du scénario du film « Bonnie and Clyde »... Œuvre en regard : L’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut : l’histoire revisitée du couple de gangsters Bonnie and Clyde qui sèment la terreur sur le territoire américain pour voler de l’argent et alimenter leurs vices.

 

 

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