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Article du mois : Bon prof, quel punch !

Publié le par Eric Bertrand

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             J’avais déjà établi ce concept dans « l’Organisme » et j’y reviens aujourd’hui pour souligner que l’image du boxeur va au-delà des métaphores du gant de boxe et du peignoir... Le match commence tôt, très tôt. Et parfois se déroule en 6, voire 7 rounds. A ces matchs-là, il n’y a jamais de shows ni de paillettes pour réjouir et appâter le public.

              Sans effets de muscles, sans coach, le visage et le torse sobres, le prof tient le choc et accueille au fil des heures les jeunes loups. Il connaît les règles du ring. Constamment défier des classes de 37 punchers en éveil (pas toujours à l’offensive du reste, parfois engourdis, voire KO), tâcher de les intéresser, varier « les coups », les parer, les anticiper, reprendre son souffle, ne pas laisser paraître la fatigue. Le ventre qui tord, l’œil au beurre noir, la vilaine crampe, c’est pour le vestiaire.

               Bien parcourir le ring, rester dans les cordes, guetter les coups bas, tenir un rythme, ne pas montrer de signes de faiblesse, jouer des jambes, de la voix, de la main, de l’esprit, envoyer des chiquenaudes toujours bien maîtrisées (surtout ne jamais toucher l’adversaire !), se passer l’éponge sur le front, boire à l’intercours dans sa petite bouteille d’eau d’évian...

               Autant de mouvements qui ne s’improvisent pas en salle mais qui se cultivent au jour le jour par une hygiène de vie, préparation physique, préparation mentale, souplesse des rotules et souplesse de pensée.

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Une pause d’une petite semaine

Publié le par Eric Bertrand

Highland2 (39) [1600x1200]

          Période de vacances c’est période de « rechargement » de matières diverses. Je suspens donc ce blog jusqu’au 1er novembre prochain.

           Bonnes vacances à tous et toutes !

 

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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Objet de convoitises et de haines diverses, la voiture elle aussi est en crise. Folle de rage, implacable, Christine s’emporte, Christine s’enflamme et immole ses victimes par le feu. Puis ses ardeurs tiédissent et elle rentre au garage. A ce stade, le spectateur ne sait pas si le conducteur est au volant. Agit-elle pour son propre compte ? Son maître est-il allé assez loin pour partager enfin avec elle le frisson du Mal conquérant ? Le fait est que, tout au long du film, Arnie devient de plus en plus violent, de plus en plus imprévisible.

              A la fin, il n’appartient plus à l’ordre des hommes. La voiture l’a en quelque sorte « vampirisé »... Le dénouement le montre en effet jubilant au milieu des flammes et poignardé par le moyen d’un morceau de verre planté dans le cœur à la façon d’un pieu. Mais le cœur de Christine respire encore et la lueur du poste radio continue d’éclairer d’un éclat fauve le tableau de bord.

              Le cinéaste a magnifiquement joué des couleurs, filmé en multipliant les plans les allures anthropomorphes de la calandre, des phares, du capot avant, rouge de colère, noir de nuit, luisant. Et quand le monstre est enfin (en apparence) anéanti, écrasé par les chenilles d’un Caterpillar, dans la figure intestinale ou cérébrale que dessine l’amalgame de ferraille, dernière image du film, on perçoit encore, comme un frémissement, un vaisseau sanguin qui palpiterait dans l’organisme de métal. 

 

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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

                La belle lui est particulièrement reconnaissante et le lui rend bien. Une étrange complicité s’établit en effet entre l’élégante Américaine et le jeune homme : lorsque s’allume le poste de radio, le spectateur comprend que c’est Christine qui s’éveille, qui manifeste sa voix et son avis. Jalousie, mise en garde, colère, indignation... Les phares sont des yeux qui s’ouvrent car, en bonne créature de la Nuit, véritable vampire au féminin, la créature promène sa robe rouge au cœur des ténèbres. Et progressivement pendant le jour, son propriétaire se métamorphose lui aussi.

              Saisi du vertige de l’amour, de la révolte contre ses parents et ses tortionnaires, grisé par le pouvoir de la grosse mécanique laquelle, telle le Phoenix, renaît de ses cendres, Arnie s’enflamme au volant de sa voiture. Vêtu d’une veste trois quart rouge, les cheveux noirs, peignés en dérapage contrôlé, l’œil en feu de croisement, le rire en crissement de pneumatique, il apparaît finalement comme l’archange déchu, le monstre méphistophélique pétaradant au milieu des flammes du moteur.

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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

                « Christine » : le titre en soi est ambigu. Il ne désigne pas une maîtresse, une femme, un être cher (ou du moins « cher » tel qu’on l’entend communément) mais une voiture. (On connaît, du reste, l’attachement viscéral de certains conducteurs pour leur voiture et le déploiement de caresses qu’ils leur réservent chaque dimanche matin). C’est à l’origine le roman de Stephen King, spécialiste du suspense et des situations troubles, qui, en 1983, a inspiré John Carpenter, réalisateur notamment de « the Thing » : rencontre bienvenue entre deux sensibilités très proches l’une de l’autre.

                 Première scène, 1957, les usines de Detroit. Chaines de construction des Plymouth. Dans sa « robe rouge étincelante », un modèle diffère des autres. L’une de ces belles Américaines des années 60... Dés le début, le spectateur perçoit le malaise : la belle et coquette Américaine est une caractérielle qui ne supporte pas les « humeurs » ou les mufleries des mécanos ou de quiconque s’en approche... Les années passent, Christine est devenue « une épave », ce que les Américains appellent « a wreck » qui aurait fini sa carrière dans un champ si Arnie ne l’avait pas remarquée. Arnie, le héros du film, est ce qu’on pourrait appeler « un gentil garçon obéissant », un fils à papa qui, sitôt qu’il voit la Plymouth 57, tombe sous le charme irrésistible et ravageur de celle qu’on appelle « Christine ». Délaissant tout le reste, il la répare amoureusement et la fait rutiler.

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