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« Au-delà » de Clint Eastwood

Publié le par Eric Bertrand

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              Pour les raisons liées à mon « contact avec l’au-delà » que les lecteurs de « Pour y voir Clerc » ont pu légèrement approcher, pour d’autres aussi plus personnelles et enfouies, je me sentais attiré par ce film... attiré sans oser vraiment franchir le pas. Mais mon goût pour les films de Clint Eastwood et la confiance que je leur accorde ont finalement eu raison de ma réticence.

              J’ai donc vu « Au-delà » et je ne voudrais pas faire de mauvais jeu de mots en disant que le film me hante encore aujourd’hui. Tsunami, attentats, accidents de voiture, deuil et peines incommensurables, le scénario tisse les fils des destins de trois personnages bouleversants habités les uns et les autres par la mort ou l’obsédante pensée d’un être désormais absent. Que ce soit le regard du petit garçon qui a perdu son frère jumeau ou de la jeune journaliste qui s’est avancée dans le couloir de la mort, chacun d’eux garde au fond du ventre cette envahissante nausée de mémoire.

             Autour d’eux, les autres les scrutent avec l’œil un peu goguenard du spectateur de téléréalité, ne les comprennent pas, les jugent fatigués, dépressifs, décalés. Le film s’aventure dans les marges, écrit en image floue, en lumière bleutée, que commencer un voyage vers l’au-delà et retourner en arrière, c’est comme revenir avec un sac plein de provisions... On revient toujours avec des souvenirs dans les poches, des stickers, des recettes, des adresses, des cailloux, du sable ! Mais quelle est la main qui a rempli la doublure, et est-il si facile de la vider ici-bas ? 

 

 

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La Rochelle, cité d’indépendance : Rue Léonce Vieljeux (7/7)

Publié le par Eric Bertrand

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             La présence nazie rôde dans la ville dans les années d’occupation et ceux qui ont toujours refusé la soumission, ceux qui ont préféré l’indépendance et le libre arbitre ne pouvaient souffrir la présence ennemie dans les rues de La Rochelle. Chef d’entreprise exemplaire, nommé colonel à la fin de la Première guerre mondiale, Léonce Vieljeux qui est élu maire en 1936, incarne bien cet esprit de résistance.

             Dès 1940, pendant l’Occupation, il fait figure de rebelle en refusant d’abord de hisser le drapeau nazi sur l’Hôtel de Ville puis de placarder des affiches anti-anglaises après Mers-el-kebir. Les autorités allemandes ne renoncent pas pour autant (comprenant sans doute qu’elles ont besoin de s’appuyer sur le charisme du maire pour s’imposer) : elles le sollicitent à nouveau pour collaborer à un journal favorable à Vichy. Nouveau refus catégorique. Ces audaces répétées lui valent d’être expulsé du département. Mais, après un temps de réflexion chez sa sœur à Jonzac, Vieljeux revient avec la ferme intention d’aider les réseaux résistants. Le 1er septembre 1944, il est arrêté par la Gestapo et déporté au camp d’extermination de Struthof en Alsace. Il a 79 ans.

             En 1941, l’écrivain Georges Simenon habite à La Richardais et vient régulièrement à La Rochelle. Il écrit un roman qui fait bien sentir la pesanteur de l’atmosphère à cette époque : il s’agit du « Voyageur de la Toussaint ». Gilles Mauvoisin, jeune homme intègre et audacieux arrive à La Rochelle et bouscule les habitudes et les cadres établis dans une ville que dirige un cercle clos d’inquiétants personnages.

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La Rochelle, cité d’indépendance (6/7)

Publié le par Eric Bertrand

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Maison Jean Guiton au 3 rue des Merciers et statue place de l’Hôtel de ville.

             Rendez-vous avec l’intrépide maire de La Rochelle dont la figure s’est affirmée lors du Grand Siège. La statue de Jean Guiton trône au beau milieu de la place de l’Hôtel de Ville  dont le pavage représente une croix huguenote, ce qui n’est pas un hasard !

            La maison Fleuriau : sur l’emplacement du Musée du Nouveau Monde, au 10 de la rue Fleuriau. Dans la seconde moitié du XVIII° siècle, les protestants prospèrent davantage au sein de cette ville. Aimé-Benjamin Fleuriau achète cet hôtel particulier grâce à la fortune amassée dans les plantations de coton de Saint-Domingue.

            De grandes familles derrière les hauts murs de grands hôtels particuliers.

La grosse maison du 14, rue Bazoges a été habitée par Catherine de Parthenay, duchesse de Rohan, mère d’Henry II de Rohan. Cette femme était une fervente protestante qui a défendu ses convictions avec foi et courage.

             Au 27 de la rue Amelot, la riche et ancienne maison des Bernon constitue aussi un lieu fort de la mémoire protestante. Plusieurs membres de la famille Bernon ont été contraints de s’exiler après la révocation de l’Edit de Nantes mais la demeure est restée un lieu de culte quand le protestantisme s’est reconstitué de façon quasi clandestine

 

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La Rochelle, cité d’indépendance (5/7)

Publié le par Eric Bertrand

 

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D’autres signes : au 28, rue Gargoulleau, le musée des Beaux arts

               Le regard est attiré par une porte monumentale. Celle de l’ancien collège installé en 1565 dans les bâtiments du couvent des Cordeliers. On y voit les armes du roi, celles de la ville, celles de Jeanne d’Albret et de Louis de Bourbon, prince de Condé, maison engagée dans la Réforme, de Gaspard de Coligny et d’autres seigneurs de la cause qui veulent faire de cet endroit un lieu de réflexion favorable à la Réforme. Mais le temps a passé et encore une fois, j’ai eu du mal à identifier chaque brin de cette botte sur la pierre usée !

 

Les clochers d’églises en forme de tourelles : église Saint-Sauveur et Saint Barthélémy.

                Cette particularité des clochers qu’on retrouve sur le clocher de l’église Saint-Sauveur et Saint Barthélémy (construite à la fin du XII° siècle) rappelle la vocation de défense de ces lieux. Ces églises étaient également des lieux de culte. En 1558, devant le nombre grandissant de Réformés, les principes de la Réforme y sont prêchés par l’aumônier du roi et de la reine de Navarre.

 

Les lieux secrets de réunion

                Au 22 de la rue Gargoulleau, derrière cette porte en bois massive d’une maison qui appartenait à une famille protestante, se tenaient des réunions de réformés qui se livraient également à leur culte.

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La Rochelle, cité d’indépendance (4/7)

Publié le par Eric Bertrand

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A la recherche des écussons représentant un mouton...

             La présence huguenote est sensible dans ces quelques inscriptions qui subsistent sur la pierre. Visages de Huguenots place des Petits Bancs... Et, çà et là dans la ville, différents écussons de pierre représentant un mouton : dans la rue des Merciers, au 26, un sculpteur en a dessiné la forme et inscrit en latin cette devise biblique (signe du goût de la lecture de la Bible d’une maison protestante : « Dieu exauce les humbles ».

             D’après mes sources, d'autres figures de cette façon seraient également visibles sur la façade du bâtiment du Musée des beaux-arts, sur celle d’une maison au 22 de la rue Admyrauld et sur le porche de l’une des maisons du cours des Dames. Mais je ne les ai pas encore vus !

 

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