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« Pour elle »

Publié le par Eric Bertrand

 

                Un couple épanoui (Vincent Lindon et Diane Kruger), un petit garçon, le bonheur et la vie au tout début du film mais ces éphémères instants d’un quotidien heureux basculent dans l’horreur. La femme est brutalement arrêtée à son domicile et jetée en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis.

                Les charges sont accablantes et elle n’a aucune chance de s’en sortir. La vie devient insoutenable, absurde. Il n’y a plus rien à faire qu’attendre une réhabilitation ou une libération qui ne viendront pas. Alors le personnage que joue avec une grande intensité Vincent Lindon s’improvise gangster.

                Ce franchissement des palliers qui le mènent à la grande délinquance est mené tambour battant. L’ex-prof bien rangé et paisible plonge dans les milieux louches, s’informe de la manière d’organiser une évasion, cherche de l’argent, des faux-papiers et traque le moyen d’entrer en prison.

                 Le projet est démesuré mais l’homme est obsédé par l’objectif. Sa femme dépérit, a fait une tentative de suicide. Va être transferrée. La tension monte, les obstacles se multiplient, le rythme est haletant. A aucun moment, le spectateur ne lâche prise et il se demande comment, face à un tel déploiement de résistances, si le couple et l’enfant seront à nouveau réunis, envers et contre tous, pour une « happy end »...

 

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Un exemple de travail d’écriture sur « l’Assommoir » : (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

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            De la même façon, et c’est une seconde force de l’ouvrage que Zola lui-même souligne dans sa préface, « la langue du peuple » contribue brillamment à l’effet de réel. Tel un « philologue » (l’image est de Zola),  l’écrivain a pris soin de travailler son style en y agglomérant des traits du langage populaire. Cet aspect qui lui est particulier rend la lecture intéressante et variée, tant la narration change de forme.

             Et que dire des personnages qui emploient cette langue du peuple ? Quelle destinée ! Le lecteur s’attache à Gervaise, à Coupeau qu’il voudrait voir heureux... Tous les deux ont les moyens d’arriver à surmonter les difficultés et à échapper au poids de leur milieu et de leur hérédité... Dans l’Assommoir, on y croirait presque, jusqu’à un certain stade où la machine infernale se remet en place. Dès lors, le lecteur qui s’était habitué à la petite communauté de la blanchisseuse, au gai Coupeau, à la facétieuse Nana, au bon Goujet, assiste à sa lente déconfiture. Et les visages grimacent, et les couleurs virent au gris et Zola, en maître de l’intrigue, tire les ficelles d’un drame inéluctable qui ramène à la vision diabolisée de l’Alcool... L’Alcool, l’énigmatique et sournois alcool, c’est bien là au fond le personnage principal de ce roman.

             Non, cher lecteur, l’Assommoir n’est pas le bistrot de la Littérature ! Au contraire, c’est une auberge d’Intelligence dont l’enseigne brille au-dessus de nos consciences de citoyen du XIX° siècle !

 

E.B pour le journal « l’Aurore »

 

 

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Un exemple de travail d’écriture sur « l’Assommoir » : (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

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Défense de l’Assommoir

 

              Mr Zola vient de publier son septième roman de la série « les Rougon Macquart » et c’est un plaisir de suivre cet écrivain dont le talent ne cesse de s’affirmer au fil de ses productions. En nos temps habitués au ronron littéraire, aux roucoulements factices de princes et de princesses platement romantiques, on trouve toujours, embusqués dans les buissons du Mauvais Goût, des rossignols qui s’indignent contre le génie. Je vais consacrer ces quelques lignes à vanter les mérites de l’Assommoir afin de montrer définitivement le talent d’un auteur qui s’impose désormais aux yeux de tous comme le chef de file du mouvement naturaliste.

             D’abord, ce qui saisit le lecteur dès le premier chapitre, c’est l’impression de réalité ! Des boulevards ouvriers au quartier de la Goutte d’Or et jusqu’au lavoir où a lieu une scène fondatrice, impossible de ne pas plonger dans le Paris populaire et de ne pas « coller au corps » de la blonde Gervaise, personnage principal jeune et attachant. Rien d’artificiel à ce niveau ! Zola a travaillé dans le réel. Et ce réel prend à la gorge tant il est détaillé, précis. Chaque maison, chaque vêtement d’ouvrier, chaque objet du mobilier, fût-il sordide, passe sous le regard de l’écrivain qui n’hésite pas à emprunter aussi le regard de son personnage pour varier sa focale (...) A suivre.

 

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Un exemple de travail d’écriture sur « l’Assommoir » : (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

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                  Malgré la « résistance » de mes secondes à entrer dans un gros « roman réaliste ou naturaliste du XIX° » (c’est le programme), j’ai décidé cette année de les « accueillir » avec « l’Assommoir » de Zola. Certains ont du mal...

                 Et je varie les approches pour les familiariser avec l’œuvre, ainsi l’exercice suivant qui est donné après quelques semaines de cours qui devraient avoir permis l’accès à quelques idées... Je donnerai la réponse en deux temps dans les articles à venir.

 

Sujet : Vous êtes journaliste et lecteur de Zola et vous écrivez à l’époque de la parution de « l’Assommoir ». En utilisant votre connaissance du roman et de la façon dont Zola l’a défendu dans sa préface, vous rédigez un petit article dans lequel vous exprimez votre point de vue visant à soutenir « l’Assommoir » contre tous ceux qui se déchaînent contre lui.

Veillez à organiser votre « article » à la façon d’un texte argumentatif.

 

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Herman Hesse : le Jeu des perles de verre

Publié le par Eric Bertrand

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               Mes proches me plaisantent souvent sur mon caractère ascétique, sur le refuge monastique auquel me contraignent à la fois les exigences du métier, le goût des livres et mon travail d’écriture... En cela, je ne suis pas surpris de me sentir attiré par les romans de Herman Hesse que j’ai survolés à vingt ans et vers lequel je reviens.

               Herman Hesse était le fils d’un pasteur et il a consacré sa vie et son œuvre à des méditations philosophiques qu’il a analysées dans ses œuvres... « Le Loup des Steppes », « Narcisse et Goldmund », « le Jeu des Perles de verre ». L’essentiel se joue dans le domaine de la spiritualité pour ce penseur exigeant qui s’est vite démarqué de son Allemagne natale dont il a toujours rejeté les montées de nationnalisme radical.

               Sous le nazisme, et en exil en Suisse, il écrit donc « le Jeu des Perles de verre ». Ce jeu consiste, pour ceux qui le pratiquent, les disciples, les initiés, les fidèles (car le jeu prétend créer une nouvelle forme de « religion ») de faire coïncider les arts, les mathématiques, la science afin de tendre vers un idéal. Pour explorer cette possibilité de l’esprit humain, l’auteur raconte le parcours d’un enfant doué en musique qui, à sept ou huit ans découvre le caractère sublime de la musique au moment où il rencontre un maître avatn de s’initier au jeu des perles de verre.

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