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Bel-Ami de Maupassant (3/10)

Publié le par Eric Bertrand

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               Vaniteux et conscient de ses avantages, Duroy est aussi calculateur et envisage l’avenir : attendre que le mari décède (Forestier est gravement atteint de phtisie et sa santé se détériore) et épouser la veuve. Prendre ainsi la succession de Forestier au journal et partager la dot de Madeleine.

                   Mais il garde en même temps la maîtresse qui le charme toujours par sa fantaisie. Et déjà, il envisage d’exploiter l’amour que lui voue la femme de son patron, Mme Walter qui pourrait l’aider à mieux se placer dans l’entourage du directeur. Or, Mme Walter constitue une cible délicate. Véritable « rosière », la dame est remplie de scrupules et de principes. Elle se rattache désespérément à Dieu et à l’Eglise, à son sens de l’honneur et de la famille (elle a deux grandes filles)... Mais Duroy joue un jeu satanique et prend un plaisir sournois à la faire vaciller puis tomber dans le vice et le délire de la passion.

                  Déjà lassé par les « enfantillages » de « la vieille », il lutine la fille, Suzanne qui lui apparaît un bien meilleur parti que Madeleine. D’autant que Walter, grâce à une opération en bourse, est devenu l’une des plus grosses fortunes de Paris. Il lui faut donc manœuvrer de façon à se débarrasser de Madeleine. Madeleine a toujours été une femme libre (amante d’un comte qui lui a légué sa fortune, le comte de Vaudrec)... Non content d’hériter de la moitié de cette fortune, Duroy fait surprendre Madeleine dans le lit du ministre des Affaires Etrangères. L’adultère ainsi constaté, il peut épouser Suzanne et prétendre au poste de ministre à la place de celui qu’il a si adroitement déchu.

 

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Bel-Ami de Maupassant (2/10)

Publié le par Eric Bertrand

 

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                 Bel-Ami, c’est le surnom qu’acquiert rapidement Georges Duroy, du fait de son succès auprès des femmes. Nulle ne résiste à sa fine moustache (rappelons-nous le mot de Cyrano à propos de Christian : « tous les mots sont fins quand la moustache est fine ». Et de fait, son ascension fulgurante dans l’échelle sociale est due à ses différents succès et à une certaine dose de cynisme, de sens tactique qui lui permet de manoeuvrer au mieux une jolie main, une jolie robe, une jolie dot...

                 L’individu est un médiocre, issu d’une famille de paysans de Normandie et particulièrement vaniteux et paresseux. Il a quitté son poste de sous-officier des hussards pour venir à Paris et tenter de faire fortune... Mais rien ne va au début et il vit chichement d’un humble revenu dispensé par les chemins de fer du Nord. C’est la rencontre d’une vague connaissance de régiment, un certain Forestier, rédacteur à la « Vie française » qui le propulse dans le monde. Forestier est journaliste, sa femme Madeleine est ravissante, douée, agréable et intelligente. C’est elle qui rédige les articles de « ces messieurs » puisque Duroy, comme le mari, sollicite son aide. Par ailleurs, elle connaît du monde. Son amie Clothilde de Marelle par exemple est sensuelle et attirante, il fait d’elle sa maîtresse et exaspère la convoitise des autres femmes. (...)

 

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Bel-Ami de Maupassant (1/10)

Publié le par Eric Bertrand

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                Dans le cadre de la préparation de mes cours de rentrée, j’ai relu de près cette œuvre de Maupassant et c’est toujours un plaisir. Comme à chaque fois avec les classiques, on y redécouvre des beautés... Cette lecture tournait autour de la figure du personnage romanesque puisque le cours de 1ère, s’il laisse le professeur libre du choix du roman, propose de le considérer sous l’angle du personnage.

                 Mais les choses ne sont jamais simples dans l’optique d’heures de français qui sont toujours comptées et qui supposent que les élèves soient un tant soit peu connaisseurs... Car il faut en effet mettre en perspective cette approche et les faire réfléchir sur l’évolution du statut du personnage de roman dans une histoire littéraire qui s’apparente parfois elle-même à un parcours picaresque réservant au héros bien des surprises et vicissitudes... Tenons-nous en pour l’heure à une relecture de « Bel Ami ».

                Bref, je vous propose ces allers et venues dans l’œuvre qui témoignent du souci de « compactage » !

 

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La Rochelle vue de haut

Publié le par Eric Bertrand

             Alors que la perspective de la publication de mes ouvrages qui ont pour toile de fond notamment La Rochelle se précise (j’ai reçu dans ce sens un mot de mon éditeur), je propose aux amateurs cette petite promenade par le ciel afin d’embrasser tous ces lieux auxquels je consacre de nombreuses lignes...

 

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La vague

Publié le par Eric Bertrand

             « La Vague » est un film allemand réalisé par Denis Gansel en 2008..... Il offre une troublante réflexion sur la montée du totalitarisme à travers une expérience pédagogique intéressante dans son idée.

             Un professeur connu comme « anarchiste » est chargé par son institution de faire un cours sur l’autocratie. Malgré ses protestations et son envie de s’exprimer au sujet de son domaine de prédilection, il est obligé de se pencher sur la question... Qu’est-ce que l’autocratie ? Comment ça marche ? Pouvez-vous citer un exemple d’autocratie ? Hitler bien sûr... Pensez-vous qu’un régime comme le nazisme puisse un jour revenir dans notre pays ? Non, évidemment ! Les étudiants de la classe en sont presque offusqués...

             Pour donner du relief à son cours et expliquer le fonctionnement du concept, le professeur met d’emblée en place un certain nombre de codes et de rituels : l’ordre de l’espace de la classe, le salut, la position de réponse, la nécessité de l’entraide entre membres, (on peut taper du pied en même temps pour sentir la force du groupe et faire vibrer le plafond de la salle d’en-dessous, celle qui bosse sur l’anarchie....), la création d’un nom : « la vague », d’un sigle, d’un costume, d’un signe de reconnaissance...

             Et petit à petit, à l’exception de certains esprits forts, les étudiants sont conquis par ce cours qui s’insinue dans leur vie, qui comble les manques, qui répond à des pulsions, des envies, des aspirations jusque là informulées ou refoulées.

              Le professeur se prend au jeu, devient un chef, une figure charismatique qui manipule le groupe. Dans la salle des profs, le vide se fait autour de lui. Où l’expérience va-t-elle s’arrêter ? Le cours est censé durer une semaine, mais en deux séances, l’esprit s’est embrasé et la fureur adolescente s’est emparée de l’idée. L’énergie de groupe est immense. Un dérapage grave est désormais inéluctable et le professeur, dont l’évolution devenu trouble dans son comportement, flatté, grisé peut-être par son succès, convoque son groupe en urgence le samedi matin, s’enferme dans l’amphi de la fac et tente une expérience ultime...

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