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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Objet de convoitises et de haines diverses, la voiture elle aussi est en crise. Folle de rage, implacable, Christine s’emporte, Christine s’enflamme et immole ses victimes par le feu. Puis ses ardeurs tiédissent et elle rentre au garage. A ce stade, le spectateur ne sait pas si le conducteur est au volant. Agit-elle pour son propre compte ? Son maître est-il allé assez loin pour partager enfin avec elle le frisson du Mal conquérant ? Le fait est que, tout au long du film, Arnie devient de plus en plus violent, de plus en plus imprévisible.

              A la fin, il n’appartient plus à l’ordre des hommes. La voiture l’a en quelque sorte « vampirisé »... Le dénouement le montre en effet jubilant au milieu des flammes et poignardé par le moyen d’un morceau de verre planté dans le cœur à la façon d’un pieu. Mais le cœur de Christine respire encore et la lueur du poste radio continue d’éclairer d’un éclat fauve le tableau de bord.

              Le cinéaste a magnifiquement joué des couleurs, filmé en multipliant les plans les allures anthropomorphes de la calandre, des phares, du capot avant, rouge de colère, noir de nuit, luisant. Et quand le monstre est enfin (en apparence) anéanti, écrasé par les chenilles d’un Caterpillar, dans la figure intestinale ou cérébrale que dessine l’amalgame de ferraille, dernière image du film, on perçoit encore, comme un frémissement, un vaisseau sanguin qui palpiterait dans l’organisme de métal. 

 

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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

                La belle lui est particulièrement reconnaissante et le lui rend bien. Une étrange complicité s’établit en effet entre l’élégante Américaine et le jeune homme : lorsque s’allume le poste de radio, le spectateur comprend que c’est Christine qui s’éveille, qui manifeste sa voix et son avis. Jalousie, mise en garde, colère, indignation... Les phares sont des yeux qui s’ouvrent car, en bonne créature de la Nuit, véritable vampire au féminin, la créature promène sa robe rouge au cœur des ténèbres. Et progressivement pendant le jour, son propriétaire se métamorphose lui aussi.

              Saisi du vertige de l’amour, de la révolte contre ses parents et ses tortionnaires, grisé par le pouvoir de la grosse mécanique laquelle, telle le Phoenix, renaît de ses cendres, Arnie s’enflamme au volant de sa voiture. Vêtu d’une veste trois quart rouge, les cheveux noirs, peignés en dérapage contrôlé, l’œil en feu de croisement, le rire en crissement de pneumatique, il apparaît finalement comme l’archange déchu, le monstre méphistophélique pétaradant au milieu des flammes du moteur.

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« Christine », la belle Américaine de l’archange maudit (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

                « Christine » : le titre en soi est ambigu. Il ne désigne pas une maîtresse, une femme, un être cher (ou du moins « cher » tel qu’on l’entend communément) mais une voiture. (On connaît, du reste, l’attachement viscéral de certains conducteurs pour leur voiture et le déploiement de caresses qu’ils leur réservent chaque dimanche matin). C’est à l’origine le roman de Stephen King, spécialiste du suspense et des situations troubles, qui, en 1983, a inspiré John Carpenter, réalisateur notamment de « the Thing » : rencontre bienvenue entre deux sensibilités très proches l’une de l’autre.

                 Première scène, 1957, les usines de Detroit. Chaines de construction des Plymouth. Dans sa « robe rouge étincelante », un modèle diffère des autres. L’une de ces belles Américaines des années 60... Dés le début, le spectateur perçoit le malaise : la belle et coquette Américaine est une caractérielle qui ne supporte pas les « humeurs » ou les mufleries des mécanos ou de quiconque s’en approche... Les années passent, Christine est devenue « une épave », ce que les Américains appellent « a wreck » qui aurait fini sa carrière dans un champ si Arnie ne l’avait pas remarquée. Arnie, le héros du film, est ce qu’on pourrait appeler « un gentil garçon obéissant », un fils à papa qui, sitôt qu’il voit la Plymouth 57, tombe sous le charme irrésistible et ravageur de celle qu’on appelle « Christine ». Délaissant tout le reste, il la répare amoureusement et la fait rutiler.

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« Christine », le bolide de l’archange maudit (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

               Je termine cette semaine un dossier consacré aux voitures que j’ai construit avec ma classe de BTS spécialistes en vente automobile. Pour terminer cette réflexion dans laquelle j’ai utilisé des spots de publicités sur la voiture, des documents d’infos sur la Tucker, sur la DS19, un extrait de « Mythologies » de Roland Barthes (concernant également la « déesse de 1957 »), une chanson de Gainsbourg consacrée à la Silver Ghost de 1920 et deux récits autobiographiques de Rouaud (la 2 CV du grand-père) et de Rolin (« la DS Remember » de « Tigre en Papier ») j’ai choisi d’analyser un film, « Christine » de John Carpenter.

               C’est l’occasion pour moi de travailler sur la critique de cinéma et de proposer un article aux étudiants. Comme ce que j’ai trouvé sur le net à ce sujet ne me satisfait pas tout à fait, je propose à partir de demain l’article « maison » que j’ai rédigé.

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Une petite promenade en art

Publié le par Eric Bertrand

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             Amateurs et amatrices d’art, je vous convie à cette agréable promenade dans “les galeries” de Carolina, cette artiste née dans “le Ponton” mais dont l’âme, chevillée au travail de la terre, du vitrail ou de la peinture, s’est libèrée des planches et du papier.

             La galerie n’attend que l’occasion de s’étendre ! Et les amateurs étaient en effet nombreux à se presser dans la petite maison.

             Voici en tout cas le lieu pour flâner !

             http://galateia.over-blog.com/

 

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