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Nouvelle exaltante...

Publié le par Eric Bertrand

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           Juste une interruption de la « série » pour une nouvelle exceptionnelle... Moi qui attendais depuis quatre ans de retourner au lycée, je viens de recevoir officialisation de la nouvelle : j’ai enfin obtenu ma mutation. Je vais pouvoir reprendre un enseignement axé sur la littérature et non plus sur la maîtrise de la langue.

           Un autre métier que j’avais « légèrement déserté » et que je retrouve enfin, ce qui me remplit de joie. Etait-ce un signe ? La « trilogie » théâtrale trouvait un terme justement cette année au collège... Je vais pouvoir reconstruire des perspectives plus proches de ce que je faisais au lycée de Loudéac. Un été chargé en perspectives car il me faut à nouveau changer tout...

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« Paroles de Lecteurs » (18/21) : « Le Ponton » : l’Etna et l’attisement des passions

Publié le par Eric Bertrand

         On change de tropisme, laissons-nous guider par cet extrait du Guépard de Lampedusa pour comprendre la Sicile qui sert de cadre au Ponton.

 

Ce paysage qui ignore le juste milieu entre la mollesse lascive et la sécheresse infernale, qui n’est jamais mesquin, banal, prolixe comme il convient au séjour d’êtres rationnels, ce pays qui, à quelques milles de distance, étale l’horreur de Randazzo et la beauté de Taormine, ce climat qui nous inflige six mois de fièvre à 40° (mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, six fois 30 jours de soleil vertical sur nos têtes, cet été long et sombre comme un hiver russe, encore plus dur à supporter. Vous ne le savez pas encore, mais on peut dire que chez nous il neige du feu comme sur les villes maudites de la Bible (…)"

           Après la tragédie écossaise, retour au drame sicilien donc, dans le genre de Pirandello. Sous un autre ciel, la Sicile, une mentalité insulaire, un petit « pays » : « un paese » et des usages bien ancrés qui équilibrent les relations entre hommes et femmes. Au moment des grandes vacances, quand arrivent les touristes et quand frappe le soleil volcanique de cette terre à Etna, les jeunes sont sous écoute permanente...

            Surveillance rapprochée des grands frères, de l’entourage, des commères installées sur les bancs, des figures locales quasi légendaires comme celles des deux vieilles conteuses, « les Befana sotto le stelle » qui connaissent bien les enfants. Elles reviennent avec leur spectacle au début de chaque été et au début de la pièce. Elles découvrent alors que les enfants d’hier, les Ornella, Marinella, Salvatore, le beau Gigi « l’amoroso » ont changé, qu’ils sont devenus des adolescents perturbés par des sentiments nouveaux.

            Inquiétudes, agacements, insatisfaction, jeux de séduction, tabous, jalousie... Ils ne savent plus vraiment où ils en sont et rien ne les distrait plus jusqu’au moment où une étrangère, « l’Americana » vient allumer le feu et renverser tous les usages, aussi bien du côté du groupe des filles que du groupe des garçons... Et c’est là que commence le drame dont les répercussions amènent le lecteur à découvrir la face cachée de ces « befana,» qui ont, un jour elles aussi, été des femmes sujettes aux passions...

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« Paroles de Lecteurs » (17/21) : « Le Ceilidh » : metteur en scène et femme manipulatrice.

Publié le par Eric Bertrand

             La manipulation est le maître mot de cette pièce qui s’inspire du Macbeth de Shakespeare. Issue fatale donc, tragédie oblige, au moins pour l’un des personnages. Le texte (qui est double car j’ai éprouvé pour cette histoire et la suivante le désir d’en donner une version narrative) trouve sa violence élémentaire dans la rudesse d’un pays que je connais bien, livré aux vents du nord et à la fureur des éléments : les Highland d’Ecosse (la trame se nourrit d’ailleurs d’une sombre page de l’histoire locale de la région du Caithness dans laquelle j’ai vécu). La référence littéraire à Macbeth ne fait que renforcer cette sauvagerie, Shakespeare ayant, dans cette « pièce écossaise » rien modéré dans le déchaînement des passions.

            C’est la femme qui porte le flambeau de la tragédie, beaucoup plus que l’homme qui n’apparaît que comme un instrument de sa compagne. Dans le Ceilidh, j’ai orienté le thème de l’ambition (à la base de la pièce de Shakespeare) du côté d’une sordide affaire criminelle dont l’héroïne, comme dans un film d’Hitchkock (d’ailleurs, elle se nomme Rebecca), cherche à éliminer sa rivale... La pièce met en scène une troupe de comédiens dont le metteur en scène est aussi dans « la vraie vie » un sinistre manipulateur : Ronald Mac Donald. Pour le convaincre de lui garder sa préférence, Rebecca qui a joué le rôle de lady Macbeth puise énergie et motivation dans le texte de Shakespeare qu’elle connaît par cœur et que Ronald lui demande de réciter encore et encore !

  

Rebecca (Jouant Lady Macbeth) : « Je me défie de ta nature, Macbeth ! Elle est trop pleine du lait de la tendresse humaine pour que tu saisisses le plus court chemin. Tu as de l’ambition et tu n’as pas la cruauté qui devrait l’accompagner ! Venez, venez, esprits qui assistez les pensées meurtrières ! Débarrassez-moi de mon sexe ! Et de la tête aux pieds, remplissez-moi toute de la plus atroce cruauté ! Epaississez mon sang et fermez en moi tout accès à la pitié ! Venez à mes seins de femme prendre mon lait changé en fiel, vous, ministres du meurtre ! Que mon couteau aigu ne voie pas la blessure qu’il va faire ! »

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« Paroles de Lecteurs » (16/21)"Le Tennessee club" : solitudes conjuguées

Publié le par Eric Bertrand

           A l’issue de l’aventure burlesque du Loft, certains de mes acteurs ont réclamé des histoires plus « tragiques », ce qui a ouvert un « cycle » de trois pièces marquées par le genre du drame, de la tragédie, puis à nouveau du drame. Le Tennessee Club est inspiré de l’univers de Tennessee Williams (« Soudain l’été dernier », « un Tramway nommé Désir », « la Chatte sur un toit brûlant ») : il résonne de différents échos à la route américaine et entraîne hommes et femmes dans un affrontement dévastateur qui les isole dans leurs rêves idéalistes, leurs passions destructrices (l’alcool, l’argent, le jeu, l’errance).

           La référence à un absolu mythique (famille unie, grand amour, propriété prospère) accentue le sentiment dramatique d’un gâchis et d’un désastre sentimental. C’est ce qu’incarne le personnage principal de la pièce, Thelma qui a quitté la plantation de Louisiane pour partager sa fortune avec Tom Desire dans l’aventure du « Tennessee club », établissement qui végète au bord de la highway, dans un lieu désespéré, Bagdad Café. (Au passage, commence officiellement avec cette pièce, la collaboration avec le Moulin à sons de Loudéac et les clins d’œil aux musiques de films sont symptomatiques d’une volonté de mêler sur la scène musiciens et comédiens)

           Dans le Tennessee Club, c’est Thelma qui pousse le cri de désespoir autour duquel tout se cristallise... Ils sont nombreux ceux de sa famille qui souffrent autour d’elle, et qui ont eu la drôle d’idée de vouloir la rejoindre pour « régler des comptes » : la mère, les tantes dont la santé mentale vacille, les petites sœurs qui rêvent de fuguer, le père de suivre une entraineuse.

« On a tous en nous quelque chose de Tennessee ».

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« Paroles de Lecteurs » (15/22) : Loft History 2084 : un harem dans un loft

Publié le par Eric Bertrand

              Après une transition par une pièce consacrée à Gainsbourg et restée inédite du fait de l’obstacle des droits d’auteur, l’idée de garder un œil sur l’univers du show-bizz m’amène à réfléchir sur ce qui fait le quotidien de nos ados... Condition particulière de l’écriture de cette pièce tributaire de la contrainte d’une distribution inégale : déséquilibre du masculin-féminin dans la troupe. Une fable sur la téléréalité à partir de l’examen critique de l’émission « Loft Story ». On est en 2084, un tyran a pris le pouvoir (référence au Big Brother de 1984).

                Passablement pervers et retors, il s’entoure de femmes entièrement à sa disposition et cherche à éliminer les derniers « résistants » à travers un « loft » télévisé, remodelé de façon à réduire à néant la Culture de ses opposants. Le seul « lofteur » s’appelle Tarzan, il est comme son nom l’indique, animé de pulsions à l’égard des femmes. Ces pulsions s’expriment à travers les tirades de théâtre qu’il puise dans le grand répertoire des auteurs interdits, parce que jugés « indécents » : Shakespeare, Musset, Rostand.

Tarzan : Puisque c’est à moi qu’il incombe de faire entendre ici le chant du mâle … (Improvisant une réplique) : J’aime Juliette !  Je cueille sur ses lèvres le fruit d’amour défendu ! J’aime Juliette, je suis au paradis et je me bats au corps à corps avec Satan quand je passe sous le pommier de ses fesses et de ses seins !

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