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« Midnight in Paris » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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             Chaque nuit, rendez-vous avec la société littéraire et artistique de l’époque : Gertrude Stein, Hemingway, Dali, Man Ray, Picasso, et l’une de ses maîtresses, une certaine Adriana (distinguée Marion Cotillard) dont il s’amourache. Le contraste avec la vie réelle et les préoccupations d’ameublement du futur appartement à Malibu est cuisant. Le stress galopant de 2010 contre la fièvre bouillonnante des salons d’artistes. Hemingway, Gertrude Stein, Picasso interviennent dans la vie de Gil, lui donnent des conseils et des avis et lui permettent peu à peu de sublimer son art.

              C’est un véritable « stage chez Gertrude Stein » que Gil suit aux côtés de cette société électrique. Et Gil peut enfin s’épanouir... Il va même jusqu’à suggérer ses idées à d’autres artistes, par exemple, le cinéaste surréaliste Bunuël à qui il propose un film sur des bourgeois enfermés dans une même pièce et qui se transforment progressivement en bêtes sauvages... En rhinocéros ! « Paris est une fête », et l’amour y prend toute la place dans les années 20. Gil vit logiquement une aventure avec Adriana qui vient de « casser » avec l’insupportable Pablo et sa « Baigneuse ». Elle aussi rêve d’une époque meilleure. Le Paris de la Belle Epoque... Avec Adriana, il fait à nouveau « un pas de côté » et pousse la porte de chez Maxime où il rencontre Lautrec, Gauguin et Degas. C’est que, comme Gil, Adriana est profondément insatisfaite et poursuit un rêve inaccessible dans un monde bien dérisoire...

               Ce film, où la magie l’emporte sur le réel, où la lumière du conte l’emporte sur celle de l’éclairage urbain, est une méditation caustique sur le sentiment de la futilité et de l’absurdité. Tous les artistes poursuivent un rêve. Au fil des images, Woody Allen interroge la genèse de toute œuvre... Sous la page blanche, sous l’écran et la toile, sous le drap immense de nos nuits, palpitent les lampes magiques des « malins génies » du passé, Hemingway ou Picasso, Proust ou Lautrec. Ces malins génies éclairent un peu nos pauvres vies et enrichissent l’œuvre que tout artiste laisse en héritage.     

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« Midnight in Paris » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

            Les douze coups de minuit et le conte de fée s’arrête... A moins qu’il ne commence ! La scène est à Paris, un Paris de carte postale (musique de Sidney Bechett et succession de plans dés les premières images du film de cet amoureux de Paris qu’est Woody Allen...) « Paris est une fête » : Ernest Hemingway avait lui aussi, en son temps, célébré la fête parisienne.

            Comment célébrer Paris ? Quand on est un jeune couple d’Américains friqués et qu’on dispose en plus du portefeuille « confortable » d’une belle-mère chaperon... Il faut sauter de taxis en taxis, aller à toutes les expos, dîner dans les grands restaurants, acheter des pièces rares chez les antiquaires et passer le week-end « à la campagne », traduisez : le Mont Saint-Michel !

            Le personnage principal de « Midnight in Paris », Gil Porter, est un doux rêveur aux vélléités d’écrivain, et il subit docilement le grand train de vie de sa future épouse. Comme souvent chez Woody Allen, rien ne l’unit à sa ravissante fiancée, sinon le goût commun pour la cuisine indienne ou la sexualité galopante. Mais au fond, à travers le dédale parisien, Gil poursuit un rêve secret. Nostalgique des années 20, amoureux des flâneries et de Paris sous la pluie, il est la plupart du temps frustré. Jusqu’au soir où il se libère...

            Plutôt que de subir les discours intellectuels forcenés d’un ancien ami de sa fiancée rencontré dans une expo, il fait un pas de côté et se retrouve à minuit dans une rue, sans pouvoir retrouver son chemin. Une voiture capitonnée, style Delahaye des années 20, s’arrête à sa hauteur et ses occupants l’invitent à monter... A son bord une joyeuse société, amenée par un certain Scott Fidzerald et sa Zelda... Imaginez la tête de Gil ! « Tendre est la nuit » et champagne pour tout le monde... L’aventure ne fait que commencer... La suite demain !

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"La mort du roi Tsongor" de Laurent Gaudé

Publié le par Eric Bertrand

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               Toute la ville de Massaba vibre de l’annonce du mariage de la fille du roi Tsongor, Samilia, qui doit avoir lieu le lendemain avec Kouame, le prince des terres du Sel. Mais le ciel se couvre car revient Sango Kerim, celui à qui la princesse avait promis, alors qu’ils étaient enfants, de lui donner sa main. Il a couru le monde et est venu réclamer son dû.

               Pour éviter le conflit entre les deux hommes, Tsongor demande à Souba, son fils cadet, de parcourir le monde et de lui édifier sept tombeaux. A ce moment seulement son âme sera libérée, et cessera d’errer en attente de l’apaisement de la mort. Pour l’heure, il confie à son fidèle Katabolonga la mission de l’aider à mourir afin que le deuil protège le royaume. Mais rien n’y fait et les deux rivaux se lancent dans une guerre sanglante que même ne peut arrêter.

               Le roman fait alors défiler des silhouettes effrayantes qui jouent le jeu de la dissuasion avant de se livrer aux pires atrocités, chacune des tribus ayant ses propres rituels d’exécution de l’adversaire. La guerre s’enlise et semble ne jamais devoir se terminer, Masssaba tient toujours et Sango Kerim persiste. Samilia décide alors de se donner à Sango Kerim pour honorer sa promesse et mettre un terme au massacre. Stratégie vaine... Le guerrier ne veut en aucun cas abandonner la ville, au contraire, il souhaite la lui offrir plutôt que de faire d’elle une errante.

                  La guerre continue donc et finit par lasser Kouame qui, sentant la fin venir, vient réclamer une nuit d’amour à Samilia. Samilia la lui accorde car, au fond d’elle, elle sait très bien que c’est lui qu’elle aime. Ragaillardi par le feu de ce corps, Kouame reprend la guerre avec un acharnement redoublé. Samilia qui s’en va... Dans son errance, elle s’écarte du champ de mort et reste, avec son frère cadet Souba, la dernière mémoire du roi Tsongor.

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Un avis sur « le Ponton »

Publié le par Eric Bertrand

Périodiquement, je donne à lire aux lecteurs de ce blog, avec l’accord des intéressés, les avis que je reçois concernant mes livres, toujours soucieux de proposer ainsi un éclairage différent sur ce que j’ai déjà écrit. Merci à son auteur ! Ces retours m’intéressent toujours !

 

J'ai fini " le ponton"

J'ai trouvé ce livre léger et rafraîchissant comme un soda glacé et pétillant bu à la terrasse ombragée d'un café un jour de grosse chaleur...Ce roman est baigné du soleil de Sicile, gorgé des couleurs de cette île qui t'est si chère (on est allé en Sicile il y a 4/5 ans et les noms que tu cites : Cefalu, Agrigante, Taormine résonnaient à mes oreilles comme de beaux souvenirs!) Tu décris bien l'atmosphère ce ces lieux, leur gaieté, la douceur d'y vivre.

J'aime bien les personnages hauts en couleurs (les 2 femmes, les jeunes) et le regard tendre que tu poses sur eux, les dialogues souvent amusants, la jolie légende du début, la description des ressentis et des émotions (féminines pour certaines et bien vues!) la "confrontation " joyeuse entre ces 2 générations. C'est une chouette idée d'avoir fait de ce ponton estival le "théâtre" de tous ces évènements!

J'ai passé un agréable moment à le lire, un avant-goût de vacances. J'attends ton futur livre (celui-ci je l'aurai vu grandir dans ta tête!) avec impatience!

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Retournements de la Fortune

Publié le par Eric Bertrand


La route, la poussière et le sable.Les Etats Unis. par Golgot38
  

La scène se déroule sur le sol américain, à l’issue d’une malencontreuse mésaventure. Dans le contexte actuel, elle prend une résonance particulière...

 

          « Devant nous, un groupe de prisonniers enchainés les uns aux autres passèrent lourdement : ils portaient tous un même uniforme et, sur le dos de la veste brune qui les assimilait les uns aux autres était inscrit, à la façon d’un matricule, le nom de l’établissement en lettres capitales : ORLEANS PARISH PRISON. (...) Au bout de quelques secondes, je n’avais plus rien que ma chemise défaite. Un employé s’approcha de moi et me riva au poignet un bracelet rouge vif avec un numéro de matricule et un nom d’emprunt : « Alix Birtram ». Sans aucun artifice de fiction, j’étais devenu, grâce à l’intervention de la police de la Nouvelle Orléans, un drôle de personnage transitoire, sans âme et sans dignité, répondant au nom d’Alix Birtram. Le numéro de cet individu précédait, dans les registres de la prison, celui du dit Bastel Verstex (...)

          Ils avancèrent, abasourdis dans leur cellule et s’effondrèrent, chacun sur un banc étroit et glauque où couraient des cafards et des punaises. Birtram en écrasa une, de rage : une odeur nauséabonde se répandit aussitôt (...) Dans les cellules voisines, des hurlements s’élevaient par intermittences, et les clés des geôliers faisaient l’unique tic-tac de la nuit (...)

          Vers la fin de l’après-midi, un cliquetis dans la serrure secoua la torpeur des prisonniers. Verstex et Birtram furent amenés jusqu’à une grande pièce située en sous-sol D’autres individus piétinaient là, dans l’obscurité, dans l’attente d’un jugement (...). »

 

Extrait de la Route, la Poussière et le sable

 

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