Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Petite pause dans la conférence

Publié le par Eric Bertrand

Printemps au marais (2) [1600x1200]

                L’actualité littéraire et créatrice est aussi l’aliment de ce blog et cette longue série d’articles consacrés à la conférence doit être interrompue une première fois par les articles qui attendent leur heure et qui courent le risque du dépassement.

                Au programme donc, quelques indications relativement à la prochaine représentation, aux dernières lectures ou films et événements littéraires et même au voyage en Bretagne relativement récent... Alors à demain pour l’actualité !

 

Voir les commentaires

« Paroles de Lecteurs » (9/22) : La Fiancée des corbeaux : l’obsession du féminin (suite).

Publié le par Eric Bertrand

100-7454.JPG

                 Dans ce carnet d’impressions qui court du 27 octobre au 13 juin, il parle aussi de l’éternelle présence des collines, des sources et du printemps, de la petite place de Manosque (où nous avons pris ensemble la tasse de café du bavardage matinal et de la belle clarté non encore consumée du matin d’été), des thèmes abordés dans ses livres, l’écriture en prison, les aventures réservées par la vie, l’école, la nature, les livres, (ceux de Giono qui sont remplis d’arbres et de personnages en bois) les films, le printemps, les lieux où l’on se baigne, les lieux où l’on mange, et les femmes, inévitablement les silhouettes des femmes...

                  Il y en a quatre types chez René : d’abord et avant tout, la figure tutélaire : la mère, à qui il a consacré son livre bouleversant « Elle danse dans le noir ». Sa mère, c’est la complice de toujours qui veille sur l’enfant grandi et qui l’accompagne partout dans les rues de Manosque et dans les souffles de la nature. Cette femme est la gardienne du jardin enchanté, le refuge contre ses camarades d’école qui le surnommaient à cause de sa myopie « quatre œil » ou « Malbichu » comme il le confie dans le Voleur d’innocence. (Extrait)

                 La seconde femme, c’est la fille adorée par le père qui l’élève. La fille protégée, vulnérable, dont l’image oscille entre les différents âges, du bébé à l’enfant de l’école, de l’enfant de l’école à l’adolescente. L’appartement du narrateur est désormais empli du bruissement de l’enfant chéri livré à la menace du monde.

                 La femme élémentaire, dont la grâce et la douceur renvoient au pays de Manosque (pour cela, il la surnomme « la fiancée des corbeaux », celle dont la modestie « plaît aux arbres et aux oiseaux »). Elle est le prolongement de la mère. Il s’agit d’une institutrice qu’il fréquente et qu’il prend plaisir à regarder vivre dans le cadre de ses collines...

                 Enfin la femme fauve, celle qui saisit et captive par la force d’attraction de son corps et son érotisme affolant. La féline est partout, elle met le feu au désir, témoin la valeur métaphorique de cette scène récurrente de « la meurtrière », « fenêtre sur cour » par laquelle le narrateur plonge son regard sur les ébats de ses voisines.

Voir les commentaires

« Paroles de Lecteurs » (8/22) : La Fiancée des corbeaux : l’obsession du féminin.

Publié le par Eric Bertrand

100-7455.JPG

                René Frégni est devenu un ami. Je l’ai rencontré au salon des Etonnants voyageurs à St Malo et il parlait abondamment des costauds de la prison, de cet endroit qu’il connaît bien « Où se perdent les hommes » selon son expression qui est aussi le titre de l’un de ses romans. Il a mené des ateliers d’écriture à la prison des Baumettes à Marseille et ce qu’il y a vécu, entendu, nourrit une partie de ses livres. « Tendresse des loups »... Une partie seulement car cet écrivain tourné vers le milieu « mec », milieu du grand banditisme, fans de l’OM, joueurs de pétanque ou piliers de café à l’heure du pastis est aussi est un grand tendre, amoureux des femmes. Pour parler de René, j’ai choisi de le faire à partir de son tout dernier ouvrage qui vient de sortir en mars dernier et qui s’intitule : la Fiancée des corbeaux.

                Le livre est écrit sous la forme d’un journal et c’est comme s’il m’était donné l’occasion de le parcourir derrière l’épaule de ce vieil ami que je n’ai pas revu depuis trop longtemps. René y évoque sa dernière fille, Marilou. Marilou avait 7 ans quand j’ai rencontré son père, elle en a aujourd’hui 18. Le récit dit comment elle enluminait ses instants, comment elle le suivait partout, sur la plage, au cinéma, dans les étangs, dans sa cuisine pour d’enragées parties de monopoly. Figure réelle qu’on pouvait croiser davantage à Manosque que du côté de la Rue de la Paix... Figure littéraire également. Sa silhouette était apparue bien avant la Fiancée des corbeaux, dans tous les ouvrages signés Frégni et notamment On ne s’endort jamais seul, récit sublimé d’enlèvement d’enfant. Dans la Fiancée des corbeaux, Marilou a quitté Manosque, elle fait ses études à Montpellier et devient une femme.

 

Voir les commentaires

« Paroles de Lecteurs » (7/22) : Les Vice-rois : suite.

Publié le par Eric Bertrand

Bretagne 2011 (9) [1600x1200]

           La relation de ces deux hommes aux femmes en dit long sur les deux volets de cette saga.

- Ercole Tommasso, la silhouette farouche de Tessa. Tessa est sarde, Ercole tombe sous son charme alors qu’il est en mission en Sardaigne pour tâcher de rattacher la Sardaigne au Piémont. Tessa est une opposante engagée. Et pourtant, Ercole ne lui résiste pas. Il aime la façon dont elle incarne magnifiquement son pays. Quand elle le rencontre pour la première fois, elle lui remet une statuette de marbre, une « Madre Mediterranea » : comme l’écrit Cortanze, cette statue « existait, hautaine », en un mot, elle incarne ce qu’est profondément Tessa. Tommasso comprend à travers elle le visage de résistance de sa maîtresse et en même temps cette volonté de rejeter violemment tous ces usages hérités du passé sarde, les vêtements imposés aux femmes comme les tatouages, jupes, corsets, colliers à quatre rangs, l’interdiction du deuil remplacé par la claustration imposée...Elle subjugue Ercole Tommasso et l’entraîne dans les entiers perdus qui sillonnent les reliefs de Sardaigne. 

- Roberto Tommasso : le goût de la marge se transmet dans la famille... La femme qu’aime  Roberto est elle aussi une farouche indépendante, une femme libre qui porte pantalon et qui affronte ses rivaux masculins dans les courses automobiles. C’est la poétesse Diodata (disciple de Marinetti, dont certains se souviennent peut-être qu’il a été en 1909 l’auteur du Manifeste du Futurisme cher à la culture fasciste) qui écrit des poèmes licencieux où, telle une Louise Labbé du XX° siècle, elle analyse sans vergogne ses émotions et son érotisme de femme.

Mon clitoris exulte dans les barbes mécaniques de ta nuit tel un pétale de lave avion de feu locomotive œil terrible assailli par le plaisir ô jus délicieux de la salamandre enfiévrée, Homme, dénoue mes cordes d’acier, parcours mon pubis de feu, de satin, ô musique suave des moteurs.

           Rien ne lui fait peur, pas même la compétition et elle est capable de faire rugir son moteur quitte à prendre les risques les plus insensés. Elle incarne la modernité et tire son amant (issu de la branche des nobles Di Cortanze) vers une frange beaucoup plus populiste.

 

Voir les commentaires

« Paroles de Lecteurs » (6/22) : Les Vice-rois : femme nature et homme culture

Publié le par Eric Bertrand

Bretagne 2011 (4) [1600x1200]

            Méfions-nous des schémas hâtifs qui administrent une étiquette, mais l’une de mes premières lectures enthousiasmées était celle de Giono qui dans « Regain » montrait notamment comment une femme venait aimer et sociabiliser un ours, lui apprendre les gestes élémentaires et le guider dans le foyer. C’est le schéma inverse que je montrerai à travers une approche des Vices-rois de Gérard de Cortanze.

             La fibre italienne travaille mes récits en même temps que la fibre celtique. Lorsqu’en 1999 j’ai découvert la sélection des Goncourt (et un de plus), je ne pouvais qu’être sensible au gros roman de Gérard de Cortanze, les Vice-Rois dont la trame se déroule en grande partie dans la région italienne du Piémont, sur les terres de Cortanze. Il relate la destinée du vice-roi Ercole Tommaso di Cortanze, arrière-grand-père du romancier, puis celle de son fils, Roberto, sacré à son tour « vice-roi » dans le domaine automobile au volant de Bugatti.

             La politique et l’histoire se mêlent à la trame romanesque. Le lecteur découvre en même temps que le vice-roi les changements profonds de l’Italie de Garibaldi puis de Mussolini. Le fils lui, s’intéresse davantage à l’univers des voitures de course dans lequel il se fait une réputation de chevalier, du fait de la noblesse et de la générosité de ses attitudes de course. (A suivre)

 

Voir les commentaires