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« Paroles de Lecteurs » (20/21) : « Pour y voir Clerc » : le cœur volcan

Publié le par Eric Bertrand

            Ouvrage autobiographique à travers lequel j’ai eu l’idée d’interpréter quelques uns des choix de mon existence en y appliquant la grille des chansons de Julien Clerc que j’écoutais en boucle dans les années 70 à 76. Les textes de Roda Gil m’ont donné en partie le goût de la littérature et du voyage, « la petite sorcière malade » et les contes d’Andersen, « Ivanovitch » avant Tolstoi, « la Californie » et « Niagara » avant Kérouac.

              A une époque où je me relevais d’un grave accident de la route, ces chansons m’ont aidé à reprendre goût à la vie, à rêver, à voyager, à m’interroger sur le monde et finalement à regarder les femmes autrement, à travers le prisme de certaines des images : extrait : p46-47.

              L’éveil au corps de l’autre, la prise de conscience du charme des « passantes » ou de « la fille de la véranda », « les fleurs des gares » qui me mettaient « le cœur volcan »... En d’autres termes, les chansons de Julien Clerc, à l’époque où je les ai écoutées, entre 10 et 17 ans ont accompagné mon basculement dans les tourments de l’adolescence.

              En cela, Pour y voir Clerc annonce « l’Organisme ».

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« Paroles de Lecteurs » (19/21) : « Nouvelles pour l’été » : cycle de l’existence et regards croisés

Publié le par Eric Bertrand

             Les rayons du soleil, la torpeur de l’été et le désir qui monte dans l’épiderme et qui tourmente l’esprit dans la chaleur des mois estivaux propices au libre arbitre. Tel est le thème organique de cet ouvrage... J’ai voulu poser l’été, peser l’été, en faire sentir toutes les nuances, de juin à septembre...

             Tentations diverses, crises dans le couple, agacement, impatience, coups de folie, tous les cas de figure sont passés au crible à travers des personnages qui ont tous les âges, 7 à 77 ans, de la petite fille à la grand-mère, complices dans la première nouvelle « manger une glace » à mon grand-père italien, amateur de chianti et de mandoline, fan de Gino Bartali et Fausto Copi. C’est à lui que je rends hommage dans la dernière nouvelle qui est également le seul récit autobiographique. Il s’intitule « Aimer la vie » et il conclut cette réflexion en images sur le grand cycle de l’existence.

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Nouvelle exaltante...

Publié le par Eric Bertrand

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           Juste une interruption de la « série » pour une nouvelle exceptionnelle... Moi qui attendais depuis quatre ans de retourner au lycée, je viens de recevoir officialisation de la nouvelle : j’ai enfin obtenu ma mutation. Je vais pouvoir reprendre un enseignement axé sur la littérature et non plus sur la maîtrise de la langue.

           Un autre métier que j’avais « légèrement déserté » et que je retrouve enfin, ce qui me remplit de joie. Etait-ce un signe ? La « trilogie » théâtrale trouvait un terme justement cette année au collège... Je vais pouvoir reconstruire des perspectives plus proches de ce que je faisais au lycée de Loudéac. Un été chargé en perspectives car il me faut à nouveau changer tout...

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« Paroles de Lecteurs » (18/21) : « Le Ponton » : l’Etna et l’attisement des passions

Publié le par Eric Bertrand

         On change de tropisme, laissons-nous guider par cet extrait du Guépard de Lampedusa pour comprendre la Sicile qui sert de cadre au Ponton.

 

Ce paysage qui ignore le juste milieu entre la mollesse lascive et la sécheresse infernale, qui n’est jamais mesquin, banal, prolixe comme il convient au séjour d’êtres rationnels, ce pays qui, à quelques milles de distance, étale l’horreur de Randazzo et la beauté de Taormine, ce climat qui nous inflige six mois de fièvre à 40° (mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, six fois 30 jours de soleil vertical sur nos têtes, cet été long et sombre comme un hiver russe, encore plus dur à supporter. Vous ne le savez pas encore, mais on peut dire que chez nous il neige du feu comme sur les villes maudites de la Bible (…)"

           Après la tragédie écossaise, retour au drame sicilien donc, dans le genre de Pirandello. Sous un autre ciel, la Sicile, une mentalité insulaire, un petit « pays » : « un paese » et des usages bien ancrés qui équilibrent les relations entre hommes et femmes. Au moment des grandes vacances, quand arrivent les touristes et quand frappe le soleil volcanique de cette terre à Etna, les jeunes sont sous écoute permanente...

            Surveillance rapprochée des grands frères, de l’entourage, des commères installées sur les bancs, des figures locales quasi légendaires comme celles des deux vieilles conteuses, « les Befana sotto le stelle » qui connaissent bien les enfants. Elles reviennent avec leur spectacle au début de chaque été et au début de la pièce. Elles découvrent alors que les enfants d’hier, les Ornella, Marinella, Salvatore, le beau Gigi « l’amoroso » ont changé, qu’ils sont devenus des adolescents perturbés par des sentiments nouveaux.

            Inquiétudes, agacements, insatisfaction, jeux de séduction, tabous, jalousie... Ils ne savent plus vraiment où ils en sont et rien ne les distrait plus jusqu’au moment où une étrangère, « l’Americana » vient allumer le feu et renverser tous les usages, aussi bien du côté du groupe des filles que du groupe des garçons... Et c’est là que commence le drame dont les répercussions amènent le lecteur à découvrir la face cachée de ces « befana,» qui ont, un jour elles aussi, été des femmes sujettes aux passions...

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« Paroles de Lecteurs » (17/21) : « Le Ceilidh » : metteur en scène et femme manipulatrice.

Publié le par Eric Bertrand

             La manipulation est le maître mot de cette pièce qui s’inspire du Macbeth de Shakespeare. Issue fatale donc, tragédie oblige, au moins pour l’un des personnages. Le texte (qui est double car j’ai éprouvé pour cette histoire et la suivante le désir d’en donner une version narrative) trouve sa violence élémentaire dans la rudesse d’un pays que je connais bien, livré aux vents du nord et à la fureur des éléments : les Highland d’Ecosse (la trame se nourrit d’ailleurs d’une sombre page de l’histoire locale de la région du Caithness dans laquelle j’ai vécu). La référence littéraire à Macbeth ne fait que renforcer cette sauvagerie, Shakespeare ayant, dans cette « pièce écossaise » rien modéré dans le déchaînement des passions.

            C’est la femme qui porte le flambeau de la tragédie, beaucoup plus que l’homme qui n’apparaît que comme un instrument de sa compagne. Dans le Ceilidh, j’ai orienté le thème de l’ambition (à la base de la pièce de Shakespeare) du côté d’une sordide affaire criminelle dont l’héroïne, comme dans un film d’Hitchkock (d’ailleurs, elle se nomme Rebecca), cherche à éliminer sa rivale... La pièce met en scène une troupe de comédiens dont le metteur en scène est aussi dans « la vraie vie » un sinistre manipulateur : Ronald Mac Donald. Pour le convaincre de lui garder sa préférence, Rebecca qui a joué le rôle de lady Macbeth puise énergie et motivation dans le texte de Shakespeare qu’elle connaît par cœur et que Ronald lui demande de réciter encore et encore !

  

Rebecca (Jouant Lady Macbeth) : « Je me défie de ta nature, Macbeth ! Elle est trop pleine du lait de la tendresse humaine pour que tu saisisses le plus court chemin. Tu as de l’ambition et tu n’as pas la cruauté qui devrait l’accompagner ! Venez, venez, esprits qui assistez les pensées meurtrières ! Débarrassez-moi de mon sexe ! Et de la tête aux pieds, remplissez-moi toute de la plus atroce cruauté ! Epaississez mon sang et fermez en moi tout accès à la pitié ! Venez à mes seins de femme prendre mon lait changé en fiel, vous, ministres du meurtre ! Que mon couteau aigu ne voie pas la blessure qu’il va faire ! »

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