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La géante et le Mexicain

Publié le par Eric Bertrand

Le géant (41) [1600x1200]

                Ça se passait dans les rues de Nantes ce week-end... La rencontre improbable entre une petite géante à l’œil de biche et un colossal Mexicain à la face burinée, sombrero sur le nez, dos vouté. Ils avaient rendez-vous ensemble...

                Un grand chien mécanique à la queue frétillante, un grand chien bondissant, tout en ressorts, donne la mesure du bonheur. Conduits par la troupe Royal de Luxe qui leur imprime des mouvements gracieux, ils vont se retrouver quai de la Fosse.

               Rien d’apprété dans leur façon d’être, mais une impression de bonheur immense, de bonheur aérien qui passe par-dessus la tête de la foule ébahie. L’impression d’une vie simple, d’une émotion retenue, au détour d’une sieste et d’une bonne douche. La petite géante s’est levée, s’est habillée, a pris sa douche, son chien sur les talons et la voilà qui danse, la voilà qui avance le long de la Loire à la rencontre du grand « Campesino » qui arrive par le fleuve. Et c’est un film de Sergio Leone qui se joue sur l’écran du ciel.             

               Ses yeux sont émerveillés, elle joue des coudes, tourne la tête à droite, à gauche, ses cils battent. Le battement de cils est bouleversant. Ils battront jusqu'au dimanche soir.  

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« Le Sourire étrusque » de José Luis Sampedro

Publié le par Eric Bertrand

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                   Fumer une cigarette devant la maison, manger de l’oignon et du pain bis pour le petit déjeûner, rentrer à pied chez soi, dormir avec ses enfants, trasmettre soi-même le message transmis plutôt que de chercher d’improbables infos dans les livres, regarder la neige rester blanche, manger des nourritures d’hommes, s’asseoir dans des fauteuils durs... Tels sont quelques uns des repères de ce personnage du « nonno » qui arrive de Calabre chez son fils et qui ne retrouve rien dans la ville de Milan où il doit lutter contre le cancer qui le ronge. Il appelle sa maladie la « rusca »...

                   Le combat est perdu d’avance, mais le grand-père a le temps de manifester ses convictions et d’imposer son style de vie et de fonctionnement a son entourage. Il développe en même temps une relation privilégiée avec son petit fils, Bruno, (pseudo que lui avaient donné, au temps du maquis, ses camarades partisans). Bruno est âgé d’à peine un an mais le grand-père voudrait lui transmettre, dans cette dernière ligne courbe de la vie, un peu de cet essentiel que les gens des grandes villes ont oublié depuis longtemps...

                   Même s’il reste peu de temps, cette durée intense et assumée permet au vieillard d’accéder à la plénitude qu’exprime « le sourire étrusque », œuvre d’art qui ouvre et referme le roman et qui invite le lecteur à comprendre l’ouvrage au-delà des lignes et des mots... L’ouvrage est émouvant, d’autant plus émouvant quand on a eu un grand-père italien excentrique, lui aussi mort de la « rusca »...  Cf : « Aimer la vie » dans les Nouvelles pour l’été

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Une scène au hasard extraite de « Gulliver mis en pièces »

Publié le par Eric Bertrand

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Je rassure les spectateurs et spectatrices potentiels, tout a très bien marché... A la place de la vidéo que je pourrais offrir au lecteur suite au spectacle sur Gulliver, j’offre ce matin l’une des scènes qui ont bien marché !

 

Scène 2

(La scène est sur la plage, trois élégantes jeunes Lilliputiennes parlent chiffons et ne voient pas encore le géant qui est échoué à l’avant-scène)

 

Lillie : Lilla, Lillou ! Que c’est bon de marcher sur la plage de bon matin ! J’adore ça !

Lilla : t’as raison, Lillie, j’adore enlever mes hauts talons et sentir mes pieds s’enfoncer dans le sable...

Lillou : je me sens plus belle avec le vent dans les cheveux et l’air vif sur les joues ! C’est revigorant comme un bon bain moussant ! On se sent plus belles, pas vrai les filles !

Lillie : il faut être belles ce soir ! Le roi nous a invitées au grand bal de la cour. Je ne sais pas quoi me mettre...

Lilla : (lui caressant la joue) Lillie, tu es tellement ravissante qu’un rien t’habillerait... Mais nous sommes ravissantes toutes les trois et il faut bien faire un effort de toilette pour ce genre d’occasion !

Lillou : nous allons forcément plaire au prince... L’une de nous trois doit même réussir à lui chavirer le coeur !

Lillie : les autres sont laides et vulgaires, elles n’ont qu’à aller se cacher ! Nous avons en revanche beaucoup de grâce et d’élégance...

Lilla : je trouve aussi... Et puis, je vais vous le dire, les filles, ce qui plaît à la cour, c’est la distinction et l’éloquence.

Lillou : nous parlons avec des mots choisis et gracieux et nous écrivons des vers.

Lillie : et puis, quelle éducation dans notre façon d’être, notre démarche, nos gestes...

Lilla : nous prenons des cours de danse et de musique et nos vêtements sont nos plus beaux instruments. (Elles se sont arrêtées et s’admirent mutuellement)

Lillou : nos petits pieds sont des danseurs et nos chevilles jouent de la musique ! Allez, orchestre, en avant la musique !

(Elles se mettent à courir en riant et s’arrêtent pile devant le corps de Gulliver Changement radical dans l’attitude. Elles révèlent un côté bestial et vulgaire, et la scène va virer à une sorte de danse du totem autour du corps)

Lillie : qu’est-ce que c’est ? Quel affreux sac de patates arrivé sur le rivage des Lilliputiens, quel ignoble bibendum ! Il ne ressemble à rien ce gros patapouf !

Lilla : t’as vu ses fesses Lillou, on dirait de gros sacs poubelles !

Lillou : et ses pieds, une paire de grosses courgettes !

Lillie :(se retournant) j’aime mieux pas regarder ! Je crois que ça va me porter malheur !

Lilla : quel truc bizarroïde ! Des machins comme cà ont leur place à la foire ! Nous autres Lilliputiens, on veut pas de ça chez nous !

Lillou : quelle abominable tête de citrouille hérissée !

Lillie : voyez ces cheveux en fil de pêche, on dirait des pétards à mèches. On dirait que le feu va lui péter le crâne et embraser la plage, au feu, au feu !

Lilla : pas de danger !... Voyez plutôt son oreille en feuille de chou. C’est une grosse baignoire rose ! En cas d’incendie, on pourrait plonger à l’intérieur et s’y abriter en s’accrochant aux rebords ! Deux oreilles, deux baignoires ! C’est l’hôtel grand luxe !

Lillou : (Elle s’approche du corps avec une grimace de dégoût) dégoutant ! Moi, je ne rentre pas là-dedans une seule seconde ! (Elle fait signe aux autres) Approchez-vous un peu ! Tu parles d’un hôtel de luxe ! C’est un hôtel bas de gamme ! Regardez plutôt ! Cette oreille, ce tympan, c’est un tunnel affreux, écoeurant, il y a une sorte de purée de poix à l’intérieur, beurk !

(Elles tournent autour de lui, furieusement, perdant toute mesure, scandant une sorte de chant de guerre... Le couplet peut être répété deux ou trois fois)

Lillie : son nez, une patate pourrie !

Lilla : son nez, un groin, un énorme groin de cochon !

Lillou : ses yeux, des citrons bouffis !

Lillie : ses lèvres, deux saucissons !

Lilla : ses jambes, deux gros boudins !

Lillou : son crâne, une grosse noix de coco !

(Elles arrêtent brusquement de tournoyer)

Lillie : bouchez-vous le nez, le géant est indigeste... Son visage, rosâtre comme une tranche de jambon, a viré !

Lilla : ses doigts sont des cornichons ! Un pique-nique ? Non merci !

Lillou : (montrant le ventre) Lilla privée de dessert ! Le ventre est une pastèque et elle va crever ! Attention, Lillie, le jus va gicler !

Lillie : (détroussant l’une des chaussures et la reniflant, elle pousse soudain un hurlement) tirez-vous vite, sa chaussure est une bombe à retardement, une grotte malodorante capable d’infecter tout le peuple des Lilliputiens... (Elles sortent en courant)

 

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Gulliver, première et dernière !

Publié le par Eric Bertrand

 

            

 

SPECTACLE     VENDREDI 27 MAI 2011    20 H

COLLEGE BEAUREGARD    La Rochelle

 

"Gulliver mis en pièces", joué par les élèves de 6D

 pièce créée à partir d'une réécriture de l'œuvre de Swift ...

 

Production : l'équipe enseignante de 6D & Martine FONTANILLE

 

,             C’est ce soir ! La dernière répétition a eu lieu mercredi et les élèves, comme à leur habitude, sous le poids de la pression, ont enfin progressé. Certains y prennent un réel plaisir : il faut voir par exemple cette Lilliputienne vendeuse de poulet à son stand en carton (Lili Tourne-broche) ou cet autre Lilliputien jouer les Buffalo Bill avec son lasso et son chapeau de cow-boy, Lili Tournedos... ou encore ces trois « princesses Lilliputiennes » arpenter le sable de la plage en rêvant de séduire le prince...

               Il n’y aura pas de documents sonores, ni aucune photo, droits de l’image oblige, ce qui est dommage car on perd un peu de l’euphorie du spectacle. D’autant qu’il se joue à huis clos et en vase clos : la capacité des salles de classes étant réduite, nous avons limité les entrées à la « garde rapprochée » des élèves.

               C’est donc dans le plus grand secret qu’on jouera et tout ce que je puis vous promettre sur ce blog, c’est un bilan écrit. L’équipe se réunira ensuite pour un repas convivial et mérité ! 

 

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"Je vais bien, ne t’en fais pas", le livre...

Publié le par Eric Bertrand

                      J’avais tellement aimé le film que je me suis procuré le roman d'Olivier Adam... Pour une fois, j’ai été déçu par la version littéraire. Toute la force du scénario se dilue dans une écriture qui ne satisfait pas et des analyses qui laissent le lecteur sur sa fin. Dans le film, certains épisodes sont forts, dramatiques, émouvants... Ils se perdent ou s’évanouissent dans le roman.

                      Pas d’hôpital pour Lily (qui s’appelle Claire), à peine un début d’anorexie, pas de relation amoureuse (en revanche des aventures d’un soir du genre plutôt raccoleur d’ailleurs), pas d’approfondissement de la psychologie des parents ou du père (si bouleversant dans le film), pas de véritable dénouement ni même de « chute », cette chute qui causait une secousse au spectateur...

                      Bref, j’avais pensé (pour changer de registre) le faire étudier éventuellement à des élèves de collège, c’est raté ! Je me contenterai du film, à revoir avec plaisir, quoi qu’il en soit.

 

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