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« Paroles de Lecteurs » (16/21)"Le Tennessee club" : solitudes conjuguées

Publié le par Eric Bertrand

           A l’issue de l’aventure burlesque du Loft, certains de mes acteurs ont réclamé des histoires plus « tragiques », ce qui a ouvert un « cycle » de trois pièces marquées par le genre du drame, de la tragédie, puis à nouveau du drame. Le Tennessee Club est inspiré de l’univers de Tennessee Williams (« Soudain l’été dernier », « un Tramway nommé Désir », « la Chatte sur un toit brûlant ») : il résonne de différents échos à la route américaine et entraîne hommes et femmes dans un affrontement dévastateur qui les isole dans leurs rêves idéalistes, leurs passions destructrices (l’alcool, l’argent, le jeu, l’errance).

           La référence à un absolu mythique (famille unie, grand amour, propriété prospère) accentue le sentiment dramatique d’un gâchis et d’un désastre sentimental. C’est ce qu’incarne le personnage principal de la pièce, Thelma qui a quitté la plantation de Louisiane pour partager sa fortune avec Tom Desire dans l’aventure du « Tennessee club », établissement qui végète au bord de la highway, dans un lieu désespéré, Bagdad Café. (Au passage, commence officiellement avec cette pièce, la collaboration avec le Moulin à sons de Loudéac et les clins d’œil aux musiques de films sont symptomatiques d’une volonté de mêler sur la scène musiciens et comédiens)

           Dans le Tennessee Club, c’est Thelma qui pousse le cri de désespoir autour duquel tout se cristallise... Ils sont nombreux ceux de sa famille qui souffrent autour d’elle, et qui ont eu la drôle d’idée de vouloir la rejoindre pour « régler des comptes » : la mère, les tantes dont la santé mentale vacille, les petites sœurs qui rêvent de fuguer, le père de suivre une entraineuse.

« On a tous en nous quelque chose de Tennessee ».

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« Paroles de Lecteurs » (15/22) : Loft History 2084 : un harem dans un loft

Publié le par Eric Bertrand

              Après une transition par une pièce consacrée à Gainsbourg et restée inédite du fait de l’obstacle des droits d’auteur, l’idée de garder un œil sur l’univers du show-bizz m’amène à réfléchir sur ce qui fait le quotidien de nos ados... Condition particulière de l’écriture de cette pièce tributaire de la contrainte d’une distribution inégale : déséquilibre du masculin-féminin dans la troupe. Une fable sur la téléréalité à partir de l’examen critique de l’émission « Loft Story ». On est en 2084, un tyran a pris le pouvoir (référence au Big Brother de 1984).

                Passablement pervers et retors, il s’entoure de femmes entièrement à sa disposition et cherche à éliminer les derniers « résistants » à travers un « loft » télévisé, remodelé de façon à réduire à néant la Culture de ses opposants. Le seul « lofteur » s’appelle Tarzan, il est comme son nom l’indique, animé de pulsions à l’égard des femmes. Ces pulsions s’expriment à travers les tirades de théâtre qu’il puise dans le grand répertoire des auteurs interdits, parce que jugés « indécents » : Shakespeare, Musset, Rostand.

Tarzan : Puisque c’est à moi qu’il incombe de faire entendre ici le chant du mâle … (Improvisant une réplique) : J’aime Juliette !  Je cueille sur ses lèvres le fruit d’amour défendu ! J’aime Juliette, je suis au paradis et je me bats au corps à corps avec Satan quand je passe sous le pommier de ses fesses et de ses seins !

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« Paroles de Lecteurs » (14/22)Jack on the route again : étoiles au ciel et petits poucets rêveurs.

Publié le par Eric Bertrand

               Dernier acte dans le domaine de la publication collective. L’idée est cette fois de fournir un texte sur mesure pour le club théâtre que j’anime depuis quatre ans au lycée. L’atelier va écrire pour jouer, pour représenter sur scène une pièce qui rende hommage à l’icône des beatnicks : Jack Kérouac.

               On comprendra aisément mon choix pour cet auteur et l’horizon américain. L’œuvre de Kérouac fournit un écho à « La Route »... On y retrouve inévitablement des silhouettes qui empruntent leurs références à des romans de la route : à Kérouac, « Sur la route », « les Clochards célestes », à Jack London « la Route »... Mais également à Salinger, Walt Whitman et Rimbaud. Image du « Petit Poucet rêveur », en prise avec les excès d’un territoire et d’une fin d’adolescence tumultueuse.

 

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« Paroles de Lecteurs » (13/21)Chaussée de la madeleine de Proust. Les miroirs du grenier.

Publié le par Eric Bertrand

               L’idée est partie de l’opération « Grenier du Siècle » à Nantes : léguer un objet à un descendant... En 2100, date de l’ouverture du grenier : quel est cet objet, qui est celui qui le découvre, pourquoi avoir fait ce legs ? Autant d’éléments sur lesquels s’interrogent les 16 élèves de la 1ère L et leur professeur au tournant du siècle.

              Quatrième de couverture : « Tout a commencé un soir de novembre. Dans son mackintosh, sous son grand chapeau de feutre, Colette If du Loup des Acqs errait sur les quais de la Fosse à Nantes. Elle songeait au nouveau millénaire, aux années qui passent, à la modernité qui renvoie les matafs et les bourlingueurs, les mafieux et les femmes fatales au fond des vieux cargos... » Et dans les poches du mackintosh les objets opposant masculin-féminin : roman de l’une des sœurs Bronté, bague, boite à musique, morceau de journal intime, chausson de danse, croix de guerre, dent de requin, pièce de monnaie.

              Clin d’œil à l’ouvrage précédent et à ses héros de roman noir mais annonce de quelque chose de beaucoup plus intime, qui se situe au niveau du sac à main ou de la boite à gants...

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« Paroles de Lecteurs » (12) Les ateliers d’écriture de Colette If du Loup des Acqs : Sous le masque.

Publié le par Eric Bertrand

             L’auteur est au féminin, l’initiateur au masculin. Il me fallait choisir un pseudonyme pour rendre compte d’un travail collectif de deux ans en classe de 1ère L essentiellement féminines. Colette If donc, est une femme libre, sortie tout droit de l’univers du roman noir et inspirée à l’origine par un thème proposé au salon « Etonnants Voyageurs ». Elle produit entre 99 et 2001, trois ouvrages.

 

Black Polaroïd : le style roman noir.

 

               16 auteurs, 16 nouvelles et dans chacune d’elles, une écriture libérée, dans des espaces déconcertants où les auteurs doivent se mettre en scène sous un pseudonyme. En face des rares garçons, les Ronaldo, Luigi Callaci, Alix Birtram (mon pseudonyme hérité de mon séjour à la prison de New Orleans), galerie de femmes dont les photos sont encore disponibles dans les premières pages du livre Miss Morsure, Docteur Hache, Loulou la Blanche, Miss Krane, Lolita....

               Profils de femmes qui ont surpris René Frégni à St Malo et dont le film va donner un instantané.

 

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