Indépendamment d’une réflexion sur le collège et les conditions d’enseignement dans ce milieu particulier, ce livre se présente surtout comme le prolongement d’une réflexion
sur l’adolescence et sur la crise que produit la prise de conscience de la dualité des sexes. L’Organisme raconte l’histoire d’un ado
tellement mal dans sa peau et tellement moqué par ses comparses qu’il se métamorphose en drôle d’insecte, ce qui lui permet de
percevoir le monde (et les corps) à travers un nouveau filtre, celui des antennes et du dard.
Souvenir de Rimbaud qui apparaît beaucoup dans ce roman et qui dans « les
poètes de sept ans » reçoit dans sa chambre « une petite brutale qui ne portait jamais de pantalons » et dont il « mordait les fesses ».
Poussé par cet instinct désormais souverain, le nouvel insecte va se planter
dans la fraicheur de l’épiderme de Zoé, Zoé la petite dévergondée du collège qui lui a préféré un affreux jojo beaucoup plus fort en
gueule que lui. L’insecte suceur de sang et toujours doté de tendresse et de raisonnement (c’est lui le narrateur) n’hésite pas au passage à s’égarer et se délecter dans la lourde chevelure d’une professeure dont il perçoit la force d’attraction.
Dans cette aventure au pays des insectes et dans la crasse des collèges,
j’ai voulu aller au plus près du corps en ébullition de l’ado à l’âge où l’instinct de la femme rencontre l’instinct du sexe.
L’Organisme, c’est aussi
une chanson dont, avec la complicité de mon ami musicien Christian Bourgeois, nous vous avons réservé l’exclusivité, un an après notre première collaboration sur un spectacle de théâtre écrit
pour des élèves de sixièmes (pièce encore inédite, mais c’est une autre histoire...).