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Avant-propos du site sur La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

La Rochelle Toussaint (8) [1600x1200]

                Voici comme indiqué hier l’avant-propos du projet de site web sur La Rochelle... Evénement à suivre dans les jours à venir !

 

Les rues d’une ville (« plis sinueux des vieilles capitales » écrit Baudelaire, bruissent d’une fascinante rumeur. Dans un écrit peu connu : « Facino cane », Balzac préconisait pour le chercheur d’idées, l’amateur de portraits, le dénicheur d’intrigues et d’histoires, une errance prolongée dans les rues des villes.

                 C’est, de fait, à ce type d’« errance prolongée » dans les rues de La Rochelle que je convie le visiteur (et le lecteur) de ce site... Afin de l’aider à découvrir autrement cette ville chargée d’histoire, je lui propose d’aiguiser son esprit et sa sensibilité à travers une promenade au fil des noms de rues. Chacune d’elles ouvre une porte vers le passé et entre en résonance avec un texte littéraire qu’il est bon de ressusciter : certains mots, certains textes évoquent aussi des souvenirs, ne serait-ce que scolaires... Les voix de grands auteurs comme Hugo, Maupassant, Flaubert, Villon, Verlaine, Simenon, Baudelaire, Rimbaud, Proust, Voltaire, Montesquieu, bien d’autres encore, accompagneront ainsi cette déambulation à travers le temps et les images intimes. 

                Par ailleurs, cette enquête révèle les pistes documentaires dont toute œuvre littéraire se nourrit avant la réalisation finale. Puisse le visiteur prendre plaisir à la découverte et manifester en retour sa curiosité pour la fiction intitulée « De Nantes à La Rochelle sur un nuage » dont la publication est prévue prochainement.

 

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Le premier volet de l’œuvre sur La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

 

Hub et Babou (9) [1600x1200]

                   Profitant de cette période d’entre-deux que favorise le temps des examens, des surveillances et de la disparition des cours, j’ai accompli ces derniers jours un énorme travail dont je suis satisfait. C’est ce que j’appelle mes « périodes embuscade ». Il y a sur mes brouillons un « charriot » bien rempli et je tombe dessus pour m’en emparer et en tirer parti…

                   Où en sommes-nous ? L’idée est simple : l’ouvrage va se diviser en deux blocs, un premier bloc plutôt « documentaire » qui permettra au visiteur à La Rochelle de mieux s’orienter dans la ville et d’en savourer la richesse (grâce à un guide littéraire et historique) et un second « bloc » fondé sur la fiction.

                    Le gros travail de recherche documentaire effectué ces dernières semaines notamment à la bibliothèque m’a permis de considérablement enrichir la matière de la première partie. Une fiction ne peut (sans risquer la lourdeur) s’embarrasser d’une telle matière. Par contre, tous ces éléments sont précieux pour l’information du touriste. C’est pourquoi, en y réfléchissant avec Jenny, nous avons eu l’idée de réaliser un site internet sur La Rochelle.

                    Une fois les difficultés techniques liées à la réalisation, d’un site muni d’un plan et de photos, je peux annoncer dès aujourd’hui au lecteur la publication de mon travail via un nouveau support : internet. Je publie demain l’avant-propos de ce site afin de mieux présenter l’idée au lecteur.

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Pot et mot de départ

Publié le par Eric Bertrand

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                  C’était hier le fameux « pot de départ » de fin d’année. Deux collègues partent en retraite et je mute au lycée. Grand moment d’émotion et d’amitié pour tourner la page... Cadeaux, confidences, bilans et puis échange de discours. J’avais préparé un petit mot, le voici...

 

                  Mon vieux fonds de lecteur de Racine ou peut-être un soupçon de complexe vaguement oedipien (je lorgne de côté de mes collègues de lettres classiques) est sans doute à la base du sentiment de trahison qui m’accompagne en ce moment... Oui, c’est comme si, au bout de quatre ans de campagne, de siège instable, je désertais enfin la place (et là je lorgne de côté de mes collègues d’histoire)

                  Néanmoins (là, c’est l’incorrigible lecteur de Hugo qui parle), j’ai la certitude d’avoir vécu entre ces murs des expériences fortes, des expériences rudes, des expériences de glorieuse ténèbres (le mot hugolien est lâché) qui m’ont enrichi. D’avoir également côtoyé un cercle d’initiés au muscle ferme, au regard lucide et visionnaire.

                   Là où je vais, rappelons-le, c’est à deux pas, je ne pourrai continuer le travail des consciences de nos « chères têtes blondes » un peu moins écervelées sans voir passer sur le front inquiet des ex-troisièmes de Beauregard un peu de cette « pâte éclairée », de cette matière brute que vous avez tâché de travailler, de découvrir ou d’inventer, cher collègue chercheur d’or sans jamais renoncer, parfois dans la poussière et parfois dans la boue, les pieds dans le ruisseau et la tête dans les étoiles

 

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Article du mois : « La géante et le Mexicain (réécriture) »

Publié le par Eric Bertrand

Le géant (41) [1600x1200]

             Instantané du travail d’écriture ! La gestation d’un lire passe par un énorme travail de réécriture... L’exemple est sensible pour un article plus court comme celui daté du 30.05 sur ce blog que je viens de remanier. On mesurera la différence.

 

               Ça se passait dans les rues de Nantes ce week-end... La rencontre improbable entre une petite géante à l’œil de biche et un colossal Mexicain à la face burinée, sombrero sur le nez, dos vouté. Ils avaient rendez-vous ...

                Un grand chien mécanique à la queue frétillante, un grand chien bondissant, tout en ressorts, donne la mesure du bonheur. Conduits par la troupe Royal de Luxe qui leur imprime des mouvements gracieux, la petite Mexicaine et son chien se sont enfin levés et inclinent leur regard en direction du Quai de la Fosse.

                Pinocchio nargue le vieux Gepetto et la belle Galatée s’amuse de l’étonnement de Pygmalion... Dans la Cité des Ducs, le duo des marionnettes avance maintenant. Une impression de bonheur immense, de bonheur aérien, léger comme un battement de cils, passe en surplomb de la foule ébahie.

                La petite géante est pressée, elle contient mal son émotion et ses ficelles. Elle a fini sa sieste Place de la Petite Hollande, a frotté ses yeux, enfilé ses vêtements comme une grande, s’est empressée de prendre une bonne douche. Son chien sur les talons, la voilà qui danse et la voilà qui progresse le long de la Loire, face aux anciens chantiers de l’Atlantique. L’instant est unique, du côté de Trentemoult sur une longue barge, le grand « Campesino » arrive par le fleuve. Les yeux de la signorina sont émerveillés, elle joue des coudes, tourne la tête à droite, tourne la tête à gauche, les cils battent. Le battement des cils est un fleuve d’émotion.

                 Ca y est ! L’immense Mexicain est arrivé à bon port, plié en deux dans un container. Il se déplie. L’ombre masque le soleil. Les yeux clignent. Le sombrero bascule. Il se penche vers la petite fille, soudain si vulnérable. Musique ! C’est un film de Sergio Leone qui se joue sur l’écran du ciel. Les mains du Campesino sont aussi burinées que le visage.

                 Tout à l’heure, la petite géante pourra s’endormir paisiblement Place Saint-Pierre. Le souffle est tranquille, on dirait que la mer est montée jusque là et qu’elle joue à la foule silencieuse cet air cadencé et doux de la marée haute en été.

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La Rose pourpre du Caire (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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                  Cette situation surréaliste entraîne toute une suite de rebondissements. Si le personnage a quitté la scène qu’il était en train de jouer dans un cinéma de cette petite ville, n’est-il pas susceptible de faire la même chose ailleurs, dans une autre salle, au cours d’une autre projection ? Quatre cas similaires sont d’ailleurs évoqués. Grand branle-bas dans Landerneau ! Outre le projectionniste et le directeur de production, l’acteur incarnant le rôle est aussitôt appréhendé. Pour rattraper la situation, il intervient auprès de la jeune femme en pleine romance amoureuse avec son personnage, essaie de la mettre en garde contre la vanité d’une relation dans laquelle elle s’étourdit avec un être d’illusion, pur produit de la simple projection... Si elle veut de l’amour, qu’elle le choisisse, lui ! Dialogue intéressant et ô combien philosophique sur la vérité des êtres...

                    Mais un autre aspect du film me semble aussi vertigineux... Que deviennent les personnages de la scène qu’a désertée le jeune premier ? Dés son départ, étant du genre obstinés, ils décident de rester à l’écran et d’attendre... Qu’advient-il alors du scénario ? Qui dit quoi ?... Encore une situation qui correspond à l’adjectif « pirandellien » ! (Basta, l’intellectuel new-yorkais !) En effet, ce passage rappelle étrangement la situation incongrue qu’invente la pièce de Pirandello : « Six personnages en quête d’auteur ». Fidèle à la leçon de Brecht selon laquelle il faut constamment « briser l’illusion » pour faire penser le spectateur, Pirandello met en scène des personnages démunis qui attendent que l’auteur leur donne « la suite » des événements sans quoi ils sont condamnés à errer dans une pièce vide de sens et d’orientation...

                       Le véritable « happy end » cinématographique serait que tout le monde retourne à sa place ! Que la fiction relaie la réalité ou que la réalité prenne le visage rassurant de la fiction... Au bout du compte, ce qu’il faut préserver dans un film, c’est le confort et le bonheur du spectateur qui se berce d’images et d’illusions ! Et voilà que Cecilia se plonge dans le nouveau film à l’affiche : Fred Astaire et Ginger Rogers : « I’m in heaven »...

 

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