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« La Passion d’Anna Blaine » de Pernelle Sévy (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

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                  Le récit de Pernelle Sévy commence comme une nouvelle de Maupassant ou de Zweig... Par un enchâssement. La narratrice s’est liée d’amitié avec une dame d’un certain âge qui s’appelle Anna et qui l’accompagne dans des promenades vivifiantes en bord de mer. En sa compagnie, la ligne de l’horizon se redessine, changeante, inattendue, éblouissante. Pernelle Sévy évoque avec délicatesse les buissons de lentisques, le serpolet, le bleu du ciel, les courbes plates et la craie de falaise blanche que les sentiers de ces communes du nord de La Rochelle (si chères à Simenon) font parcourir. Mais en même temps, la conversation des deux femmes imprègne le paysage, lui ajoute le pinceau des peintres qu’Anna a côtoyés du fait de son ancienne activité dans une galerie parisienne.

                  J’ai aussi évoqué l’univers de Zweig car le titre résonne de ce fonds de passion qui anime les personnages des nouvelles de l’écrivain autrichien comme « 24 heures de la vie d’une femme » ou « Lettre à une inconnue ». Inconnue, Anna l’est au fond elle aussi car, un jour (fin du prologue), la narratrice apprend avec stupéfaction le suicide de son amie. Elle découvre alors, en même temps que le lecteur, une lettre dans laquelle Anna livre son secret.

                  Il faut remonter aux origines de « la fêlure » qui explique en partie le suicide... Pour cela, Anna plonge dans cette enfance qui la ramène à Royan, aux côtés d’un père boulanger, d’une mère coquette et autoritaire et d’un grand frère chéri, Emmanuel, avec lequel elle a très tôt partagé la passion de l’art et des livres, le plaisir de penser, puis les plaisirs plus troubles du corps. Car, au creux du cœur noué d’Anna, c’est le souvenir du drame d’un amour passion, d’un amour tabou qui se love.

 

 

 

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« La Passion d’Anna Blaine » de Pernelle Sévy (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

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                 L’un des avantages des salons littéraires, c’est de pouvoir y côtoyer et y rencontrer parfois des écrivains avec lesquels il est intéressant de partager des expériences et des pratiques, un ressenti, des lectures et des livres. Il y a quelque temps, je faisais référence sur ce blog à la « journée littéraire » proposée à Nieul sur Mer.

                 J’y ai eu l’occasion de converser avec Pernelle Sévy qui écrit toujours et qui a notamment fait paraître il y a quelques années chez Buchet-Chastel un ouvrage qui a connu un beau succès (et qui a été très apprécié par le cercle de lecteurs de la bibliothèque) : « la Passion d’Anna Blaine »... Je viens de le terminer et vous en propose, à partir de demain, une synthèse en deux temps.

 

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Reprise du cours habituel des articles de ce blog

Publié le par Eric Bertrand

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               Après cette longue « rubrique » destinée à la conférence tenue à Loudéac, je reprends le fil habituel et plus « hétéroclite » des articles. Au programme, des avis sur les films, les livres que j’ai lus, les événements récents ou à venir, une nouvelle chronique linguistique, un article paru dans le magazine « Nieul » et des nouvelles de mon activité créatrice du moment en plein épanouissement grâce à la perspective des vacances...

                A demain donc pour parler d’un livre...

 

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« Paroles de Lecteurs » (21/21) : « L’Organisme » : la soif de la chair !

Publié le par Eric Bertrand

               Indépendamment d’une réflexion sur le collège et les conditions d’enseignement dans ce milieu particulier, ce livre se présente surtout comme le prolongement d’une réflexion sur l’adolescence et sur la crise que produit la prise de conscience de la dualité des sexes. L’Organisme raconte l’histoire d’un ado tellement mal dans sa peau et tellement moqué par ses comparses qu’il se métamorphose en drôle d’insecte, ce qui lui permet de percevoir le monde (et les corps) à travers un nouveau filtre, celui des antennes et du dard.

               Souvenir de Rimbaud qui apparaît beaucoup dans ce roman et qui dans « les poètes de sept ans » reçoit dans sa chambre « une petite brutale qui ne portait jamais de pantalons » et dont il « mordait les fesses ».  

               Poussé par cet instinct désormais souverain, le nouvel insecte va se planter dans la fraicheur de l’épiderme de Zoé, Zoé la petite dévergondée du collège qui lui a préféré un affreux jojo beaucoup plus fort en gueule que lui. L’insecte suceur de sang et toujours doté de tendresse et de raisonnement (c’est lui le narrateur) n’hésite pas au passage à s’égarer et se délecter dans la  lourde chevelure d’une professeure dont il perçoit la force d’attraction.   

                Dans cette aventure au pays des insectes et dans la crasse des collèges, j’ai voulu aller au plus près du corps en ébullition de l’ado à l’âge où l’instinct de la femme rencontre l’instinct du sexe. 

                L’Organisme, c’est aussi une chanson dont, avec la complicité de mon ami musicien Christian Bourgeois, nous vous avons réservé l’exclusivité, un an après notre première collaboration sur un spectacle de théâtre écrit pour des élèves de sixièmes (pièce encore inédite, mais c’est une autre histoire...).

 

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« Paroles de Lecteurs » (20/21) : « Pour y voir Clerc » : le cœur volcan

Publié le par Eric Bertrand

            Ouvrage autobiographique à travers lequel j’ai eu l’idée d’interpréter quelques uns des choix de mon existence en y appliquant la grille des chansons de Julien Clerc que j’écoutais en boucle dans les années 70 à 76. Les textes de Roda Gil m’ont donné en partie le goût de la littérature et du voyage, « la petite sorcière malade » et les contes d’Andersen, « Ivanovitch » avant Tolstoi, « la Californie » et « Niagara » avant Kérouac.

              A une époque où je me relevais d’un grave accident de la route, ces chansons m’ont aidé à reprendre goût à la vie, à rêver, à voyager, à m’interroger sur le monde et finalement à regarder les femmes autrement, à travers le prisme de certaines des images : extrait : p46-47.

              L’éveil au corps de l’autre, la prise de conscience du charme des « passantes » ou de « la fille de la véranda », « les fleurs des gares » qui me mettaient « le cœur volcan »... En d’autres termes, les chansons de Julien Clerc, à l’époque où je les ai écoutées, entre 10 et 17 ans ont accompagné mon basculement dans les tourments de l’adolescence.

              En cela, Pour y voir Clerc annonce « l’Organisme ».

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