Il y a souvent chez Victor Hugo ce rire grimaçant qui ridiculise la passion et lui donne les fausses allures d’une bouffonnerie. C’est dans le Roi s’amuse Triboulet, le clown de François Premier qui essaie de protéger Blanche, sa fille secrète, des discours mensongers du Roi ; c’est Ruy Blas, valet à la cour d’Espagne qui aime de loin la Reine, « vers de terre amoureux d’une étoile » ; c’est Quasimodo, le Pape des Fous, qui tombe à genoux devant l’aérienne danseuse Esméralda ; c’est le saltimbanque Gwynplaine, l’homme qui rit, qui renaît dans le regard de la lumineuse Déa. « Cette femme rayon » est aveugle et ne voit pas « le monstre » dont la foule se moque, mais « l’ange » dont elle perçoit la Vérité au-delà du spectacle des apparences et de la farce du pouvoir.
Rendez-vous samedi 19 novembre, 15h30, médiathèque de Châtelaillon, la bien nommée "Malle d'Allionis", avec Kérouac, London, Tennessee, Dylan, Bruce et les autres.
Après avoir écrit « Taper la route » et parcouru en auto-stop un trajet assez semblable à celui qu’évoque ce roman, je me sentais forcément attiré par le récit qu’en fait celle qui se désigne par son nom indien « Née pour tailler la route ». Tout est écrit sur un mode alerte et désinvolte à partir du point de vue de la jeune Amy qui, à douze ans et demi, décide de quitter sa famille à Philadelphie pour rejoindre sa grande sœur Bonnie. Bonnie travaillerait comme mannequin à Los Angeles dans un manoir nommé « le manoir Playboy ». Sur la route en 1973, dix ans avant le voyage que je raconte, elle croise elle aussi des figures énigmatiques et étonnantes comme celles de Bruce Springsteen dans un groupe de hippies, un ancien du Vietnam, un couple en fuite, des jumeaux qui jouent aux cow-boys et aux gardiens de l’ordre… Car Amy ne fait rien dans la norme, mais elle a de l’audace et sait où elle va. Amy, c’est « America » et, avec ses compagnons de fortune, dans la voiture, « on the road », elle chante à tue-tête cette chanson de Simon and Garfunkel mais aussi beaucoup d’autres de la même époque. "Kathy, I'm lost", I said, though I knew she was sleeping I'm empty and aching and I don't know why Counting the cars on the New Jersey Turnpike They've all come to look for America All come to look for America All come to look for America… » C’est aussi ce qui fait le charme de ce roman, lire en chantant.
Se sentir dépassé par son époque, ne plus se reconnaître dans les valeurs qui émergent, ne plus savoir où placer son énergie… C’est la situation dans laquelle se trouve le colonel Chabert, officier de Napoléon laissé pour mort sous un tas de cadavres sur le champ de bataille d’Eylau. Après un long temps de soins et de convalescence, il revient d’entre les morts dans cette société de la Restauration où triomphent l’argent, le profit et la comédie sociale. Chabert n’est plus qu’un spectre de l’ancien temps et se sent étranger à tout cela et son épouse qu’il a retrouvée le supplie pour qu’il se cache, qu’il ne montre pas au grand jour ses traits monstrueux et ses extravagances. « J’ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière qui veut me faire rentrer sous terre. »
En ce jour d’armistice, souvenons-nous des soldats de la Grande Guerre.
Les Indiens navajos et zunis qui habitent les montagnes d’Arizona croient dans la beauté de la nature et dans les rituels qui leur permettent d’entrer en communication avec les êtres qu’ils ont perdus. Au début du roman de cet écrivain d’origine navajo, deux meurtres ont lieu en territoire indien à proximité d’un campement de hippies. L’inspecteur Joe Leaphorn essaie de débrouiller l’énigme et pour cela, sourd aux hypothèses de l’agent du FBI qui mène l’enquête de son côté, il écoute son instinct d’Indien. Au lecteur de lui emboiter le pas, de traquer les ombres et les lumières et de soulever le voile des apparences.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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