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Souchon et les chansons d’amour : le train des saisons d’Arcimboldo

Publié le par Eric Bertrand

« C'était l'amour et c'était l'automne, dans le grand parc où frissonne parlant de nous, de nos baisers en allés en marchant dans les allées disant de l'amour pour quelle raison ce n'est jamais la saison. »

          L’amour est éphémère. On le ressent tous « Tout ce gaspi de nos cœurs qui battent ». 21 mars… 21 juin… Fin septembre… Le temps passe, les couleurs ternissent, les pétales se fanent, la beauté d’Ava Gardner et « le bleu de nos baisers du début, les caresses rouges fragiles »... L’amour n’échappe pas « à la machine » car « la vie c’est détergent » et « ça nettoie les gens »...

Comme dans les tableaux du peintre Arcimboldo, au fil des saisons que chante Souchon, les personnages sont d’autant plus soumis à cette « eau de Javel » qu’ils ont la chair « légumière » ou « fruitière » et finissent, après épanouissement et récolte, par se décolorer. « C’était l’amour et c’était le printemps, lilas mauve et lilas blanc ».

Difficile de « retrouver le rose initial, la blancheur qu’on croyait éternelle ». L’amour fait bouillir toutes ces couleurs et le peintre refait sa toile. À la façon d’un tambour de machine, il remue la peau. C’est le grand vent qui se lève, fait dresser le poil ou les pinceaux, sème le frisson, la tiédeur ou la tempête, inonde les visages d’une essence de fleur rare.

Puis, plus rien. « Le soleil de la vie les tabasse »... Et les grands tournesols éclatants, les lys délicats qui rayonnaient dans les yeux et poussaient dans le ventre s’écroulent tout d’un coup. « J’ai perdu tout ce que j’aimais ». Le soleil a roulé, l’été tourne le dos, les blés ont séché, la pelouse a grillé et le rossignol a quitté « le parc au point du jour ».

Celui qui aimait une « fille électrique, s’est pris des sacrées châtaignes »… « Il regarde la campagne, le wagon lentement s’éloigne » et ce wagon, c’est le printemps, « la mer qui brille dans l’été parfait ». Il ne voit plus qu’une petite ampoule qui va s’éteindre, et « il se retrouve couché par terre à vouloir mettre la main sur les filles conducteurs. »

Courage Alain. Comme dit la blague soviétique : « Camarade, tu vois la lumière au bout du tunnel. Un autre train arrive en face. »

 

Souchon et les chansons d’amour : le train des saisons d’Arcimboldo

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Nouvel hommage à Ennio Morricone

Publié le par Eric Bertrand

Se laisser porter le temps d’une projection…

 

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Les meurtres à Glencoe

Publié le par Eric Bertrand

Extrait du "Sang d'Ossian" mis en musique et en images par Yann...

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Un site littéraire pour résister aux lobbies de la « Littérature »

Publié le par Eric Bertrand

Du fait de son volume, le site qui présente mon travail d’écriture (depuis son origine (1983) s’il faut remonter à la première publication en 93 (pour un livre mijoté pendant dix ans) vient d’être rénové : on le retrouve à l’adresse suivante. http://ericbertrand-auteur.net/

 

Son contenu ?

  • La liste et la présentation des livres disponibles (romans, pièces de théâtre, essais)
  • La présentation en images des couvertures et de leur quatrième.
  • Un dossier de presse et médias (TV-Radios)
  • Des vidéos illustrant les différences expériences menées autour de chacun des livres.
  • Des vidéos collaboratives réalisées avec mon fils Yann ou mon frère Frédéric autour d’extraits de mes romans.
  • Une grande place réservée à l’Écosse, pays d’inspiration où j’ai vécu deux ans et où je continue d’aller, notamment pour y rendre visite à ma fille qui s’y est installée.
  • Des photos et des films tournés dans les lieux divers de l’écriture (par exemple une série de reportages sur les terres ardennaises de Rimbaud, ou un clip sur la route américaine réalisé à partir de photos prises en été 1983 sur les traces de Kérouac)
  • Des extraits de pièces de théâtre (ou des intégrales) tournés dans le cadre de ma collaboration avec l’atelier théâtre du lycée.
  • Des indications pour trouver les livres (que vous pouvez aussi réclamer à votre libraire car ils sont tous référencés) : chez Amazon, Rakuten ou directement chez l’éditeur, livraison plus rapide avec possibilité de dédicace personnalisée : morvenn-editions@laposte.net

À l’heure où le livre n’échappe pas aux lobbies et où les libraires bien en place font souvent le jeu des intérêts commerciaux au mépris de la Littérature, il est important que de tels sites existent pour ouvrir des fenêtres à des petits éditeurs qui optent en faveur d’une autre conception de l’écriture à laquelle les lecteurs exigeants sont étroitement associés. Merci à mon épouse Jennifer pour son important travail de communication en qualité de webmaster.

 

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La légèreté perdue des chansons de Joe Dassin.

Publié le par Eric Bertrand

C'est un univers simple et léger où on passe son temps à se balader sur les champs Élysées ou aux jardins du Luxembourg jusqu'au moment où on tombe amoureux d'une jolie boulangère qui vend des petits pains au chocolat. Alors, on va au Café des Trois Colombes, on se sent seul au monde, peut-être qu'on n'a rien mais on a toute la vie. On marche en parlant, on refait la philo, ceux qui vous regardent vous disent en vous voyant passer "salut les amoureux". On est plein de délicatesse et de précaution, on réserve des chambres à part parce qu'on n'aime pas montrer qu'on s'aime à 18 ans à peine...

Chez le chanteur au pantalon blanc à pattes d'éléphant, on fait partie de l'équipe à Jojo et on part pour des étés indiens avec des filles en robe longue qui ressemblent à des toiles de Marie Laurencin. On roule à bord d'un vieux tacot avec des marguerites qui fleurissent sur le capot et on rêve d'Amérique, "je veux l'avoir et je l'aurai" ...

Et même si c'est pas toujours gai, même si tu t'appelles mélancolie et qu'un jour "il était une fois nous deux", ça va pas changer le monde... Les deux mains sur le ceinturon, Joe Dassin peut l'affirmer tranquillement, ce monde-là va continuer sans nous et il aura bien raison...

Certes, on garde au fond de soi une forme de tourment, un sucre mélancolique, mais rien de vraiment inquiétant ne menace les fleurs là-haut sur la colline ni la chanson de celui qui siffle tant qu'il peut. Dans l'univers paisible de Joe Dassin on ne connaît ni la haine, ni les bombes, ni la Covid ... Les seuls masques qu'on voit sont ceux des bandits tournés en dérision, ceux de la bande à Bonnot ou des frères Dalton "qui furent l'incarnation du Mal" .... "Et que ceci serve d'exemple à tous ceux que la vie écarte du droit chemin" ...

 

 

La légèreté perdue des chansons de Joe Dassin.

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