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Serge Gainsbourg... "En Abyssinie pour prendre la relève..."

Publié le par Eric Bertrand

Serge Gainsbourg... "En Abyssinie pour prendre la relève..."

Maintenant qu’il a livré son œuvre inachevée, comme celle de Rimbaud qu’il admirait tant, nous sommes condamnés à traquer les mots, les idées, les lettres et « l’orthographe » de Serge. « Laissez parler les p’tits papiers », « overseas telegraph »…

Dans l’une des dernières interviews accordée à Philippe Manœuvre, il évoquait précisément la silhouette de Rimbaud et un projet futur d’aller « en Abyssinie pour prendre la relève »…

Quel sphinx !

La relève de quoi ?

De l’aventure poétique interrompue ?

Du commerce et de ses associés ? Armes : « viva Villa » ? Gitanes : « Dieu fumeur de Gitanes » ? Café et jolis bracelets : « c’est quand même fou l’effet, l’effet que ça fait » ?

Ou du camarade génial que la maladie a amputé de ses semelles de vent ?

Depuis ce « gloomy Sunday », Gainsbourg n’en finit jamais de brûler « ses petits papiers », d’être un peu, comme le disent ces lignes du poème « Déluge », « la sorcière qui allume sa braise dans le pot de fer » et qui « ne voudra jamais raconter ce qu’elle sait et que nous ignorons »… 

Tout le mystère Rimbaud est là, et tout le génie Gainsbourg aussi. « O, fécondité de l’esprit et immensité de l’univers ! »

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Le goût de la tourbe

Publié le par Eric Bertrand

Je m’adresse non plus aux buveurs de whisky mais à ceux qui ont peut-être vécu l’expérience de la grande solitude dans les Highland d’Écosse, ceux qui ont ressenti l’appel du « Wild », jusqu’au fond des crocs et du pelage…

C’est une petite route en terre ou vaguement goudronnée.

Des cailloux sur les collines, des cairns et des standings stones érigent des silhouettes rudes et d’un autre âge. Sur les bordures, des pierres grises et des croft houses glacées tracent dans le ciel les lignes tragiques des Highland clearances.

La mer est leur miroir et le vent en tourbillon creuse et nuance les teintes du blanc, du noir et du gris. Dans les champs, derrière les murets figés, les tas de tourbe composent des pyramides dont les hiéroglyphes se lisent dans le ciel et les fumées fugitives. Ils arrivent de la cheminée, du dessus d’un toit de ferme égarée quelque part au fond de la lande et, dans un coin d’écharpe et d’ambre, ils parlent des brumes, des laines et des modes qui se perdent.

Le goût est sucré, volatile. Il passe dans la bourrasque à la façon d’une note de musique ou d’une caresse fraiche. Il laisse une couche de miel ou de fudge dans le cœur, une impression ouatée, presque humide qui met les sens au contact du sol profond.

Il libère cette part des anges qui transporte l’âme vers des temps très anciens.

Le goût de la tourbe

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Plongée en littérature avec ou sans le masque

Publié le par Eric Bertrand

Quand commence un cours sur Rimbaud ou sur Jack London, ils portent tous des masques mais refusent de plonger dans ces récifs de Littérature de haute mer.

Ils pataugent et respirent mal, écartent un coin de leurs masques sans tubas.

Alors ils lisent le texte à voix haute, mais ils ne trouvent pas l'oxygène. La voix est épaisse et chaque mot pèse lourd. On a forcé leur corps à plonger dans l'étrange aquarium du langage.

Sur les parois de verre du bocal, s'agitent de drôles d'algues figées. On voit des yeux affolés qui promènent vaguement des antennes.

La pleine mer, les bateaux ivres, la profondeur du ciel, ça ne se creuse que dans les vagues. La découpe des coraux, les millions d'oiseaux d'or, les lames où s'embrasent les voyelles, ça ne se lève et ne s'aiguise que dans le feu.

 

 

Plongée en littérature avec ou sans le masque

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Voyage dans un verre de whisky

Publié le par Eric Bertrand

Depuis qu'on a visité une distillerie, ou qu'on a été initié par un hôte écossais un peu poète, un peu gastronome, ou qu'on a spontanément "senti" le rituel en portant à ses lèvres un verre de whisky, on a pris l'habitude de bien "flairer" le breuvage, d'en décrypter l'alphabet gustatif, d'en savourer les nuances... Ondulations mauves des collines tourbées, teintes de bruyère, éclats bleus des lochs, vieilles barriques en fût de chêne, oiseaux d'or et d'acier sous le bouclier du soleil, réminiscences diverses...

Penser à l'Ecosse en ce moment, c'est comme se servir un verre de whisky pure malt... Mais combien faudra-t-il encore remplir de doses avant de pouvoir préparer enfin ses valises et de rêver à jeun ?

Voyage dans un verre de whisky

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L'utopie de l'Ile d'Après

Publié le par Eric Bertrand

L'utopie de l'Ile d'Après

Disponible dès à présent chez l'éditeur ou Rakuten ou Amazon au tarif de cinq euros... Deux versions différentes de cette utopie de "l'Ile d'Après" afin de s'interroger sur notre époque et sur la drôle de période que nous traversons.

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