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Le clan Mac Areux sur les falaises du Caithness

Publié le par Eric Bertrand

En bord de mer, ils sont l’obsession des promeneurs, ces petits oiseaux clowns au bec bariolé et aux allures d’Arlequins… En Écosse, on les trouve sur certaines falaises de la côte nord et notamment dans le Caithness. Ils sont très difficiles à repérer du fait de leur petite taille et des anfractuosités de rochers qu’ils choisissent pour nicher…Si on veut assister à leur numéro, il faut prendre le temps de s’arrêter et d’attendre, allongé en face de l’une de ces hautes roches inaccessibles – les broughs - qui sont les citadelles des oiseaux de mer, des « princes des nuées » dirait Baudelaire…

C’est à Holborn Head, à un bon kilomètre du phare de Scrabster près de Thurso, que viennent se nicher entre début mai et fin juillet quelques spécimens de ces macareux moines. Les cormorans, mouettes, guillemots et autres goélands attirent d’abord l’attention parce qu’ils sont beaucoup plus nombreux et “démonstratifs”. Au contraire, on dirait presque que nos petits acteurs fantasques recherchent la discrétion et l’anonymat sous leurs costumes peints.

Planqués au creux de la roche, ils se tiennent debout dans la coulisse. Ils attendent le moment de la parade pour exécuter un numéro de haute-voltige. Super-héros miniatures, chauve-souris de plein jour qui auraient chipé des habits de foire, ils se décident enfin à plonger dans la grande cape bleue de la mer où brillent encore des étoiles. Que le spectacle commence ! Le temps d’une dégringolade, les petites ailes battent à toute vitesse, jouent des griffes et du sgean dhu, aiguisent le bec.  

Et on voit voltiger l’un après l’autre, dans cet immense théâtre en plein air, les kilts minuscules du clan Mac Areux, ornés du tartan orange et jaune.

Le clan Mac Areux sur les falaises du Caithness

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Vertiges de la rue de Verneuil A l’occasion de l’ouverture prochaine de la maison Gainsbourg

Publié le par Eric Bertrand

Vertiges de la rue de Verneuil A l’occasion de l’ouverture prochaine de la maison Gainsbourg

Rentrer rue de Verneuil, c’est pousser un portail magique…

C’est suivre un malin génie, un « petit lapin de play boy » qui vous conduit dans le labyrinthe jusqu’au « pays des malices de Lewis Caroll ». Des escaliers, des couloirs sans fin se succèdent, ruelles, culs de sac, rues X aux stationnements interdits par la loi…

Il y a des Vénus d’argent, des Aphrodite, des Salomé, des bronzes et des médailles d’Imperator. Des chambres flacon, imprégnées de parfums baudelairiens, des boites de rahat-loukoums à la rose qui rebondissent sur la nuque boum boum et un hanneton dressé sur une tête héliport d’hélicoléoptère. Des verres d’eau de Selz, des cigarillos, de l’héroïne, de la poussière d’ange, « mon bel ange, ma toute belle ». Il y a aussi des chambres à échos pour Des Esseintes, des enceintes à la sono lançant accords de quartes et de quintes.

On ouvre la lourde portière de la Silver Ghost de 1920 ou celle de la Ford Mustang et on circule dans les allées, sur les trottoirs où passent en vertige les ailes de la « Princesse des Ténèbres », le bubble gum de Lolita, la paire de Lewis d’Alice et toutes les « liaisons clandestines ». « Ange Gabriel, me pardonnerais-tu mes rêves démentiels ? Labyrinthe obsédant. Couleur absinthe, odeur du temps. Plus rien ne sera-t-il comme avant ? »

http://ericbertrand-auteur.net/Verneuil.htm

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Gainsbourg. Couleur café basket Lewis…

Publié le par Eric Bertrand

II l’avait dit, « je crèverai un dimanche… ». « Gloomy Sunday. » Dépression au-dessus du jardin... Aujourd’hui, il a délaissé sa Remington portative, les INITIALS et l’alphabet de LAETITIA.

Saison des pluies. Ça ressemble à un conte d’Edgar Allan Poe.

Sur son rocking-chair, Élisa n’est plus « qu’un appareil à soupirs ». Elle attend que ça se tasse… La petite Mélody ne fait plus tinter ses bracelets ni les clochettes d’argent de ses poignets. Ses illusions donnent sur la cour… Marilou s’est barrée avec sa paire de Lewis « au pays des malices de Lewis Caroll ». Elle rêve encore à des aéroplanes, à des cargos de nuit qui lui ramèneraient son intoxicated man ou son sorcier indigène.

Sait-on jamais. Dieu est un fumeur de havanes … Black trombone, monotone… Couleur café, désormais, très vite passée. Où est l’ombre des Shadows, des Birds, des Doors ? Les murs d’enceinte du labyrinthe les entrainent vers l’infini et soufflent vers l’Azur et les aéroplanes quelque chose comme un air lointain, une « Symphonie du Nouveau Monde ».

 

Gainsbourg. Couleur café basket Lewis…

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Inspiratrices de Gainsbourg : du « Scenic railway » au « Boing 707, avion cargo de nuit ».

Publié le par Eric Bertrand

Il n’a longtemps vu « briller que les correspondances ».

Comme Baudelaire, il n’aimait que la Beauté qui met « l’eau à la bouche ». Que ces créatures étranges « à la chevelure profonde, aux âcres parfums », « à la couleur café », chargées de parfums exotiques et de bijoux. « Jolis bracelets à tes pieds ils se balancent »… Femmes rêvées, « haras et duchesses », visions qui ne laissaient que « le cœur meurtri » et « l’épouvantail » criblé d’au moins « douze belles dans la peau ».

Et puis il y eut Initials BB et ce fut une trépidation.

Du jour au lendemain, il s’est trouvé beau. Beau de cette « beauté cachée des laids… » Et la nouvelle muse qui chevauchait les Harley Davidson lui fit monter dans les reins d’autres vibrations. Elle aussi « agitait ses grelots » et portait de « l’essence de Guerlain dans les cheveux ». Mais elle était bottée « jusques en-haut des cuisses » et elle mettait le corps « à feu et à sang ». Avec elle, « impossible de se ranger ». Il devenait la machine qui va « à plus de cent » et le « navire qui s’éveille au vent du matin ». Il était « la vague », elle, « l’île nue » et déjà le relent du « parfum exotique »… « La nostalgie camarade… »

Puis les « mitraillettes » du désir « repartent à l’attaque et c’est « le heurt violent » qui le tire de sa rêverie. « Love fifteen ». Cette « tête d’enfant » qui ressemble tant à la Lolita de Nabokov combine des airs de pin-up et d’Alice au pays des malices. « L’aimable petite conne » aux pantalons blancs et aux cheveux rouges, aime le cap’tain Cook, Tarzan et les comic strip. Dans la Ford Mustang, elle fouille dans la boite à gant.  Elle raffole des « sucettes à l’anis ». Des « paquets d’Cool » aussi, des barres de chocolat », du Coca-cola qu’elle se « cocacolle », du Fluid make-up et des brownings.

Et brusquement, « cette narcisse » ne le supporte plus. Le traite de « fauché, de plouc, d’abominable bouc… ». « Ah, tu peux pas savoir mec… » Alors il renvoie « la mineure détournée de l’attraction des astres » au 707, avion cargo de nuit. « Sorry angel ! » Et quant à lui, il rejoint « les sorciers qui invoquent les jets dans la jungle de Nouvelle-Guinée ». Et cette jungle-là, c’est la Poésie ou peut-être tout à la fois « la jungle des cheveux de Melody, de Marilou et d’Élisa ».   

 

Inspiratrices de Gainsbourg : du « Scenic railway » au « Boing 707, avion cargo de nuit ».

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Les « Stacks » à Duncansbay Head

Publié le par Eric Bertrand

Les « Stacks » à Duncansbay Head

On fait un grand bond au-delà des falaises de Holborn Head, un pas de géant au-dessus de la grande baie de Thurso, chère aux surfers et on prend la direction du  fameux John O’ Groat’s qui passe aux yeux des touristes pressés pour « l’extrémité nord des îles britanniques ». Le bout du bout ! En saison, les cars bondés s’arrêtent tous là, au pied de « la dernière maison ». Les visiteurs empressés, bardés de technologie, multiplient les selfies, courent dans tous les sens, embrassent le panneau « The last house », s’extasient : « I’ve been there ! »

                Certains filent prendre le ferry, quittent le « Pentland Firth », mettent le cap vers un archipel situé au-delà du « land’s end ». Un archipel au nord de John O’ Groat’s et pourtant britannique... Il y a même des maisons, des hameaux, des villages et des villes au milieu de ces terres qu’ils croyaient réservées à la marée haute, aux mégalithes et aux ruines de vieux châteaux.

                Si on préfère « le coup de vent » à l’agitation du quai ou aux quelques magasins de cartes postales et de pulls shetland, on suit la côte et on monte par le sentier ou par la route jusqu’au parking des « Stacks of Duncansbay » : ces immenses rochers entartrés de guano, qui apparaissent à l’horizon de la mer et de la côte rocheuse, sont souvent comparés à des incisives de géants ou à des chicots. Tout est affaire de point de vue !

                Sous le cabinet dentaire du ciel blanc ou gris, ils subissent en tout cas le coup de roulette des tempêtes et le plombage de la pluie, de la grêle, de la bruine. Mais quand, sous l’éclat des néons, la blouse des nuages se déchire, l’effet d’anesthésie se dissipe et tout le palais encore endolori se réveille.

                On ouvre grand la bouche, presque béat. On a le nez qui coule, de l’écume ou des embruns sur les lèvres. Les jambes tremblent et les cuisses frissonnent. Et on se précipite en se tenant la mâchoire. Au-dessus des rochers sans cesse aiguisés et qui sentent le clou de girofle, on s’élance. Dans l’herbe mouillée, par le sentier, on écarte le bras. On dégringole en ricanant avec les goélands. Et on pousse des cris et on grince des dents tellement c’est bon de se sentir libre…    

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