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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°32). Jim Harrison : « Légendes d’automne »

Publié le par Eric Bertrand

Il y a dans les nouvelles de Jim Harrison cette « sauvagerie » des grands espaces qui renvoie notamment à l’État du Montana auquel il était tant attaché. La présence du « wild » si cher à Jack London habite le moindre de ses récits. Vautours, coyotes, grands cerfs, grizzlis y ont autant leur place que les hommes qui tâchent de respirer à la même hauteur tandis que la folie du monde menace de les rattraper.

            C’est le cas des trois fils du colonel Ludlow, personnage principal de la nouvelle « Légendes d’automne ». Au début de la guerre de 14, Tristan, Alfred et Samuel partent se battre en Europe. Le père, raide et intransigeant sous sa peau de bison, choisit de fulminer contre l’hypocrisie des chefs et la corruption des politiques. En compagnie du vieil Indien Un Coup dont il épouse la culture, il bougonne dans son ranch et contemple ses montagnes.

Ce personnage de vieux soldat, si proche de Jim Harrison, est merveilleusement incarné par Anthony Hopkins dans le film d’Edward Zwick, qui offre une version très fidèle du récit original… https://youtu.be/RGBwQPauXEs

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°32).  Jim Harrison : « Légendes d’automne »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°31). John Steinbeck : « Lune noire »

Publié le par Eric Bertrand

On connaît Steinbeck pour ses « Raisins de la colère » et sa grande fresque américaine des années 30. Steinbeck est un écrivain de la route, de l’aventure « cabossée », celui qui, à la fin de sa vie, part avec son chien Charley dans un van pour « sentir » l’Amérique profonde : « Voyage avec Charley. » On connaît moins le Steinbeck qui s’interroge sur les conditions d’installation de l’envahisseur nazi dans un pays riche de sa propre culture : la Norvège.

C’est le sujet de son roman « Lune noire » qui émet, en ces temps agités, une étrange lueur. Il donne à réfléchir, à travers des personnages contrastés, sur la résistance ou la capitulation, la violence ou l’affadissement, la liberté ou « le papier tue-mouches ». Comme le dit l’un des personnages à la fin du roman : « les hommes libres ne déclenchent pas la guerre, mais lorsqu’elle est déclenchée, ils peuvent se battre jusqu’à la victoire ».

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°31).  John Steinbeck : « Lune noire »

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Ennio Morricone, la musique qui tire des larmes

Publié le par Eric Bertrand

Extrait du dernier magazine "Derrière l'écran" de janvier 2023, dans le cadre du Festival La Rochelle cinéma, hommage à Ennio....

Ennio Morricone, la musique qui tire des larmes
Ennio Morricone, la musique qui tire des larmes

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°30). Patrick Suskind : « Le Parfum »

Publié le par Eric Bertrand

Baudelaire fait du parfum le déclencheur du « langoureux vertige » de la poésie et de la métamorphose du monde. Le lecteur envie au poète sa capacité à sentir et à décrypter une autre réalité à travers la fonction olfactive que l’hallucinant roman « le Parfum » de Suskind met en avant.

Le héros, Jean-Baptiste Grenouille est en effet une créature étrange qui a cette particularité de détecter le monde qui l’entoure rien que par les narines, ce qui lui donne le talent du parfumeur et l’imagination du créateur de parfum. Mais jusqu’où peut-il aller pour pousser l’alchimie jusqu’à ses limites extrêmes et trouver l’essence idéale, celle qui fait tomber à la renverse ?

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°30).  Patrick Suskind : « Le Parfum »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°29). Baudelaire, champion de surf

Publié le par Eric Bertrand

Le surfeur est un poète qui balance sa planche comme une plume dans l’encrier du flot. « Homme libre, toujours tu chériras la mer ». La page, elle non plus, n’est jamais blanche, oscillant entre écume et crête, toujours imprévisible, toujours recommencée. De la même façon, Baudelaire est un de ces poètes qu’il faut suivre « dans le déroulement infini de sa lame ». Beach Boy on a riding surf...

            Qu’on relise seulement « Parfum exotique », « la Vie antérieure », « l’albatros », « la chevelure » ou « l’homme et la mer »... on y prendra peut-être le plaisir qu’on trouve à contempler les figures d’un surfeur en équilibre qui s’amuse des hasards du flot. 

            Baudelaire trouve sa correspondance dans la figure du surfeur. « Nageur qui se pâme dans l’onde », dans les « lames », les « houles », le mouvement de la poésie, le balancement du vers, il entraîne le lecteur dans son sillage...

            Mais avant l’ascension vers la crête, avant le branle, il y a eu chez lui, comme pour le surfeur sous l’emprise du manque, l’attente intense et le guet du rouleau. Et tout à coup, le voilà qui décolle...

            Baudelaire est le poète de la captation du mouvement. Chez lui, tout passe par la plante du pied, cette racine de la sensation ! La chaleur d’un corps, l’odeur d’un sein, le mouvement d’une chevelure aimée imprime définitivement en lui la cadence du poème. Alors, il s’en va, alors il épouse cette ascension vertigineuse au cœur des lames.

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°29).  Baudelaire, champion de surf

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