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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°10) Ludovic Manchette, Christian Niémec : América’s

Publié le par Eric Bertrand

Après avoir écrit « Taper la route » et parcouru en auto-stop un trajet assez semblable à celui qu’évoque ce roman, je me sentais forcément attiré par le récit qu’en fait celle qui se désigne par son nom indien « Née pour tailler la route ». Tout est écrit sur un mode alerte et désinvolte à partir du point de vue de la jeune Amy qui, à douze ans et demi, décide de quitter sa famille à Philadelphie pour rejoindre sa grande sœur Bonnie. Bonnie travaillerait comme mannequin à Los Angeles dans un manoir nommé « le manoir Playboy ». Sur la route en 1973, dix ans avant le voyage que je raconte, elle croise elle aussi des figures énigmatiques et étonnantes comme celles de Bruce Springsteen dans un groupe de hippies, un ancien du Vietnam, un couple en fuite, des jumeaux qui jouent aux cow-boys et aux gardiens de l’ordre… Car Amy ne fait rien dans la norme, mais elle a de l’audace et sait où elle va. Amy, c’est « America » et, avec ses compagnons de fortune, dans la voiture, « on the road », elle chante à tue-tête cette chanson de Simon and Garfunkel mais aussi beaucoup d’autres de la même époque. "Kathy, I'm lost", I said, though I knew she was sleeping I'm empty and aching and I don't know why Counting the cars on the New Jersey Turnpike They've all come to look for America All come to look for America All come to look for America… » C’est aussi ce qui fait le charme de ce roman, lire en chantant. 

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°10)  Ludovic Manchette, Christian Niémec : América’s

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°9) Balzac : « le Colonel Chabert »

Publié le par Eric Bertrand

Se sentir dépassé par son époque, ne plus se reconnaître dans les valeurs qui émergent, ne plus savoir où placer son énergie… C’est la situation dans laquelle se trouve le colonel Chabert, officier de Napoléon laissé pour mort sous un tas de cadavres sur le champ de bataille d’Eylau. Après un long temps de soins et de convalescence, il revient d’entre les morts dans cette société de la Restauration où triomphent l’argent, le profit et la comédie sociale. Chabert n’est plus qu’un spectre de l’ancien temps et se sent étranger à tout cela et son épouse qu’il a retrouvée le supplie pour qu’il se cache, qu’il ne montre pas au grand jour ses traits monstrueux et ses extravagances. « J’ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière qui veut me faire rentrer sous terre. »

En ce jour d’armistice, souvenons-nous des soldats de la Grande Guerre.

 

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°8) Tony Hillerman, « Là où dansent les morts »

Publié le par Eric Bertrand

Les Indiens navajos et zunis qui habitent les montagnes d’Arizona croient dans la beauté de la nature et dans les rituels qui leur permettent d’entrer en communication avec les êtres qu’ils ont perdus. Au début du roman de cet écrivain d’origine navajo, deux meurtres ont lieu en territoire indien à proximité d’un campement de hippies. L’inspecteur Joe Leaphorn essaie de débrouiller l’énigme et pour cela, sourd aux hypothèses de l’agent du FBI qui mène l’enquête de son côté, il écoute son instinct d’Indien. Au lecteur de lui emboiter le pas, de traquer les ombres et les lumières et de soulever le voile des apparences.

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°8) Tony Hillerman, « Là où dansent les morts »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°7) Jack London, « la Force des Forts »

Publié le par Eric Bertrand

Comment un chef, un groupuscule prend-il le pouvoir et s’y maintient-il à coups de mensonges, de slogans et de numéros de prestidigitation ? Cette question est pour le moins d’actualité et pourtant, le romancier Jack London remonte aux temps préhistoriques pour la poser au sein de la première nouvelle du recueil la Force des Forts. Les hommes viennent de découvrir que pour être plus forts et pour vivre mieux, ils devaient descendre des arbres, s’unir et établir des lois et des codes sociaux… Mais tous les codes sociaux et les lois sont objets de manipulation sitôt que des hommes un peu habiles se hissent au pouvoir et en tirent un profit personnel…  

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°6) Balzac, « la Peau de chagrin »

Publié le par Eric Bertrand

Pour présenter le cuir d’onagre ou « peau de chagrin », le brocanteur méphistophélique qui surveille cet article insolite tâche de tenter l’acheteur potentiel à l’aide d’une formule lapidaire et terrible : « Si tu la possèdes, tu possèderas tout. »

En d’autres termes, cette peau de chagrin permet à l’acquéreur de réaliser tous ses désirs… Or, justement, le héros qui s’en empare au début du roman est, comme l’indique Balzac, « un galérien du plaisir »… Quel enivrement pour ce jeune homme de pouvoir d’un seul coup et à chaque fois qu’il le souhaite assouvir ses désirs ! Le pacte est vertigineux et engage toute la vie et toute la volonté. Au fil des péripéties et des défis, le lecteur entrevoit le risque qu’il y a pour un homme à continuellement vouloir autre chose.

Ainsi, il n’est pas étonnant que Balzac ait classé cette fable fantastique dans ce qu’il nomme ses « études philosophiques ». Le chagrin n’est-il pas en effet l’envers du plaisir ? La recherche du plaisir ne finit-elle pas par avoir la peau de celui qui en est esclave ? Et la pluie des désirs qui glisse sur le cuir d’onagre de nos journées continue de s’écouler et de raviner la vie.

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