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Monter là-haut sur la colline avec Joe Dassin

Publié le par Eric Bertrand

C'est une planète de platine qui tourne, insouciante, sous un saphir léger. On s’y balade en fantaisie dans le quartier du Vieux Québec, les Jardins du Luxembourg, sur les champs Élysées, et puis soudain on tombe amoureux d’une Émilie, d’une Cécilia ou d’une jolie boulangère qui vend des petits pains au chocolat ou des chocolatines, peu importe. On va au Café des Trois Colombes, on se regarde dans les yeux, on se caresse le velouté des lèvres, on se sent seuls au monde. Et on n'a rien : pas de masque, pas de virus, pas de pass sanitaire, mais on a toute la vie et Nancy au printemps… « Salut les amoureux ! ». On marche en parlant, on refait la philo. On est plein de délicatesse et de précaution, on réserve des chambres à part parce qu'on n'aime pas montrer qu'on s'aime à 18 ans à peine...

Quand on écoute le chanteur au pantalon blanc à pattes d'éléphant, on fait partie de l'équipe à Jojo et on part pour des étés indiens avec des filles en robe longue qui ressemblent à des toiles de Marie Laurencin. On roule à bord d'un vieux tacot, guitares en bandoulière et marguerites sur le capot, et on rêve d'une Amérique qui n’est pas celle de Trump. 

Et puis du jour au lendemain, comme dans la vraie vie, « il était une fois nous deux » et tu t'appelles « Mélancolie »… Mais ça va pas changer le monde... Les deux mains sur le ceinturon, les yeux en révolvers, Jojo prévient sa bande : ce monde-là va continuer sans nous « et il aura bien raison »...

Et en effet, aucun mauvais virus, aucun vent mauvais ne menace ni la liberté des fleurs, là-haut sur la colline, ni la chanson de celui qui siffle tant qu'il peut. On           garde la fleur aux dents et on ne connaît ni la haine, ni les bombes, ni les convois. Les seuls masques qu'on voit sont ceux des frères Dalton « qui furent l'incarnation du Mal » .... « Et que ceci serve d'exemple à tous ceux que la vie écarte du droit chemin » ...

 

Monter là-haut sur la colline avec Joe Dassin

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De la Petite Poucette aux ogres de l’internet.

Publié le par Eric Bertrand

« Voici le soir charmant, ami du criminel ;
Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l'homme impatient se change en bête fauve. »

Charles Baudelaire, « le Crépuscule du soir »

Michel SERRE évoquait la virtuosité avec laquelle la « Petite Poucette », ne semait plus des cailloux pour retrouver sa voie mais pianotait sur son clavier et voltigeait sur son smartphone. Dans ce temps où le tout numérique et le télétravail ont pris l’avantage sur toute autre forme de locomotion, on imagine à quel point Poucette est aussi capable d’enfiler des bottes de sept lieues afin de s’en aller gambader sur le net ou sur le WAP…Et comment hélas, comme dans le conte, les ogres du Dark net se sont mis à guetter les Petits Chaperons rouges qui portent sur elles autre chose que des confitures et des pots de beurre. Et il faut bien admettre que les rassurants adultes, les bons chasseurs au chapeau à grelot, ne peuvent plus faire grand-chose pour détourner leurs Blanche Neige du piège vers lequel elles se précipitent…

Réseaux sociaux, jeux-vidéos, clips, stories, selfies… Si une main mal intentionnée fouille un peu dans les poches des ados d’aujourd’hui, elle ne tire pas que des bouts de ficelles : premières photos postées par un couple de parents béats, premier pipi au pot, premières dents qui tombent en appât, casier à homard dans l’écluse, carcasse qui craque : la bouche baille, le décolleté aussi. Premier accès à la console, premier ordinateur, premier portable sous les menottes de la petite puce qui a grandi dans l’électronique… Au pays des contrôles parentaux, les Petits Poucets ricochent d’intelligence. En quelques minutes, ils déjouent les ruses de papa et les pièges de la cyber-sécurité et ils s’adonnent à des plaisirs coupables pendant que les sentinelles et les parents dorment. Quelques années plus tard, ils sauront hacker les meilleurs spécialistes.

« La sombre nuit les prend à la gorge. » Ils détalent à toute vitesse avec des yeux hallucinés. En quelques nuits, ils deviennent les enfants du monstre et de la matrice qu’ils sont allés réveiller. Ils se sentent rassurés, nombreux, serrés les uns contre les autres, et ils pensent tous la même chose. Il fait bien chaud au cœur du labyrinthe. Un œil s’est ouvert. Sur un toboggan vertigineux, ils descendent les parois de l’intestin du Léviathan. Millions de facettes, millions de clics, d’acides et de flashs. C’est cool et un peu flippant, on n’arrive pas à voir qui se cache derrière le masque. Sous le manteau, où est la doublure, sous la pelure, où est l’oignon ? Parfois, ca tire des larmes mais on ne les montre pas.

Tik tok, Tinder, Meta, Instagram, groupes Facebook, j’aime, j’aime pas, smileys… Pire que les dealers « qui dans l’ombre attendent leur heure », il y a les hackers, les cyber-caïds, chefs de groupes, chef de meutes… « L’horreur d’minuit » chantait Gainsbourg pour d’autres « enfants de la chance ». Une bouffée, ça se scrolle, ça s’injecte, et ça passe dans les veines toute la nuit, jusqu’au petit matin. Et plus rien n’existe autour. « La poussière d’ange » est montée dans le ciboulot en même temps que les étoiles qu’on ne voit plus tout au fond du ciel. Des zones vitales sont atteintes, dévastées, saccagées. Comme le « bon nageur » de Baudelaire « qui se pâme dans l’onde », l’enfant-prodige de huit ans est allé fureter dans les quartiers où poussent les fleurs du Mal. Le vin y « chante dans les bouteilles », a on sert des alcools fortes à de « vieux saltimbanques », et on voit des « serpents qui dansent et des femmes damnées »

Derrière son écran ou sa console, la tête lui tourne. La vie est devenue un jeu, un poison infernal qui le grise. Le monde est à ses pieds et à bout de clic : « au sein de la cité de fange », il se fournit l’arme qui lui convient, court tirer dans une école, une église, une mosquée sur des cibles qui bougent, dégomme tous les rabat-joie qui l’empêchent de faire sa loi, policiers, professeurs, adultes en civil avec des sales tronches. Il sourit au milieu des balles. Il entend des voix.

Le petit Faust a vendu son âme au diable. Il s’amuse comme un fou. Les réseaux et les jeux-vidéos l’occupent exclusivement. Ils lui fournissent des représentations simplifiées et « hyper-excitantes » des rapports entre hommes et femmes. « La Prostitution s’allume dans les rues ». Ses doigts tremblent devant les « ventres et les seins plus câlins que les anges du Mal…»… Plus rien d’autre n’a de grâce à ses yeux. Il se sent fort, viril, invulnérable. Et puis très intelligent aussi et très cultivé. Car, il en a désormais la conviction, sous la casquette de Google qu’il porte de travers, il dispose quand il le décide d’un stock de mémoire. Son cerveau n’a plus besoin de rien retenir.

Il ferme la porte de sa citadelle intérieure. Se sert à l’envi dans cette succursale de l’Esprit située dans la banlieue de ses fantasmes. Assiste, sans broncher, à la comédie des hommes. Se moque, insulte, agresse. Se targue d’un savoir absolu, d’une omniscience à portée de clic.

Et puis un jour, il sort enfin dans la vraie rue, brandit des slogans, des formules à l’emporte-pièce et à la place de la Vérité qu’il détrône, il assène ses vérités à lui. Il a du feu dans les veines, des lumières dans les yeux et il proclame dans tous les Capitoles et dans toutes les capitales : « Si tu n’es pas d’accord avec moi, alors tu es contre moi ! »

 

De la Petite Poucette aux ogres de l’internet.

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Ornithorynques sous les masques de Dom Juan, Cyrano et Scapin

Publié le par Eric Bertrand

Le Dom Juan de Molière est un événement dans la carrière du dramaturge et c’est aussi un événement dans le quotidien un peu morose d’un lycée de La Rochelle à la saison maussade.

Lorsque Molière le présente au Roi, Dom Juan dispose de toutes les qualités pour distraire aussi bien la cour du Roi Soleil en 1665 que la cour de récréation en 2022, surtout quand le spectacle commence, sous les masques, à huit heures du matin. L’astucieux auteur et directeur de troupe sort blessé de la crise du « Tartufe » qui lui a valu les foudres des religieux et il choisit, pour sa nouvelle pièce, de raconter les débauches et les excès d’un grand séducteur que tous les lecteurs de l’époque et tous les lycéens (à peu près) connaissent déjà.

Et s’ils ne le connaissent pas, qu’à cela ne tienne, la troupe des Ornithorynques se chargera de le leur présenter. Et si ce n’est pas Dom Juan, ce sera Scapin, ou Cyrano. Chez les Ornithorynques, on ne recule devant rien, même pas devant « cent hommes ».

Le héros de ces pièces est de toute façon un turbulent, un spadassin des mots et un teigneux. Et un parterre de lycéens mal réveillés ou mal intentionnés, assis dans une salle de devoirs ne l’effraie pas. Sitôt les trois coups cognés contre la porte par le professeur accompagnateur, c’est la voix et l’audace qui l’emportent. Avec Dom Juan, on est au XVII° siècle mais cet empanaché libertin se rit aussi bien des principes que des normes du théâtre classique. Tout comme Cyrano, il change de lieu et de décor à chaque acte et, sur un rythme endiablé, il entraine le spectateur dans un tourbillon jusqu’au seuil de l’Inconnu…

Au second étage du lycée, à deux pas du silencieux CDI, quand on passe dans le couloir, on entend bien qu’il se passe quelque chose derrière les murs, car, en ces jeudi 20 et vendredi 21 janvier 2022, les Ornithorynques ont relevé le défi de jouer coup sur coup au lycée Vieljeux, dans cette austère salle d’examen, et devant 15 classes de secondes et de premières, leur propre version de Dom Juan, des Fourberies de Scapin et de Cyrano de Bergerac. A chaque représentation, Molière et Rostand se bousculent à l’entrée, en même temps que la petite soixantaine de spectateurs qui n’ont pour la plupart jamais encore assisté à une pièce de théâtre de type professionnel.

Et quand tous les lycéens sont en place, sagement résignés au spectacle qu’ils s’imaginent ennuyeux (mais qui aura toujours le mérite de faire sauter des cours), ils s’étonnent pour le Dom Juan de ne voir sur la petite scène que deux hommes. Deux acteurs pour une pièce qui en comporte une bonne quinzaine, et notamment des femmes… Soi-disant que le camion de la troupe est resté bloqué dans un bouchon entre Paris et La Rochelle avec les décors, les techniciens et les autres personnages…

Tant pis, on commence et le verre est jeté.

Aussitôt, ces deux-là font voler en éclats ce que, dans le jargon du théâtre, on appelle « le quatrième mur ». La pièce qu’ils vont jouer est une réécriture : « Duo pour Dom Juan ». Et personne ne surgira in extremis du « camion » pour oser les aider à incarner les rôles de Dom Louis, le père de Dom Juan, de Dom Carlos et de Dom Alonso, les frères d’Elvire, de Gusman le valet, de Piarrot, le paysan flanqué de ses deux « beautés de la campagne », Charlotte et Mathurine (la plantureuse Mathurine), d’Henrique, le Pauvre, de M. Dimanche, du Commandeur, du Spectre…

Le public est captif. Il participe, rit de bon cœur, commente, fournit même une veste un peu mal taillé pour les épaules de l’emprunteur qui lui reproche son odeur de parfum. Et puis, très vite, deux, trois, quatre élèves (et même le professeur) sont invités à monter sur scène. Les masques qui se croisent sur scène ne sont pas tous antigéniques ou de type FFP2. Les masques de la Commedia dell’arte sont aussi de la fête et les deux comédiens les font voltiger dans une folle sarabande où le spectateur se réjouit à la fois des mimiques de Charlotte, de celles de sa rivale Mathurine et des cent visages de l’hypocrite. Complètement entraînés par ces deux funambules qui passent sur un fil de l’espace de la scène à l’espace du public, les élèves partagent quelque chose de nouveau et d’inouï… Une sorte de complicité magique et euphorique avec des personnages venus d’un autre temps.

Ainsi, dans le silence et le bonheur du spectacle, un temps de respiration est-il donné à Dom Juan qui peut encore « étendre ses conquêtes amoureuses » en cherchant ses proies dans le public ou dans l’escalier ou derrière la porte d’entrée de la salle polyvalente où l’on entend soudain une fille pousser un cri hystérique lorsque surgit le prédateur. Et sitôt la farce passée, le spectacle enjambe dans le domaine de la tragi-comédie avec l’apparition de Dom Louis, effrayant sous son masque et son manteau, maudissant son fils, honte de la famille. Puis c’est la tragédie avec la scène terrifiante de la statue du commandeur qui vient chercher et châtier Dom Juan. Un masque est suspendu au rideau et deux yeux rouges s’allument quand il est proche.

Sganarelle hurle de panique. L’au-delà vient de rendre sa sanction. Dom Juan s’effondre. Le Sganarelle reste là, planté. Déjà fini ? La pièce s’achèverait-elle comme une tragédie ? Les lycéens ne savent pas à quoi s’en tenir. Le flamboyant Dom Juan gît près de son valet. Prépare-t-il une ultime pirouette, un assaut à « la lune opaline » ? Sganarelle s’est mis à brailler : « mes gages, mes gages ! » Et soudain, son visage devient sournois : il retourne la veste de son maître, lui fait les poches et en retire un portefeuille bien garni. Le domestique ne tremble plus, l’espace d’un instant son pouvoir d’achat a été menacé. Mais l’argent vient de  « tomber du camion » !

 

Ornithorynques sous les masques de Dom Juan, Cyrano et Scapin

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« Harriet TUBMAN » d’Anouk Bloch-Henry De la voleuse d’esclaves à la Pretty woman…

Publié le par Eric Bertrand

Elle a le visage impassible, couturé de cicatrices. L’œil fier et étincelant. La lèvre boudeuse. D’une main ferme et usée, elle tient la crosse du pistolet accroché à sa ceinture. Elle s’appelle Harriet TUBMAN et elle fournit la matière de la biographie romancée écrite par Anouk BLOCH HENRY sorti en 2019 chez OSKAR Editeur. (www.oskarediteur.com)

Dans le cadre de l’opération LEAR, Anouk BLOCH-HENRY était l’invitée du lycée Vieljeux les 24 et 25 janvier 2022 et elle a répondu aux questions de deux classes de secondes. « Qui connaissait Harriet TUBMAN avant de lire le livre ? Personne ! Et pourtant, quelle femme ! Quel courage et quel exemple à méditer ! »

 

Dans le Maryland, en 1820, une fille d’esclaves, un « strange fruit » comme le chante Billie Holiday, grandit et porte en elle le poids de la mémoire (violences, trocs, coups de fouet, humiliations des maitres, sillage lourd des bateaux négriers qui, jadis, ont capturé ses ancêtres…) L’écrivaine retrouve peu à peu l’émotion de son personnage dont elle a emprunté la voix et le niveau de langue. Elle explique que c’est ça l’écriture, saisir un personnage dans le filet de son histoire et de son environnement. Et puis elle montre aux lycéens avides d’images et de surprises, des photographies, des cartes, des extraits de films, Amistad, 12 years a slave, Autant en emporte le vent, Lincoln.

Cette petite fille s’appelle Araminte, mais on la surnomme Minty. Très vite, elle éprouve cette farouche envie de rompre ses chaines et de clamer sa liberté. Non au dépierrage des sols qui lui arrondissent les poings ! Non à la chasse aux ragondins dans les étangs qui l’effraient… Celle que, plus tard, on surnomme « Moïse », ne sait pas nager. Mais du haut de son mètre soixante, elle tente avec ses deux frères une première évasion contre vents et marées. Elle a 27 ans, et n’a peur de rien. Mais ses frères, eux, redoutent les châtiments. Alors, elle retente l’aventure toute seule, deux ans plus tard.

Elle sait s’y prendre avec la Liberté. Elle la respire, en savoure le grand air, en comprend les codes secrets. Emprunte les voies du réseau : « le chemin de fer souterrain », qui aide « les passagers » à « prendre le train » et à s’adresser, au bout du « voyage » au bon « chef de gare » qui les remettra « sur les rails ».

La rage au ventre, elle marche, trébuche, se cache, avance dans la nuit ; et quand elle arrive enfin en Pennsylvanie, Etat libre, elle peut enfin regarder les gens en face et, comme elle aime l’action et le partage, elle ne tarde pas à endosser à son tour le costume de « chef de gare ». Mais un chef de gare qui va chercher ses passagers pour leur apprendre à « lire les cartes ». Un chef de gare qui déjoue les chasseurs de primes sur les trousses des « voleurs d’esclaves ». La frontière de la Liberté recule inexorablement jusqu’à la frontière du Canada, huit cent kilomètres plus loin.

Mais au diable les obstacles, rien n’arrête Minty, même pas ce qui est faussement écrit contre les esclaves dans la Bible. Bien au contraire ! C’est le texte Sacré qui guide l’esclave analphabète, c’est le texte Sacré qui lui donne la voix et le souffle. Dans son livre, Anouk BLOCH-HENRY mêle les deux discours, celui de la femme simple et pressée et celui de l’Ancien Testament dont elle connaît par cœur des passages entiers.

Les élèves ont bien repéré cette superposition des deux voix au-dessus desquelles pèse la menace de la Loi et du Châtiment. « Wanted, alive or Dead ». La cote de Moïse a grimpé de plusieurs milliers de dollars, car Moïse passe à travers les mailles du filet. Elle sait aussi que les voix de la politique sont tout aussi impénétrables. Elle est entrée en relation avec William SIWARD, futur premier ministre et plus radical que le futur président LINCOLN sur la question de l’abolition. Dans ce combat qui va mener à la guerre de Sécession au nom de deux causes différentes, le Sud a déjà créé son propre drapeau. C’est ce drapeau de haine que brandiront plus de cent ans plus tard les hordes du Capitole ralliées à TRUMP. Ce nouveau forcené refusera le projet de mettre l’image d’Harriet TUBMAN sur les billets de vingt dollars. Quelle honte ! Le visage d’une femme noire sur un billet qui circule au quotidien dans les mains d’honnêtes Américains blancs de peau...  Il n’y a  qu’un OBAMA ou qu’un BIDEN en fin de mandat pour oser soutenir cette drôle d’idée. De la même façon, puisque l’histoire d’Harriet semble  intéresser la nation, pourquoi ne pas tourner un film dans la veine du « white washing » et donner le rôle à Julia Roberts, actrice qui, par ses traits de « Pretty woman », redorerait un peu le blason de la voleuse d’esclaves. Et de toute manière alléguait le réalisateur, c’est déjà du passé et les gens ne se souviennent plus … C’est de cette façon qu’on maquille l’Histoire et les lycéens, qui ont vu grandir et souffrir et se libérer Harriet, n’apprécient pas ce genre d’imposture.

« Harriet TUBMAN » d’Anouk Bloch-Henry De la voleuse d’esclaves à la Pretty woman…

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Signatures : l’écriture sans les gestes barrières (à tous mes amis écrivains et à tous les lecteurs.)

Publié le par Eric Bertrand

Omicron tend ses micros sous la moindre bouche qui passe et les masques voltigent, changent de look et se brandissent en même temps que les tests au-devant des pharmacies et dans tous les lieux publics… En cette rentrée littéraire si particulière où les lecteurs paraît-il, sont plus avides que jamais, les grands éditeurs pointent le bec et s’envolent vers les librairies et suivent une vague amplifiée de plus de 500 romans…

Dans cette tourmente des mots et des idées qui cherchent surtout à tourner la page, pas facile pour un livre de trouver la bonne plage et de gagner ce rayon où brillera la petite lumière.

Il y a pourtant beaucoup de sel et de pépites dans ces ouvrages dont on ne parle pas dans les médias. Il y a du souffle, de l’émotion et cette ligne de visage découvert sur lequel les petits éditeurs n’ont accroché aucun masque commercial.

La séance de dédicaces peut commencer. Le lecteur est invité. L’écriture se lève, ouvre la fenêtre, respire à pleins poumons. Et lorsqu’elle fait le geste de signer le livre, elle n’a plus de barrière.

 

Signatures : l’écriture sans les gestes barrières (à tous mes amis écrivains et à tous les lecteurs.)

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