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Francis Lepioufle : « Zéphyr sur le monde » et « Zéphyr sur le texte »

Publié le par Eric Bertrand

On n’a jamais fini d’étreindre la Poésie lorsqu’on est écrivain. Elle se tend à l’horizon des mots et du texte, elle une ligne, une marge et une voile, elle surplombe tous les thèmes et les fait avancer par tribord ou bâbord…

Chez Francis Lepioufle, il y a toujours eu ce tropisme vers la Poésie, réalisé notamment dans un précédent recueil intitulé : « C’est-à-dire » (La Roche de Trémuzon, 2012). Entre temps, beaucoup de voyages, de chemins, de mémoires ont nourri son inspiration toujours marquée par une curiosité pour le langage et une façon particulière de chanter le monde en le mettant en relation avec les autres.

Dans son dernier recueil, « Le Zéphyr du monde », il mêle à la chaleur des mots, la douceur de ses aquarelles et adresse un message « à toutes les femmes qu’on aime pendant quelques instants secrets ». Par le biais d’Antoine Pol, Brassens avait, après Baudelaire et avant Roda-Gil célébré « les passantes » qui éblouissent la rue, les « fleurs des gares » qui illuminent les quais, les « filles de la véranda » qu’on ne voit qu’une fois.

Le thème est beau, inépuisable… En suivant le fil de cette inspiration et l’haleine de ce zéphyr, le poète emballé se retourne, tord le cou et tord les mots quand il capté la sensualité d’une passante… Du creux de ces figures éphémères se lève un vertige et tout un monde : des « jupes de chair veloutée », « une voix lactée », « un jardin parfumé » et toute la nature en fête… Le souffle troublant, capiteux guide le capitaine et son « navire à la rame vespéral », en fait tanguer les bords à « la commissure des vers » et lui donne à la fois l’audace et « le plaisir d’ôter bientôt toute garniture au texte » pour l’offrir au lecteur moussaillon.

 

Francis Lepioufle : « Zéphyr sur le monde » et « Zéphyr sur le texte »

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Interview au sujet de "Dévalisée" par le média Entre nous culture

Publié le par Eric Bertrand

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°17) Nabokov : « Lolita »

Publié le par Eric Bertrand

« Des gambades coruscantes », « une eurythmie si particulière », « un regard adamantin », « des yeux smaragdins »… Il semble que le narrateur de « Lolita » ne trouve pas suffisamment de mots, ni de hauteur pour définir le charme de « sa nymphette », celle que Proust appelle « la jeune fille en fleurs » et Vian « la bobby soxer ».

Lolita est pour Nabokov une projection littéraire, une chimère dans laquelle il amalgame la pâte du langage et le feu d’une mélancolie profonde. Son héros Humbert Humbert a aimé dans son adolescence une fille de son âge qui ressemblait à Lolita et il l’a perdue tragiquement. À quarante ans passés, il explique au juge qu’il n’est pas un monstre mais une sorte de pathétique « ver de terre amoureux d’une étoile ». Pour retrouver « le vert paradis de ses amours enfantines », il est prêt à tout, « reste clapi dans l’obscurité » et se vautre dans la fange en y entraînant « la rose qui découvre qu’elle est une machine de guerre » comme l’écrit Hugo à propos de « la petite Cosette ».

Quel vertigineux abîme pour un écrivain de l’âme humaine.

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°17)  Nabokov : « Lolita »

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Jour de publication pour "Dévalisée"

Publié le par Eric Bertrand

Jour de publication pour "Dévalisée"

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°16) André Malraux : « la Condition humaine »

Publié le par Eric Bertrand

Quelle réponse les hommes peuvent-ils donner à l’angoisse de la solitude et de la mort face à un État aveugle ? À cette question, Malraux répond dans ce roman qui prend comme toile de fond la Chine de 1927 secouée par la tentative de révolution de Tchang Kaï-Chek soutenu par les cellules communistes. Dans ce contexte tragique, l’écrivain donne à voir différentes facettes de la condition humaine et examine implicitement cette hypothèse de Pascal : « Qu’on s’imagine un grand nombre d’hommes dans les chaînes et tous condamnés à mort (…) Ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables. »

Les temps ont changé, mais en cette période de Covid, si pesante pour la Chine actuelle, on ne peut s’empêcher de relire ce roman avec un autre regard.

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°16)  André Malraux : « la Condition humaine »

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