Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°41) Olivier Rolin : « Vider les lieux »

Publié le par Eric Bertrand

Comment quitter un lieu où on a vécu longtemps, très longtemps ? Bref comment « déménager » et plus violemment « vider les lieux » puisque c’est la situation dans laquelle se trouve l’auteur Olivier Rolin quand on lui demande de partir de son appartement parisien en pleine crise sanitaire.

L’écrivain voyageur qui a laissé une grande partie de sa vie dans cette habitation de la rue de l’Odéon se retrouve confronté à tous ces objets qu’il avait accumulés et dont la plupart ont un sens intime, à tous ces livres ramenés de son « extérieur monde », à ces pages qu’il a feuilletées ou dévorées dans les trains, les bateaux, les avions, les hôtels. « Hantés » sous les plissures du Souvenir, tous se mettent à rechigner, à s’accrocher, à résister…

Avec le lecteur, dans ce livre expérimental, l’auteur plonge dans le passé, palme parmi les rangées de livres corail, les bulles d’information, flux et reflux. La métaphore marine est chère à l’enfant de St Nazaire et de Penhoët, tout autant que cette lame de fond de références littéraires qui remontent toujours sous son écriture tandis qu’un Présent kafkaïen cogne à la porte et le somme de déguerpir en plein confinement.

Et voilà que le vieil appartement s’indigne, le retient, le rappelle : debout, guidant le peuple et l’écrivain depuis avant 89, il a lui-même accumulé la poussière du Temps et il grince, et il tremble et il secoue sa bannière.

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°41) Olivier Rolin : « Vider les lieux »

Voir les commentaires

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°40) Ma bibliothèque sent le soufre

Publié le par Eric Bertrand

En parcourant les rayons de ma bibliothèque, je m’aperçois qu’y figurent en bonne place des ouvrages suspects, calamiteux, ignobles, discriminatoires… Pêle-mêle ce tas d’escrocs et de mauvais citoyens, Cendrars, Céline, Verlaine ; ces gens qu’on traîne en procès, Baudelaire, Flaubert, Oscar Wilde, Lewis Caroll ; ces dépravés, Rimbaud, Nabokov, Gainsbourg ; ces bannis, Hugo, Dostoïevki, René Frégni ; « ces fous, ces marginaux, ces rebelles, ces clochards célestes », qui ont « la démence de vivre » et l’indécence des mots, Kérouac, London, Villon ; ces grossiers personnages, ces mal polis qui lancent des « pleines bouches de mots crus », Brassens, Rabelais, Rutebeuf ; ces dévergondés, ces débraillés, qui sortent les poumons gonflés, la casquette de travers, qui ont « la tendresse des loups » et qui se cachent dans les fossés et « les chemins noirs ». 

Puisque cela semble devenir une mode, vais-je à mon tour les corriger, les bannir, les envoyer au bûcher ou les jeter au feu ? Vais-je moi-même, à l’exercice, stériliser ma plume et lui mettre un préservatif dans le bouchon ? L’autoriser seulement à glisser sur du papier glacé et lui interdire de griffer, de cogner les mots et de se les tatouer sous le poil ? Vais-je aligner les lignes plutôt que de les tordre ? Siffloter les syllabes et ne plus les gueuler ? Délaver la couleur de l’encre ? Passer du rouge vif au rose bonbon et du noir foncé au gris clair ? Et consentir à tremper le langage dans la bouilloire et le bain marie ?

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°40) Ma bibliothèque sent le soufre

Voir les commentaires

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°39). Ray Bradbury : « Fahrenheit 451 »

Publié le par Eric Bertrand

Les dictateurs connaissent bien « l’horrible danger de la lecture » évoqué par Voltaire. Dans la société futuriste que l’écrivain Ray Bradbury met en scène, les livres sont devenus l’ennemi public n°1 et c’est aux soldats du feu qu’est confiée la mission de les anéantir par la flamme. Ainsi toute pensée qui résiste à une Pensée Unique et imbécile est progressivement écrasée. À moins que les dissidents ne trouvent moyen de ressusciter le livre sous une autre forme… Le grand Exilé Hugo dont on croyait pouvoir « bâillonner » les livres, écrit dans « Les Châtiments » : « La pensée échappe toujours à qui tente de l’étouffer surtout si c’est à la lumière d’un brasier. »

Et de nos jours, artistes et lecteurs ainsi ignifugés sont encore nombreux et fort capables de renvoyer le feu à ceux qui tâchent de les anéantir…

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°39). Ray Bradbury : « Fahrenheit 451 »

Voir les commentaires

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°38). Victor Hugo : « L’Homme qui rit »

Publié le par Eric Bertrand

Les romans d’exil de Hugo sont marqués par la présence de l’océan et du chaos… De ce chaos émergent des « monstres », dont le personnage principal de l’hallucinant « Homme qui rit », Gwynplaine qui a fait trembler le jeune Rimbaud, lecteur ivre et « voyant ».

Mais qu’est-ce au juste qu’un monstre et quelle cicatrice « celui qui vient du gouffre » porte-t-il en sa chair ? C’est tout le sens de cette trajectoire qui va du rivage de Portland par une nuit de tempête au « chaos vaincu », titre du spectacle que propose le saltimbanque Ursus. Tiré par un loup, sa cahute initiatique, la « green-box » va de village en village et essaie d’amener le rire et la distraction à ceux qui auraient plutôt envie de pleurer…

http://ericbertrand-auteur.net/Homme.htm

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°38). Victor Hugo : « L’Homme qui rit »
« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°38). Victor Hugo : « L’Homme qui rit »

Voir les commentaires

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°37). Jean Giono : « Que ma joie demeure »

Publié le par Eric Bertrand

Comment retrouver le contact avec le monde sauvage et la biodiversité ? Comment s’émerveiller devant le spectacle de la nature et cultiver la joie du regard et de l’engagement ? Ce roman montre avec poésie et lyrisme la manière dont l’homme peut essayer de capter les messages que lui envoie son environnement et de percevoir « les profondeurs magiques de la maison du monde. »

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°37). Jean Giono : « Que ma joie demeure »

Voir les commentaires